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FAIT DU JOUR Nemausus, sur les traces d’un avenir passé

La web-série réalisée à Nîmes par Quentin Uriel et son équipe est très attendue. Sortie à partir du 26 janvier.

C'est une grande nouvelle, la web-série Nemausus va crever les écrans ! On s'en doutait depuis que le projet a pris corps et maintenant que tout est bouclé, le meilleur reste à vivre pour la belle équipe nîmoise. Disponibles à partir du 26 janvier, les deux premiers wagons (sur les dix que comprend le train) vont tenir en haleine le spectateur. En effet, avec dix épisodes d'environ cinq minutes, très rythmés et excellemment bien réalisés, le voyage promet du lourd.

"C'est un projet Nîmois, fait avec une équipe de Nîmes et tourné à Nîmes. On y voit un peu de science-fiction, des références historiques, de l'humour, du patrimoine... On part de l'idée suivante : que ferait un romain s'il débarquait ici et maintenant ?", interroge le réalisateur et le co-créateur de la série Quentin Uriel, patron de K Prodz.

Six mois d'écriture, une recherche très fructueuse de partenaires, un tournage de 18 jours en octobre (à raison de 10 à 12 heures par jour), bref, une aventure humaine, entrepreneuriale, 250 figurants, une excellente ambiance et quatre personnages principaux insérés dans des décors originaux, créatifs et choisis avec précaution.

Comme on peut s'en douter avec ce genre de série qui tombe souvent dans l'amateurisme, les équipes nîmoises relèvent un challenge incroyable et évitent les écueils. Même sans acteur très connus (il suffit d'être reconnu), même si ce bébé n'est que le premier de la société et même si la technique d'aujourd'hui permet plus que celle d'hier, encore faut-il taper dans le vrai et viser juste.

Un oeil, une verve, une histoire. C'est à peu près tout ce que l'on demande à une troupe qui veut faire ses preuves. Avec Neumausus, le spectateur (espérons qu'ils soient au pl...Uriel) en aura pour son compte. En même temps, regarder la série ne lui coûtera pas un As (le nom de la monnaie nîmoise à l'époque romaine). Gratuite et libre d'accès via Youtube, Nemausus se regardera sur la longueur et va, dès cette année, participer à de nombreux festivals à travers le monde car l'engin sort vraiment des sentiers battus et mérite d'être mis en lumière.

"Plusieurs acteurs n'ont pas de formation, ç'a été un défi de taille. Un des personnages ne parle qu'en latin du 1er siècle. Nous avons d'ailleurs travaillé longuement avec un latiniste pour nous assurer de la véracité de la langue parlée", poursuit l'équipe. Mais n'ayez crainte, vous ne boufferez pas de la langue morte... Sous-titrés le plus clair du temps, les propos en latin corroborent une vision de la web-série. La réalisation joue beaucoup sur ce grand écart de style.

On pourrait croire que cette réalisation puise sa créativité dans les seules nouvelles technologies mais c'est surtout le patrimoine et les Nîmois qui sont une réelle source d'inspiration. Idem pour le côté "cascade" de Nemausus. Chaque série qui se respecte en comporte mais quand elles sont mal réalisées, elles faussent la totalité de l'exercice et rendent les épisodes peu crédibles. Ici, on est loin de ce sentiment d'inachevé, tout est déjà parfait (merci aux fadas des Grands Jeux Romains).

Pour Mary Bourgade, adjointe au maire déléguée au tourisme et à la promotion du patrimoine, en charge de la candidature de Nîmes à l'UNESCO, l'affaire est belle. "Nous sommes heureux depuis que nous avons pris connaissance du projet. Nous connaissions K Prodz pour le travail que la société accomplit lors des Grands Jeux Romains mais le lien avec notre candidature est tout trouvé. Vous êtes jeunes et dynamiques, comme votre public dont on a tant besoin. C'est aussi cela la transmission et le partage. Je suis ravie de ce lien entre modernité et romanité."

Où ont été tourné les scènes emblématiques de la web-série ? Par exemple, la clinique Kennedy a libéré un étage entier pendant un jour. À titre gracieux qui plus est. Sinon, au Gambrinus, QG de l'équipe, dans les rues de la ville, sur la place Montcalm, dans le futur Musée de la Romanité, dans les arènes, aux Jardins de la Fontaine, dans le petit train... Mais aussi à Eygalières pour les séquences les plus épiques et antiques.

Avant même sa sortie, la série affiche des records avec 335 000 vues, 115 000 minutes visionnées et 3 500 fans. "Nous sommes fiers de cela", s’enorgueillirait presque l'équipe. "On espère faire briller Nîmes et nous voulons surtout remercier tous ceux qui ont cru au projet alors que nous n'avions même pas de pilote pour leur montrer nos idées. Sans eux, sans ce soutien, y compris des acteurs et de tous les figurants, nous n'aurions rien pu faire", continue Quentin Uriel. Loueur de caméra, hôtel, restaurants, Secours Populaire, Avant-Garde, VSO... Ils sont trop nombreux pour en faire la liste exhaustive.

Alors, une suite est-elle déjà dans les cartons ? "On espère que la saison 1 va fonctionner mais nous voulons créer une saison 2 le plus rapidement possible. Elle est déjà écrite et nous souhaitons continuer cette belle expérience", conclut le réalisateur. Avec un budget prévisionnel de 200 000 euros pour faire tout comme ils le voulaient, il était impossible de tourner la série au vu de l'état des finances de cette jeune entreprise. Finalement avec du bon sens, des coups de main, des soutiens forts comme ceux nommés plus haut, le budget effectif de 35 000 euros s'est redirigé quasi exclusivement sur les défraiements et le reste.

Si 1 200 productions du genre "web-série" sortent chaque année, peu sont aussi abouties. D'ailleurs, et pour en finir avec cette belle histoire, les festivals à venir devraient vérifier ce premier sentiment. En plus et pour qu'elle soit connue de manière plus large, la série est actuellement en cours de traduction (Espagnol et Anglais). Ils sont fous ces romains !

L'histoire : Ben a 30 ans aujourd'hui. Passionné d'histoire, cultivé, timide, il a peu d'amis en dehors de son club de figurines historiques. Souvent moqué par ses collègues, il est néanmoins passionné par son travail à l'Office de Tourisme : conduire le petit train qui embarque les touristes pour visiter Nîmes. Après une triste soirée d'anniversaire, il rentre chez lui quand il renverse un homme avec sa voiture. Paniqué, Ben s'approche du malheureux et découvre qu'il a renversé un gladiateur romain qui a voyagé dans le temps jusqu'à aujourd'hui...

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 33 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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