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FAIT DU JOUR À Nîmes, la culture version lycée Dhuoda…

Le lycée nîmois invitait le monde culturel dans ses murs pour évoquer avec lui ses projets éducatifs en la matière

Le lycée Dhuoda à Nîmes (Photo Anthony Maurin).

Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Pour celles ou ceux qui ne le connaîtraient pas, le lycée Dhuoda est un lycée du centre-ville, polyvalent et à dominante technologique.

Il ne compte pas moins de 10 classes de seconde générale, six classes de 1ère sciences et technologies de l'ingénieur et du développement durable (sauvagement désignées par le sigle STIDD), quatre classes de 1ères S sciences de l'ingénieur, 20 BTS et deux classes de prépa ingénieur.

Magali Aranda-Georgel, référente culture du lycée Dhuoda, a pris contact avec les acteurs de la vie culturelle nîmoise. En effet, le but de sa démarche était de redonner aux jeunes générations le goût de la culture, "Que la grande majorité envisage comme un ovni, réservé à une caste dont ils ne sont pas. Or, en nous penchant de plus près sur les aptitudes de nos jeunes padawans (les apprentis Jedi dans la saga cinématographique Star Wars, Ndlr), nous constatons qu'ils possèdent de multiples talents et idées qu'il suffit juste d'encourager."

Le but de la manœuvre est d'œuvrer avec tous les partenaires intéressés, autour de différents projets, de différentes actions fédératrices et solidaires liées aux arts et à la culture tels que des débats, des conférences, des échanges, des rencontres, des expositions, des spectacles, des ateliers, des sorties, des résidences d'artistes... Aussi bien dans les murs de l'établissement qu'à l'extérieur.

Dynamogène.

Nommée il y a moins d’un an, cette prof de Français essaie de mettre en place des choses et un dispositif attrayant mais elle a besoin d'aide. Nîmoise, elle a eu l’excellente idée de réunir les bonnes volontés et de faire appel aux savoir-faire des uns et des autres avec pour seul but, l’accès des élèves de Dhuoda à la culture et à l’art.

Ont répondu à l’appel, la compagnie Dynamogène (dont le représentant est un ancien élève et qui fait dans le théâtre de rue), l’association Etant donné, le théâtre du Périscope, les éditions Sansouires, l’Artothèque de Nîmes, le théâtre Christian Liger, le Comité de quartier, l’association Da Storm ou encore Turbul, l’école de cirque.

Pour Patrice Bousquet, proviseur du lycée nîmois depuis un peu plus d’un an, "notre lycée est plein de singularités. Nos élèves n’ont pas forcément un accès facilité à la culture et nous avons pour ambition d’amener la culture au plus près de leur vie. C’est un défi. Il nous faut établir une sorte de parcours culturel et cette première réunion n’a rien d’institutionnel. Nous voulons simplement échanger pour développer des projets et des partenariats. C’est une nouvelle dynamique qui démarre à Dhuoda car ici, il n’y a pas que le scientifique ou le technologique !"

La direction de l'établissement soutient la référente "culture" dans ses projets (Photo Anthony Maurin).

De son côté, pour Cyril Ouacham, proviseur-adjoint, "Dhuoda, c’est 1 500 élèves dont 500 étudiants et un millier de lycéens. On a une moyenne de 80% d’hommes et 20% de femmes. Notre établissement n’est pas sectorisé donc nos jeunes viennent des quatre coins du Gard et nous en avons 200 en internat. Comme ces jeunes ont souvent du mal à accéder à la culture, par éloignement ou désintérêt, nous voulons les rapprocher de l’art et de la pratique culturelle. Une fois cette réunion terminée, il faut que l’on phosphore chacun de notre côté et que l’on débouche sur des projets réels."

La principale intéressée, celle qui met en place cette nouvelle dynamique autour de la culture dans un lycée un peu particulier, semble ravie de l'accueil de monde culturel. Il faut dire que la démarche est rare, donc précieuse, et que dans ce cas cet univers répond toujours présent. Magali Aranda-Georgel le sait bien : "il faut prouver aux jeunes que l’art et la culture ne sont pas difficiles d’accès, ils ont besoin de le voir. Le but est de faire de Dhuoda un lycée de la culture également tourné vers l’extérieur. Nous posons des jalons mais notre but ultime serait d’être un lieu d’accueil et d’échange à destination des associations culturelles, du quartier… Nous pensons déjà à de nombreuses actions, tout est envisageable.".

Tout ou presque ! En effet, le lycée étant un établissement public son budget n’est pas extensible. Déjà lancé dans des actions ponctuelles, comme par exemple la connaissance du métier de saltimbanque, l’établissement verrait d’un bon œil la création d’un spectacle de rue qui pourrait sillonner la cour. Quoi de mieux qu'un ancien élève qui se trouve de l'autre côté de la barrière ?

Il en manque mais une dizaine de structures s'est présentée au rendez-vous informel (Photo Anthony Maurin).

Avec la structure Dynamogène, le cadre est tout trouvé. Les théâtreux connaissent un peu le domaine. "Après quelques rares expériences avec les collèges dans un cadre très défini avec le Conseil départemental du Gard nous pouvons faire autre chose. Notre atelier est à trois kilomètres de Nîmes, on pourrait le visiter. J’ai été élève ici, ce n’est pas grave, on s’en sort ! Chez nous, les côtés techniques et technologiques sont mis en avant mais pas comme on les enseigne au lycée. Nous apprenons à désapprendre. L’exercice peut être très intéressant mais nous serons loin de l’enseignement scolaire, j’en suis le contre-exemple vivant."

Pour l'Artothèque de Nîmes, 800 œuvres originales et plusieurs antennes sont accessibles dans le Gard. "Nous aimons susciter le prêt de nos œuvres en direction des jeunes afin qu’ils les accrochent chez eux. Nous travaillons sur le regard de l’enfant concernant l’art contemporain et essayons de lui faire comprendre." Idem pour l'association Etant donné : "j’ai pensé à plein de choses mais je n’ai jamais travaillé avec un lycée. Par contre, l’École des mines d’Alès avait un peu le même problème et j'ai participé à quelques actions. Avec vous, on pourrait visiter les musées ou réaliser des sérigraphies grâce à notre atelier mobile…"

Dynamogène.

Quand on parle culture, le monde théâtral n'est jamais bien loin. Le théâtre Christian Liger était lui aussi de la partie. "Nous organisons une quarantaine de spectacles par an. Certains seraient très intéressants pour ces lycéens et étudiants mais à Nîmes il y a aussi six musées et le mieux pour les visiter avec des jeunes, c’est lors de la Nuit des Musées, en mai, en nocturne, et pendant quelques heures. Nous aurons certainement beaucoup de propositions à faire."

Tout comme le théâtre du Périscope, qui lui aussi organise des spectacles et des soirées qui pourraient très bien concerner les lycéens. "Nous essayons aussi d’organiser des rencontres, à nos frais, entre le public et les artistes. Nous accueillons des résidences d'artiste et pouvons organiser quelques visites lors de certaines répétitions."

Du théâtre à d'autres scènes, il n'y a qu'un pas. Musiques actuelles et arts urbains ne sont pas à omettre si l'on veut intéresser les jeunes. L’association Da Storm se sent capable de filer un coup de main. "Nous travaillons très peu avec les lycées mais nous sommes déjà en contact avec Dhuoda pour un atelier. Nous pouvons projeter des documentaires, organiser des événements, créer des débats, accueillir des artistes en résidence…"

Le lycée Dhuoda (Photo Anthony Maurin).

Pour le côté écriture, les éditions Sansouires, nîmoise de coeur et d'âme, veulent elles aussi se joindre à l'effort très local. "Nous avons déjà travaillé avec un lycée. Pas dans le Gard mais en Lozère, à Saint-Chély-d’Apcher. Les élèves participaient à un concours national et ont remporté le premier prix grâce à notre travail en commun."

Même le Comité de quartier veut entrer dans la danse. En peine suite à de nombreuses démissions, lui aussi cherche à soutenir la synergie mise en oeuvre. Le quartier compte 3 800 habitants et se prêter au jeu du lycée paraît être une excellente idée, surtout avec la possible création de "ciné-café".

Enfin, Turbul, l’école de cirque de Nîmes accueille des résidences d’artistes de longues durées et organise des ateliers, des stages... Quand on sait qu'en fin d’année scolaire, les Secondes sont bien souvent en peine d'activités, ça pourrait aider, surtout pour le mois de juin, sans examen pour cette classe d'âge. "N’ayons pas peur d’avoir des idées !", comme dirait Cyril Ouacham.

Dynamogène.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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