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SAINT-GILLES Le saint quitte l’abbatiale

Un tableau classé monument historique va être restauré

(Photo Anthony Maurin).

Le tableau qui s’intitule "Saint Gilles surpris dans sa retraite par le roi Wamba" est exposé au centre du chœur de l’abbatiale de Saint-Gilles, au-dessus du maître-autel. C’est un tableau majeur pour l'édifice tant par sa position, que par sa portée.

Cette toile illustre la légende de saint Gilles et plus précisément l’épisode sur lequel se fonde l’histoire légendaire de la ville de Saint-Gilles. Elle raconte que la biche nourricière du saint fut blessée lors de la partie de chasse d'un roi nommé Wamba qui donna en échange, pour se faire pardonner de son geste, des terres à saint Gilles afin qu’il y construise la première abbaye.

Ce tableau de 1878, classé Monument Historique au titre "objet", est attribué à Melchior Doze, un spécialiste de la peinture d'histoire et tout particulièrement du genre religieux. Il est particulièrement connu dans la région pour avoir décoré de nombreuses églises du département du Gard (Beaucaire, Marguerittes, Montpezat…).

Il a également dessiné deux mosaïques de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire à Lourdes. Dans ce tableau, Melchior Doze respecte la représentation que l’on fait traditionnellement de ce saint au 19ème siècle: Gilles est paré d’une tenue d’ermite, la biche nourricière est à ses côtés. La représentation du roi est, quant à elle, un peu plus étonnante car l'iconographie s'attache habituellement davantage au saint-ermite protégeant sa biche ou au saint-abbé qui dit la messe. Le personnage du roi est souvent caché dans la forêt, tandis qu’il est, ici, mis en avant. Melchior Doze a, de plus, pris l'initiative de vêtir le roi d'une peuplade "barbare" comme un militaire romain : toge blanche, cuirasse à galons et cape rouge.

C'est le tableau du centre dont on parle! (Photo Anthony Maurin).

Un projet de restauration qui s’inscrit dans la continuité En 2016, la Ville de Saint-Gilles lançait, soutenue par ses partenaires et accompagnée par le Rotary Club Nîmes Saint-Gilles Camargue, une première restauration de tableau, celle de saint Marc. L’idée était de poursuivre cette initiative au rythme d’un tableau par an, afin que tous les tableaux qui le nécessitent soient restaurés dans les prochaines années. C’est chose faite avec cette seconde restauration. Une troisième devrait suivre pour l’année 2018.

Une équipe de restauration impliquée dans les projets de la ville La restauration sera menée par la même équipe que celle chargée du tableau de saint Marc en 2016, mais l’équipe a été agrandie pour l’occasion du fait des dimensions importantes du tableau de Saint Gilles surpris dans sa retraite par le roi Wamba (4 x 5 mètres). La toile sera prise en charge par Catherine Scotto, assistée par Roos Campman et Véronique Dauphin, toutes trois spécialisées en peinture sur chevalet. Le cadre sera, quant à lui, entre les mains de Catherine Braun, spécialisée en bois dorés.

(Photo archive : Intérieur de l'abbatiale de Saint-Gilles).

Une restauration d’envergure La restauration débutera le 24 janvier prochain, par la dépose de cette œuvre monumentale. Le tableau sera démonté sur place car ses dimensions ne permettent par un déplacement en l’état. Cadre et toile seront démontés et traités séparément. La toile sera roulée afin d’être transportée dans un atelier à sa hauteur, situé à Béziers; tandis que le cadre sera emballé pour être transporté à Arles. La toile fera l’objet d’un nettoyage et d’un dévernissage; la couche picturale sera stabilisée et les éventuelles zones lacunaires seront comblées, avant la repose d’un nouveau vernis protecteur. Le cadre sera nettoyé et consolidé, avant d’être redoré à la feuille d’or. En fonction des difficultés rencontrées, la restauration pourrait demander entre 3 et 6 mois de travail.

Le coût de la restauration du tableau de Saint Gilles surpris dans sa retraite par le roi Wamba s’élève à près de 30000 euros. L’opération est financée à hauteur de 80% grâce au soutien des partenaires de la commune que sont la Direction Régionale des Affaires Culturelles Occitanie (46,5%) et le Pays Garrigues et Costières de Nîmes au titre des fonds européens LEADER, dans le cadre de l’appel à projet « restauration du patrimoine à proximité des voies historiques » (33,5%)

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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