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FAIT DU JOUR Commerce nîmois : un autre son de cloche

À Nîmes, le commerce en centre-ville est à la limite de la dichotomie.

(Photo Anthony Maurin).

Le commerce en centre-ville de Nîmes déchaîne les passions. Après les derniers articles, réalistes mais plutôt négatifs, place à l'espérance avec Pierre Balazard, commerçant nîmois et optimiste dans l'âme.

"Je suis commerçant à Nîmes depuis des années et je trouve que ce qui a été dit est un peu excessif mais je ne dis pas que certains commerçants se sentent en difficulté. J'ai deux points de vente en centre-ville, l'un à la Coupole et l'autre devant la Maison Carrée. J'ai aussi une boutique dans la galerie Nîmes Etoile mais elle n'est pas en centre-ville", lance Pierre Balazard, très intégré aux associations de commerçants nîmois.

N'oublions pas qu'il y a plus d'un an, nous parlions déjà de la redynamisation du centre-ville en questionnant l'élue en charge du dossier. En tout début d'année, un autre article a suscité l'émoi de certains commerçants ne ressentant pas le même sentiment général.

"En décembre, c'est positif. Le tourisme est faible mais je suis à +22% et disons plus de 10% sur l'année. Je sais que la FNAC, le Café des Arts, La Cité ou encore Docteur IT s'en sont eux aussi bien tirés. J'aime ma ville et je veux qu'on se sorte de là. Je suis à la Coupole depuis 1992 et on a vu toutes les couleurs politiques. L'essentiel est de travailler pour aller de l'avant et faire que le centre-ville aille mieux", poursuit le commerçant.

(Photo Anthony Maurin).

Plus qu'un état des lieux dissonant, on peut surtout noter des problématiques identiques. Cependant, l'emplacement des échoppes devient primordial et les magasins doivent repenser leur manière de fonctionner. "Les soldes ne servent plus à rien, elles sont obsolètes sous cette forme. C'était couru d'avance. Elles ne sont plus attractives. La braderie, pourquoi ne pas la décaler? En tout cas, il faut lui donner un nouvel élan. Peut-être la faire sur deux ou trois jours afin de nous permettre d'aménager nos magasins pour lui donner du sens. Il y a la place pour en faire deux mais en fin de soldes... L'essence même de la braderie, c'est le commerce." Quand on voit le nombre de visiteurs pour la dernière braderie en date, mercredi 17 janvier 2018, on ne peut que déplorer le manque de communication sur le sujet. Mais, pour Pierre Balazard, tout n'est pas à jeter.

"Cet hiver, les animations ont été de qualité et il y avait très longtemps que cela n'avait pas été le cas. Après, il y a toujours des choses à faire progresser comme le marché de Noël, par exemple. On a fait un pas, le plus dur a été fait. Pour la Maison du Père Noël, il y avait beaucoup de monde mais il est certain qu'on s'attendait plus à un chalet en bois. On doit voir la Mairie pour parler de tout cela et pour faire avancer ces animations dans le bon sens. Il faut faire rêver les gens." Rêver... Difficile quand, autre exemple, les projections (magnifiques) sur les monuments s'arrêtent presque quand débutent les vacances.

(Photo Anthony Maurin)

"Je suis naturellement optimiste, on a une ville qui n'a rien à envier à d'autres. Les années commerciales qu'ont connues nos parents n'existent plus mais nous avons de belles perspectives. Je pense qu'il y aura un retour du centre-ville, cela a commencé avec les grandes surfaces qui le réinvestissent. Grâce au tourisme, ça ira encore mieux", espère Pierre Balazard en songeant certainement à l'inscription de la cité au patrimoine de l'UNESCO.

Mais avant le mois de juillet prochain et la libération par l'annonce, il nous faut remonter dans le temps. Car depuis près de 10 ans, le coeur de la ville est en souffrance. "Les travaux y ont beaucoup fait. On doit avoir envie de faire découvrir notre centre-ville. C'est le plus beau centre commercial à ciel ouvert. Je reconnais qu'il y a eu un effet de lassitude mais nos métiers ont aussi beaucoup évolué. Nous sommes-nous donnés les moyens de suivre cette évolution ? Avec l'UNESCO, si tout va bien, le tourisme va décoller. Pouvons-nous accueillir correctement ce nouveaux flux ? Parlons-nous des langues étrangères ? Je suis convaincu qu'avec quelques efforts on peut inverser cette courbe", s'interroge le commerçant.

(Photo Anthony Maurin).

Et quand on lui parle du stationnement, là aussi, il faut se faire à l'idée. "Le stationnement, pour moi, c'est un faux problème. Les parkings affichent complet deux jours par an et les tarifs sont accessibles, surtout depuis le cadeau des premières 30 minutes offertes. Hélas, la communication n'a pas été très efficace mais les places existent réellement. L'autre problème est le mode de déplacement urbain sur lequel il faut travailler. Depuis 2003, c'est compliqué et les travaux auraient été moins pénibles à vivre mais les gens ont pris des habitudes", assure Pierre Balazard.

La Mairie, dans cette affaire, souhaite-t-elle réellement voir un changement ? Et les commerçants ? On le sait, la vie de ces gens-là n'est pas facile et il est encore plus compliqué de les faire participer à des rendez-vous d'importance. "Nos interlocuteurs, comme Sophie Roulle par exemple, sont à l'écoute et très en demande de notre avis. Petit hic, lors des réunions auxquelles tous les commerçants sont conviés, il n'y a jamais personne ! Les élus ont besoin de notre expertise et quand on veut y être associé, on peut l'être sans problème. Tout n'est pas positif, bien entendu, mais le commerce c'est aussi l'espérance. Arrêtons de nous apitoyer sur notre sort, arrêtons de nous arc-bouter. Je comprends le mal-être de certains commerçants. C'est une catastrophe pour eux et c'est très malheureux. On aimerait les aider mais il ne faut pas qu'ils ruminent seuls dans leur coin. Essayons de discuter. Je crois en l'humain. Nous avons toujours besoin des autres car si la moitié de la ville tombe le rideau, c'est l'ensemble des commerçants qui seront en difficulté. Soyons positifs, évitons les cercles vicieux."

Donc, parlons du positif, pour Pierre Balazard, "Pour moi, ce sont les Grands Jeux Romains et les festivités de fin d'année. Je pense qu'on pourrait même dupliquer les Grands Jeux en août, sur la deuxième quinzaine car c'est le public que l'on aime, les familles". Et le point faible ? "Peut-être le stationnement. Encore une fois,  à mon sens, ce n'est pas l'offre qui pose problème. Il faut arriver à régler ce souci de communication et à travailler sur l'image... L'idée que se fait le consommateur n'est pas la meilleure."

Et de conclure, "pour compléter l'offre et redorer l'image, j'imagine l'implantation de boutiques de bricolage, de sport avec du petit équipement... Pas du très haut de gamme. Avant tout, le commerçant doit choisir son emplacement, c'est primordial. Aujourd'hui, je m'installerais à la Coupole, rue Général Perrier, rue de l'Aspic voire sur le boulevard Victor Hugo. En tout cas à la Coupole, il y a la place et les loyers sont plus qu'abordables", assure Pierre Balazard.

À l'approche du coeur de la fête, le chaland est omniprésent (Photo Anthony Maurin)

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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4 réactions sur “FAIT DU JOUR Commerce nîmois : un autre son de cloche”

  1. Une contribution constructive pleine de bon sens qui témoigne l’impérieuse nécessité de repenser le centre ville à l’aune des modes de consommation d’aujourd’hui. Sans aucun doute les thèmes abordés ne sont pas les seules réponse à la désertification du centre ville mais permettent d’engager le débat loin d’être clos. Il est vrai que l’entêtement autour des travaux et du faux tram bus ont plombé tout autant le moral que l’activité économique. La reconquête risque d’être longue. L’attractivité se construira grâce à la complémentarité et la conjugaison de plusieurs approches. Par ailleurs, Imaginer le centre-ville à plusieurs décennies, exige d’associer très vite la jeunesse, qui vivra et utilisera le centre–ville sans oublier l’impérieuse nécessité de compléter la réflexion avec les grands ensembles pour parvenir à l’unité de la cité.
    L’activité commerciale ne suffit pas à la revitalisation dans une période où les modes de consommation ne cessent d’évoluer. Une attractivité nouvelle est à inventer en s’appuyant sur l’existant qui fonctionne à merveille telles les halles et autres belles réalisations permettant le développement économique basé sur la rencontre: les Arts, la culture, des transports et parkings adaptés, etc… S’appuyer sur l’existant sachant que Nîmes a un fort potentiel avec sa romanité, son musée et son centre d’affaire en prévision que personnellement j’ai appelé de mes vœux en 2014, son inscription prochaine à l’UNESCO, le tourisme, la réflexion sur le devenir de la féria, la présence d’artistes ou d’activités permanentes comme Arles ou Avignon, ce qui donne l’image pérenne de la cité. Bref, le débat constructif dans l’intérêt de Nîmes ne fait que commencer.

  2. Les touristes qui viendront à Nîmes, toujours plus nombreux, pour voir le musée Romanité-jean Paul Fournier ne manqueront pas de visiter aussi la très proche Rue de la République… c’est hallucinant, jour et nuit.
    Polices où êtes vous ?

  3. la police est là, mais ils ne peuvent être derrière chaque habitant, et ensuite, il y a la justice …. Délinquant relâché, bracelet ? peine d’intérêt général ? de toutes façons ils repartent libres pour la plupart. Mais des descentes il y en a, et de plus, un attentat en cours a été évité, il est vrai que s’il avait eu lieu, ça aurait été plus « visible », le travail de la police n’est pas toujours le plus visible

  4. En ce qui concerne la braderie, il y a un manque d »info à ce sujet, et elle vient trop tard dans les soldes, il ne reste plus rien, …
    Les animations ont été réduites, été comme hiver, mais bon je suppose que ce sont des contraintes budgétaires
    mais si on est déçu une fois, on n’y revient pas

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