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FAIT DU JOUR Jean-Paul Fournier : « Arrêter d’être maire serait un déchirement »

Fin décembre, le divorce Fournier-Lachaud a précipité la question du successeur à la mairie de Nîmes. Aux affaires depuis 2001, Jean-Paul Fournier s’interroge sur son avenir. À 74 ans, briguera-t-il un quatrième mandat ? En aura-t-il la capacité physique ? Auquel cas, y a-t-il un successeur en mesure de barrer la route à son ennemi politique de toujours, Yvan Lachaud ? Entretien avec un homme, qui a du mal à dire « adieu » aux Nîmois.

Le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier dans son bureau. Photo : AS/ObjectifGard

Objectif Gard : À quoi carburez-vous ?

Jean-Paul Fournier, sourit avant de répondre : Au Whisky ! J'en suis un amateur... Mais avec modération.

Modération ? Y-en-a-t-il entre les querelles politiques et la gestion des dossiers nîmois ?

Vous savez, quand il y a des choses qui ne vont pas, je le dis. Là (avec Yvan Lachaud), la coupe était pleine ! Je ne suis pas d’accord avec la politique de Nîmes métropole. Je considère que son président ne défend pas assez Nîmes. À un moment donné, il y a un ras-le-bol. Des choses n'ont pas été faites pour la ville mais pour l'Agglo et en tant qu'adjoint aux finances, il ne fallait pas agir contre la ville.

Cela donne une mauvaise image de la fonction politique, non ?

Je ne sais pas si les Nîmois sont sensibles à ça. On se fait des idées. Les gens ont autre chose à faire. Le tout, c’est que l’on assume bien notre job. Que l’on fasse vivre cette ville. Qu’elle soit propre, sécurisée, qu’il s’y fasse des projets et qu’il y ait de la dimension. C’est ce qui intéresse les Nîmois !

Vous avez dit que vous souhaitiez faire un quatrième mandat…

Il coupe : J’ai dit que je n’avais pas encore décidé ce que je ferai.

Cela signifie quand même que vous vous y voyez. En 2020, vous aurez 74 ans. Est-ce que les Nîmois n’ont-ils pas envie de renouveau ?

C’est effectivement quelque chose à laquelle on peut penser. Il faut que je réfléchisse à ça aussi. C’est vrai que ce peut être quelque chose qui est repoussant. Il est vrai qu’il y a une nouvelle génération qui arrive et qui a envie d’y aller aussi.

Il y a pléthore de candidats dans votre camp. D’ailleurs, vous les aidez un peu à sortir du bois.

S’il y a des gens qui veulent y aller, il faut qu’ils l’annoncent. Il y a Richard Tibérino qui en a envie, Laurent Burgoa aussi… Julien Plantier, sûrement. Après, on est à deux ans. Il y a encore du temps avant l’échéance.

Finalement cette situation, elle vous arrange, non ?  Si dans votre propre camp, il y a trop de candidats, ce sera vous le seul à être en capacité de les rassembler et donc de vous représenter ?

Il sourit et enchaîne : D’ailleurs, ils disent tous que si j’y vais, ils n’iront pas ! Ils font campagne pour moi ! C’est pas désagréable…

Il y a un nom que l’on a pas évoqué. C’est Franck Proust. Est-il toujours votre successeur naturel ?

C’est lui qui doit décider. Va-t-il retourner à l’Europe en 2019 ? S’il ne fait et qu’il est réélu, il ne pourra pas briguer le mandat de maire, c’est sûr. S’il a une ambition pour Nîmes, il me parait légitime de l’aider. Bien sûr.

Sa mise en examen, n’est-elle pas un handicap ?

Être mis en examen, ce n’est pas être coupable. Les choses seront jugées. Nous, on pense qu’il n’est absolument pas condamnable.

Revenons à vous. Pour quelle raison, un homme politique, après trois mandats peut s’accrocher au pouvoir ?

C’est pas une question de pouvoir. C’est parce que l’on a des projets pour sa ville. Qu’on aime sa ville. Que l’on a envie de choses pour elle… j’ai fait beaucoup pour la Ville. Les gens le reconnaissent. Je me dis que si je peux faire un peu plus, c’est bien. Après, si ce n’est pas possible, ce ne sera pas possible.

Êtes-vous vraiment capable d’arrêter d’être maire de Nîmes ?

C’est compliqué. C’est sûr que ce serait un déchirement. Après, on ne peut pas rester maire indéfiniment. En 2020, ça fera 19 ans que je suis maire. On se dit que l’on a fait son temps. On se dit, est-ce que j’ai le droit de redemander encore un mandat ? Est-ce que j’ai la forme pour le faire ? Est-ce que j’assumerais ? Tout ça se sont des questions que je me poserai le moment venu et en famille.

Est-ce que finalement aujourd’hui votre premier adversaire n’est pas votre santé ?

Ca fait partie des choses qui vont compter. C’est sûr. C’est pas un « adversaire » aujourd’hui, mais il peut avoir une méfiance vis-à-vis de ça. Je peux être plus fatigué… Si a priori c’est derrière moi, on ne sais jamais.

Parlons d’un sujet qui fâche… L’affaire Carole Polo, du nom de la compagne de votre directeur de cabinet, Jean-Albert Chieze. Ne craignez-vous pas que la polémique entache votre mandat ?

Concernant son ancienne fonction de directrice de la communication au Musée de la Romanité, il n'y a pas de lézard. Madame Polo a été embauchée sur ses compétences et ses qualités. Il n’y a pas eu de favoritisme. C'était le meilleur profil que l'on pouvait avoir. Après, la justice fera son travail.

Concernant la domiciliation de son entreprise dans le logement de fonction du directeur de cabinet ?

Le directeur de cabinet présent dans la salle lors de l'interview intervientSur cette affaire, quand on porte des accusations, il faut qu'elles soient fondées. Il y a des annonces qui sont faites par un élu (Yvan Lachaud menace de saisir la justice, NDLR). On ne sait pas ce qu'il fera. Mais quand on accuse, il faut avoir des preuves. Il n'y a rien de plus à dire.

Jean-Paul Fournier complète: Moi, je ne suis pas inquiet.

Pour en terminer, à la suite de cette affaire que nous avions publié dans nos colonnes, Objectif Gard s’est vu retirer les financements de la Ville pour des campagnes publicitaires. Nous avions émis l'idée au sein de notre rédaction que vous reversiez  le montant de ces budgets au bénéfice du Téléthon. Avez-vous accédé à notre requête ?

Non. Mais moi, je donne personnellement au Téléthon. J'ai versé entre 150 et 200€. 

Propos recueillis par Abdel Samari et Coralie Mollaret.

La suite de l'entretien avec Jean-Paul Fournier à lire à 11h.

Etiquette

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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3 réactions sur “FAIT DU JOUR Jean-Paul Fournier : « Arrêter d’être maire serait un déchirement »”

  1. Après le responsable mais pas coupable, Fournier invente le coupable mais pas condamnable. Ca a marché sur lui, pas de raison que ça marche pas sur Proust.

  2. « C’est pas une question de pouvoir. C’est parce que l’on a des projets pour sa ville. Qu’on aime sa ville. Que l’on a envie de choses pour elle… »
    Et bien sûr il faut le croire sur parole ! Il n’y a pas d’intérêt personnel dans l’histoire.
    Cet homme a fait beaucoup pour la ville de Nîmes, et surtout pour gaspiller l’argent des Nîmois: abattage des arbres, « tram’bus », musée de l’amoralité (pardon, de la romanité) et bien d’autres choses encore. Il faut vraiment le remercier.
    « est-ce que j’ai le droit de redemander encore un mandat ? »
    Non, non, ne redemandez surtout rien.

  3. Cela donne une mauvaise image de la fonction politique, non ?

    Je ne sais pas si les Nîmois sont sensibles à ça. On se fait des idées. Les gens ont autre chose à faire. Le tout, c’est que l’on assume bien notre job. Que l’on fasse vivre cette ville. Qu’elle soit propre, sécurisée, qu’il s’y fasse des projets et qu’il y ait de la dimension. C’est ce qui intéresse les Nîmois !

    Si si ! je vous le confirme Monsieur le Maire. Cela donne une TRES Mauvaise image de la fonction politique ! Et, détrompez vous, les gens y sont sensibles ! Il suffit pour s’en convaincre de lire les commentaires sur les réseaux sociaux. Ils en ont un marre de voir le « temps de cerveau » et la com’ que vous et Mr Lachaud consacrez à ce « Clochemerle ». D’autant que, pardon de rectifier, mais notre ville est encore loin d’être propre et sécurisée. Il serait bon que vous et Mr Lachaud en preniez conscience avant les prochaines échéances.
    On a d’ailleurs récemment inventé un néologisme pour définir ce sentiment que pourraient alors manifester les Nîmois : « Le Dégagisme » .

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