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LE 7H50 d’Émile Ruiz : « L’accord va améliorer la sécurité des gardiens de prison »

À l’issue de deux semaines de grève, le syndicat UFAP (Union fédérale pénitentiaire), majoritaire dans la profession, a signé un accord avec le ministère de la Justice. Entretien avec le représentant local, Émile Ruiz.

Le représentant de l'UFAP (Union fédérale pénitentiaire) à la prison de Nîmes, Émile Ruiz (Photo : Véronique Palomar)

Concrètement, où en est le mouvement des surveillants de prison ?

Depuis une semaine, nous avons arrêté de bloquer la prison de Nîmes. Il y a quelques jours, notre secrétaire général au niveau national a signé un accord avec la ministre de la Justice, Nicole Belloubet.

Êtes-vous satisfait de cet accord ?

Moi oui, je suis satisfait. Après on peut toujours demander plus… Notre mouvement est parti de l’agression d’un surveillant par un terroriste dans une prison du Pas-de-Calais. Les blocages de prison dans toute la France portaient des revendications pour une amélioration des conditions de travail concernant la sécurité des agents.

Quelles sont les mesures qui vont améliorer la sécurité des gardiens de prison ?

D’abord, nous allons recevoir des gilets pare-balles pour être protégés. Ensuite, l’accord prévoit la création de 1 500 cellules spécifiques pour que les détenus à risque (radicalisés*, violents…) soient isolés des autres avec un renforcement de personnel dans ces quartiers.

Il y a aussi retrait du « service dégradé » : celui-ci permet aux directions de laisser travailler un seul agent sur un poste de travail alors qu’il devrait en avoir deux. C’est le cas à Nîmes pour le poste centrale d’information. Un seul gardien gère les alarmes, ouvre les grilles, surveille les caméras de surveillance…

Toutefois, la prison de Nîmes manque de moyens et de personnel. Comment mettre en application cette mesure ?     

Il y aura une réorganisation du travail. Sur la base du volontariat, les agents pourront travailler durant des factions de douze heures et il y aura la possibilité de faire des heures supplémentaires, mieux rémunérées. Cette solution est provisoire en attendant le recrutement de nouveaux agents.

Justement, en matière de retraitement, que prévoit l’accord ?

Le recrutement de 1 100 postes supplémentaires sur quatre ans. Pour l’instant, je ne connais pas la date des prochains concours. En 2018, on aura 581 postes ouverts, 825 en 2019, on passera ensuite à 2017 postes en 2020 et à 2 154 en 2021. L’application de l’accord va demander du temps. Ce n’est pas du jour au lendemain que ça va changer, mais il fallait bien commencer par quelque chose.

Le métier de gardiens de prison ne suscite pas les vocations. Sur les 380 candidats inscrits au dernier concours pénitentiaire du Gard, seuls 60 ont donné suite. Comment donner envie à d'éventuelles recrues d'intégrer la Pénitentiaire ?

L’attractivité de notre métier passe par l’amélioration de notre sécurité. En plus des mesures que je vous ai citées, il y aura aussi le retrait de l’article 57 de la loi pénitentiaire. Cela doit être débattu à l’Assemblée. Pour résumer, le retrait de cet article nous permettra de pouvoir fouiller systématiquement les détenus après les parloirs et leurs cellules. Ensuite, il y a des avancées sur le traitement salarial des agents.

C’est-à-dire ?

Notre prime de fidélisation et notre indemnité de charge pénitentiaire passe de 1 000 € à 1 400 €. De 26€ à 36€ pour la prime de dimanche et des jours fériés. Notre prime de risque sera augmentée de 2% sur 4 ans.

Quel est l’état d’esprit qui prédomine aujourd’hui chez les gardiens de prison ?

Je pense que beaucoup sont déçus. Pendant le mouvement, ça a été un peu la guerre syndicale. On n’arrive pas à être unis comme on le devrait. Certains syndicats ont promis la lune, notamment concernant les indemnités. D’ailleurs, aujourd’hui, les syndicats FO et la CGT appellent à poursuivre la mobilisation. Or, il faut quand même rappeler que notre mobilisation initiale portait d’abord et essentiellement sur l’amélioration de notre sécurité. 

Propos recueillis par Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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