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LE 7H50 de Sébastien Berthaut-Clarac : « nous voulons un audit sur la gestion de l’eau »

Membre de l’association Eau Bien Commun, ce militant livre bataille pour une gestion plus transparente de l’eau et de l’assainissement sur Nîmes Métropole.

Objectif Gard : Ce soir, les élus de Nîmes Métropole devraient baisser le prix de l’eau de 5%. Qu’en pensez-vous ? 

Sébastien Berthaut-Clarac : C'est quand même étonnant. Cette diminution intervient en même temps que le choix du mode de gestion de l’eau et l’assainissement, qui devrait être mis en place à partir de 2020. L'Agglo a décidé que ce service sera couvert par un seul contrat en DSP (Délégation de service public). Alors oui, la baisse du prix de l’eau est une bonne nouvelle. Mais cela ne représente que 15 centimes par mètre cube. Quand on sait qu'à Montpellier, l’eau est un euro moins chère au m3 (Nîmes : 2,12 € contre 1€ à Montpellier), il y a de quoi se poser des questions. 

Justement, comment expliquez-vous cet écart ?

C’est le résultat de 49 ans de gestion par une entreprise privée. D'une DSP sans contrôle des pouvoirs publics. D’ailleurs, les élus avouent eux-mêmes que le délégataire, la Saur, s’est gavé. La Chambre régionale des comptes a plusieurs fois critiqué la manière dont l’eau était gérée à Nîmes. Ne soyons pas dupes, le délégataire est là pour faire de l’argent. Ce n’est pas parce que l’on en aura un autre que l’on sera mieux. Le président Centriste de Nîmes Métropole, Yvan Lachaud, dit que « maintenant » il va contrôler. La maîtrise qui est celle d'aujourd’hui est insuffisante. L'Agglo n'est pas en capacité de contrôler correctement la gestion de ce service. Il faut un audit indépendant. 

Pourtant, Nîmes métropole a imposé plusieurs mesures (investissements, changement de compteurs…) à la Saur qui n'avait pas respecté ses engagements contractuels... 

Yvan Lachaud a l’art de travestir la réalité. Vous parlez des trois millions d’euros d’investissement ? Ce sont des travaux que devaient déjà faire la Saur ! C’est donc un rattrapage. Par ailleurs, ces mesures ont servi de justifications pour prolonger la DSP de deux ans et demi, en mai 2016.

Si, comme vous le dites, les pouvoirs publics et donc les citoyens y perdent, pour quelles raisons les élus ont-ils laissé courir cette DSP pendant tant d’années ?

Pourquoi l’ont-ils fait ? Penchez-vous sur la redevance d’occupation du domaine public. Il s’agit d’une somme versée par le délégataire à la Ville de Nîmes. Elle excède de très loin les sommes plafonnées par les textes : 2,8 M€ au lieu de 40 000 € !

Votre association a déposé un recours sur la DSP. Où en est-il ? 

Nous avons attaqué sur la caducité de la DSP. Pour nous, Nîmes métropole a prolongé le contrat avec des arguties juridiques. On a perdu en première instance. Les conséquences qui pourraient en découler sont importantes car si la justice casse le contrat, la Saur n’est plus légitime à réclamer des sommes aux usagers. Nous avons fait appel et nous avons bon espoir que le jugement soit rendu cette année.

Concrètement que demandez-vous aujourd’hui ?

Nous voulons un audit indépendant sur la gestion de l’eau. Nîmes est le plus ancien contrat de la Saur et chaque année, il se perd 7,5 milliards de litres d’eau sur le territoire de l’Agglo. On ne peut pas continuer ainsi. Les conclusions de l'audit serviront de base pour lancer un débat public. Dans toutes les autres communes, il y a eu un débat ! Concernant le mode de gestion, nous sommes favorables à la régie municipale. Regardez ! Des villes comme Paris, Grenoble, Nice, Montpellier, Metz, Troyes ou Besançon y sont retournées.

Yvan Lachaud explique que la gestion de l’eau n’est pas le cœur de métier de l’Agglo... 

Nous prenons acte de ce qu’Yvan Lachaud se dit incapable de gérer ce service public. Seulement aujourd’hui, les maires et les élus sont désinformés. Nîmes métropole peut très bien assurer ce service avec une régie dite « autonome et à personnalité morale ». Celle-ci récupérerait la totalité des personnels de la société. Ils resteraient sous contrat privé. Les maires, eux, ont vécu une autre forme de régie, qui n’avait pas de moyens. On venait taper à leur porte à trois heures du matin et ils étaient pénalement responsables. Aujourd’hui au sein de l’Agglo et avec cette forme de régie, ce n’est plus le cas.

CM

coralie.mollaret@objectifgard.com

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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