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FAIT DU JOUR Better Life Factory fait rimer campagne et start-up innovantes

Uzès, son marché, sa place aux Herbes…et son accélérateur d’entreprises innovantes.

Le co-fondateur et président de Better Life Factory, Guillaume de Rouville (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Better Life Factory, c’est son nom (qu’on pourrait traduire par l’usine à vie meilleure, tout un programme), a été créée il y a deux ans et demi par Jean-François Le Goff, fondateur et dirigeant de l’entreprise Usual Software aux États-Unis, Laurence Boursican, venue de la micro-finance, et Guillaume de Rouville, avocat d’affaires passé notamment par les Nations-Unies.

« On est très orientés PME »

Trois jolis CV qui ont donc décidé de monter leur affaire à Uzès. « Après deux enfants, on s’est dit fini les grandes villes, explique le président de Better Life Factory Guillaume de Rouville. Tous mes ancêtres sont de la région et Uzès c’est un bon compromis. » Le mantra de Guillaume de Rouville et par extension celui de l’entreprise se résume en une phrase : « entreprenez où vous rêvez de vivre. C’est un parti pris, on est quasiment les seuls à le faire dans une ville de moins de 10 000 habitants », revendique-t-il.

L’entreprise vend ses réflexions stratégiques et opérationnelles pour aider les entreprises à se développer. « On les aide à trouver des sources de revenus par exemple, elles ont besoin d’un regard extérieur », explique le président. Et ici, pas question de se limiter aux carcans habituels du secteur : « on ne s’intéresse pas uniquement aux start-up, on est très orientés TPE-PME. On ne va pas vendre du rêve en leur disant qu’ils seront le prochain Google, mais on va les aider à passer de TPE à PME pérenne. » Rien à voir avec l’image d’Épinal de la Silicon Valley et de ses jeunes premiers bien peignés : « on vise les entrepreneurs qui ont les pieds sur terre et les mains dans le cambouis », lance Guillaume de Rouville. 

Voilà qui est disruptif (ce qui sert à rompre, NDLR), comme on dit dans le vocabulaire du secteur. « On ne vend pas le vocabulaire du secteur », tempère Guillaume de Rouville, rétif à ces termes souvent anglo-saxons et abscons qui ont fait florès ces dernières années. Lui affirme ne pas chasser les « licornes », ces start-up françaises de pointe, rares comme des trèfles à quatre feuilles. Il leur préfère « les PME pérennes ancrées dans la réalité. » Des PME dont Better Life Factory devient parfois associée et que l’entreprise ne choisit pas par secteur : « Cela va du logiciel pour ostéopathe aux biscuits bio sans gluten. » Des petites entreprises pour lesquelles Better Life Factory organise des levées de fonds, par exemple. Aujourd’hui, Better Life Factory revendique une quarantaine de clients, dont une bonne partie dans le Gard et les départements limitrophes, et a été rejoint par une nouvelle actionnaire, Neerja Tannan, venue de l’Oréal.

Un ensemble d’idées et de dispositifs

« On n’est pas juste un boîte de consulting, mais tout un ensemble », avance Guillaume de Rouville. Par exemple, Better Life a lancé le programme Bivvy, « qui permet à des PME d’adopter des start-ups. » Un programme qui a abouti à l’accélérateur biotech et pharma ZeLab au sein de l’entreprise Cisbio de Codolet. « C’est un incubateur au sein de l’entreprise. Les start-up ont accès aux plateaux techniques et à un certain nombre d’heures de recherche en échange d'une participation dans leur entreprise, présente Guillaume de Rouville. Une manière de lever des fonds sans lever des fonds. » Pour l’heure, trois start-up ont intégré ce programme et trois supplémentaires sont attendues pour cette année.

Autre dispositif, la Super Ecole, qui s’adresse aux élèves des écoles supérieures : « ce n‘est pas de l’enseignement au sens propre, mais on va trouver la forme juridique de leur future société, rédiger les statuts avec eux, les aider à comprendre leur marché pour leur mettre le pied à l’étrier », explique Guillaume de Rouville. L’idée ici est d’éviter la période de chômage qui suit le diplôme. Better Life fourmille d’idées, avec un projet dans le journalisme, un autre dans le vin ou encore un projet de résidence d’entrepreneurs, « sur le modèle des résidences d’artistes, des endroits pour travailler et se détendre, faire du tourisme à Uzès et rencontrer des chefs d’entreprises, des gens innovants. » Le tout avec un fil conducteur : la campagne et les petites villes.

C’est dans cette optique que le groupe d’édition Bayard leur a proposé l’idée de créer un prix sur l’innovation à la campagne, avec de prestigieux partenaires comme La Croix, la Banque publique d’investissement ou encore la région Occitanie. « L’idée est de distinguer les entrepreneurs innovants qui ont décidé d’entreprendre en dehors des grandes villes. Il y aura cinq lauréats », présente Guillaume de Rouville. Le concours sera lancé le 1er mars et un jury d’éminents professionnels (dont le président de Système U, Serge Papin) remettra les prix en novembre prochain au Pont du Gard.

Un prix que Guillaume de Rouville veut pérenniser, pour aller plus loin : « pour les villes et villages innovants de France qui ont créé un écosystème favorable pour l’innovation, on va créer un label Campagne d’entrepreneurs, avec un observatoire de l’innovation à la campagne. C’est sur du long terme. » Tout ça pour démontrer par l’exemple qu'à la campagne, « on entreprend et on innove. »

Plus d’informations ici et .

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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