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LE 7H50 de Christine Roca : « La crèche L’île aux trésors est en danger »

La réduction drastique des contrats aidés pourrait entraîner la fermeture de la crèche nîmoise L’île aux trésors , en 2018.

Christine Roca, directrice de la crèche L'île aux trésors à Nîmes (Photo : Coralie Mollaret)

Objectif Gard : Combien de contrats aidés avez-vous perdus ?

Christine Roca : Depuis septembre, quatre contrats aidés n'ont pas été renouvelés : un emploi dédié à l’entretien de la crèche et trois autres auprès des enfants. Située à Saint-Césaire, notre structure est l’une des plus petites de Nîmes. Nous existons depuis 1996, nous avons 25 places pour 13 employés. 

Concrètement, quel est l'impact sur votre budget ? 

Nous avons un budget annuel de 400 000€. Il faut savoir que 66% sont financés par la PSU (Prestation de service unique) de la CAF et la participation des parents. Nous avons également une subvention de la mairie, pour 20%. Les 14% restant sont les aides de l’État, à travers les contrats aidés. Mais comme je vous l'ai dit, depuis septembre nous avons perdu ces ressources. 

Comment compensez-vous ces pertes ?

Pour garantir une qualité d’accueil satisfaisante, nous avons conservé deux jeunes filles en CDD (Contrat à durée déterminée) jusqu’à fin mars. Leur salaire n’est plus pris en charge par l’État. Nous en assumons la totalité. Concernant l'emploi dédié à l'entretien des locaux, nous assurons nous-même cette tâche. Tout le monde joue le jeu mais ça peut générer une certaine tension dans le travail. Nous tiendrons quelques mois, pas au-delà. Il nous reste un contrat d'avenir qui court jusqu'en 2019 et trois emplois d'avenir qui viennent à terme en août 2018. Comment va-t-on faire ? Moi, je ne détériorerai pas l'accueil de la crèche. C'est impossible. Nous faisons de l'humain. 

À long terme, quelles sont vos solutions ?

On peut envisager un rapprochement avec une structure associative plus grande. Ce que l’on ne veut pas, c’est qu’une entreprise privée nous reprenne. Je ne veux nommer personne… Mais la qualité d’accueil que l’on défend auprès des enfants, des familles et le service rendu par ces sociétés n’est pas comparable. Avec le collectif "Avenir", nous avons lancé un appel aux responsables politiques. Une chose est sûre : si nous n'avons pas de moyens supplémentaires, nous sommes menacés de fermeture. Nous sommes réellement en danger. 

Qu’est-ce qui différencie une crèche associative d’une crèche privée, selon vous ?

Attention, je ne veux jeter la pierre à personne. Les entreprises privées sont là pour faire des bénéfices. Alors, tout est réduit… Tenez, le taux d’encadrement par exemple : la loi prévoit au minimum un adulte pour sept enfants. Imaginez : deux personnes pour s’occuper de 14 bébés au moment du repas ? Les encadrants des crèches associatives sont en nombre suffisant. Ce sont des bénévoles, des salariés proches des familles. On fait de l’accueil, pas uniquement de la garde.

Propos recueillis pas Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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