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NÎMES Mis en examen, le médecin gastro-entérologue s’explique et se défend

Le spécialiste injectait de l'acide hyaluronique dans l'estomac de ses patients. Une pratique interdite en France

Le palais de justice de Nîmes / Objectif Gard

C’est la première fois que le médecin gastro-entérologue mis en examen à Nîmes depuis le 18 février dernier s’explique publiquement.

Il a répondu, mercredi matin, aux questions des magistrats de la Chambre de l’instruction de Nîmes. C’est eux qui doivent dire si le praticien peut continuer à exercer ou s'il lui est interdit d'exercer sa profession. Après ses mises en examen, le médecin avait simplement été placé sous contrôle judiciaire ce qui avait fait grand bruit d’autant qu’il peut continuer d’exercer.

Ce médecin libéral est poursuivi pour « escroquerie » au préjudice de la Caisse primaire d’assurance maladie du Gard, mais aussi et surtout pour " tromperie présentant un danger pour la santé humaine" et " blessures involontaires " concernant ses patients. « Mais pour qu’il y ait des blessures involontaires, il faut un blessé et personne ne l’a trouvé encore. Et pour cause : il n’existe pas », certifie l’avocat du médecin, Maître Baptiste Scherrer.

« Je pratique depuis 1994, j’ai vu près de 200 000 patients et je n’ai jamais eu de problème. En tant que médecin, il faut tout mettre en œuvre pour soigner, soulager. J’ai sauvé des vies, trouvé des cancers, diagnostiqué et soigné des maladies », poursuit le mis en cause devant la Cour d’Appel de Nîmes où il joue une grande partie de son avenir professionnel.

« Cette substance est connue depuis 1950, elle est non toxique et non agressive. J’injecte l’acide hyaluronique sur les parois, à plusieurs endroits, et cela provoque un gonflement des tissus qui empêche le passage des aliments », complète le praticien incriminé. Il lui est reproché de pratiquer des injections dans l'estomac de ses patients afin de les faire maigrir. Une méthode non reconnue en France qu’il pratiquait sous anesthésie générale à la Polyclinique du Grand Sud à Nîmes où il intervenait régulièrement. Dans notre pays, ce produit n'est utilisé que pour soigner des problèmes d'arthrose.

« C’est un produit qui se résorbe naturellement.  Avant l'intervention, il disait à ses patients qu’il s’agissait d’essais cliniques. Il a pratiqué dans sa vie professionnelle près de 50 000 endoscopies digestives sans aucun souci particulier. La seule erreur du médecin, et il l'a reconnue, c’est qu’il n’a pas fait le nécessaire pour avoir l’agrément afin de procéder aux essais », affirme son deuxième conseil maître Hervé Poquillon.

« Mais il s’agit d’un acte médical non reconnu en France, ce n'est pas légal et pas admis. C’est un problème de santé humaine et non pas un souci administratif », tranche maître Christian Barnouin pour la CPAM qui est à l’origine de la dénonciation aux autorités judiciaires. « Vous savez que vous êtes dans l’illégalité et d’ailleurs sur les comptes rendus opératoires et sur les indications que vous donnez aux médecins traitants, vous n’indiquez pas les injections d’acide hyaluronique. Et pour cause ! », accable Me Barnouin.

« C’est un professionnel qui s’est totalement affranchi de la loi et des règles », a estimé la représentante du parquet général. Elle a demandé à l’audience que le médecin soit interdit d’exercer et qu’il paie une forte caution. La Chambre de l’instruction de Nîmes rendra son délibéré le 6 avril prochain.

Boris De la Cruz

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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