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NÎMES L’épicerie solidaire de l’espérance brille de mille feux

Cette épicerie solidaire de Nîmes vient de franchir la barre des 1 000 inscrits.

Une épicerie solidaire ouverte six jours sur sept et qui propose près de 320 produits (photo Corentin Corger)

Plus de trois ans après son ouverture, l'épicerie solidaire de l'Espérance a franchi la barre des 1 000 inscrits. Victime de son succès, Marcel Manchion, le propriétaire, a dû se délocaliser dans un espace plus grand. Un déménagement pour répondre à une forte demande, car le magasin ne désemplit pas. 

Ouverte en décembre 2014, l'épicerie solidaire de l'Espérance vient de fêter ses trois ans d'existence. Peu de temps avant cet anniversaire, la boutique a été déplacée au 2, rue Nationale. Un passage de 45 à 180 mètres carrés afin d'accueillir toujours plus de bénéficiaires. En moyenne, Marcel Manchion réalise entre 5 et 10 nouvelles inscriptions, pour un total, aujourd'hui, supérieur à 1 000 demandeurs. Un public composé de personnes seules et de familles qui touchent de faibles revenus et profitent de prix cassés pour se nourrir décemment. Une aide réservée pour ceux qui justifient d'un revenu inférieur à 10 euros par jour.

Une épicerie qui fonctionne comme une association et où près de 25 bénévoles se relayent pour gérer le magasin et s'occuper des collectes. Environ quatorze sont effectuées quotidiennement auprès de grandes surfaces et de boulangeries. "On arrive à proposer près de 320 produits, grâce notamment aux dons des supermarchés. Après pour compléter nous achetons environ 20% des marchandises disponibles dans l'épicerie", détaille Marcel. Ce dernier ne reçoit aucune subvention et cet investissement est uniquement rendu possible grâce à la recette de l'épicerie. Des produits achetés et revendus à 30% de la valeur du prix d'achat de l'enseigne à la centrale. En 2017, ce sont plus de 220 tonnes de marchandises qui ont été écoulées.

Un chiffre qui sera sans doute dépassé cette année. "Au final, on accueille tout le monde. Des gens qui arrivent et qui n'ont plus un centime ou des sans-abri, on les nourrit gratuitement. Le but c'est la solidarité avant toute chose" poursuit Marcel. Ce dernier, constate que le phénomène de pauvreté a tendance à s'accentuer. "On voit des gens qui viennent tous les jours et malheureusement ce sont les pauvres qui payent pour ceux qui sont totalement démunis. Car c'est grâce à cet argent que l'on peut aussi fournir des repas gratuits." 

"La galère, si l'épicerie venait un jour à fermer"

Pour une vingtaine d'euros, le panier est bien garni (photo Corentin Corger)

Grâce aux prix très bas pratiqués dans cette épicerie solidaire, le montant pour un repas revient autour d'un euro pour le bénéficiaire. Cela lui permet de profiter de produits de qualité, plus chers d'accès dans les grandes surfaces, à un tarif très avantageux pour des personnes dont les ressources se limitent parfois au RSA (Revenu de solidarité active). C'est le cas de Sandrine, 47 ans, qui vit seule. "Je ne viens quasiment qu'ici pour faire mes courses, entre deux et trois fois par semaine. Cela me permet de manger correctement et de manière variée. Pour moi, ce serait la galère si l'épicerie venait à fermer." Bernard, 62 ans, installé depuis deux ans à Nîmes, se rend à l'épicerie tous les jours : "Je m'en sors à peu près pour 5, 6 euros et ça peut monter jusqu'à 20 euros pour les grosses commissions. Dans un supermarché j'en aurais pour 50 euros. Et puis je viens aussi pour discuter, échanger."

C'est également la fonction de ce lieu, où l'on ne vient pas uniquement chercher de quoi manger. Il s'agit d'un endroit convivial où le personnel, et notamment Marcel, prend le temps de discuter avec les clients. Un côté chaleureux qui plaît à Nadège, 39 ans, maman de trois enfants. "On très bien accueilli et les prix sont très intéressants sur des produits comme la viande. Sans ce service, je serais un peu embêtée." Thierry, 50 ans, apprécie quant à lui la diversité des produits : "c'est assez complet, on trouve à peu près tout. Venir ici me permet d'économiser tout en mangeant équilibré et je peux même me faire plaisir." 

Gêné par des problèmes de stationnement

Même si Marcel Manchion pointe un manque de reconnaissance de la part des pouvoirs publics pour des petites associations comme la sienne, il est surtout préoccupé par un problème de stationnement. "Nous n'avons pas de places attitrées pour pouvoir décharger les camions de livraison. Les agents de l'ASVP profitent de la moindre opportunité pour nous coller une amende. Ce n'est plus raisonnable." Des contraventions qui ont occasionné à l'épicier un coût avoisinant les 2 800 euros en 2017. "L'argent qui sert à payer les PV, n'est pas utilisé pour acheter de la nourriture", regrette t-il. Une affaire portée en mairie dont il émet des doutes sur la transmission des informations aux agents. Une situation qui pourrait avoir de grosses conséquences : "cette histoire de contravention, si ça continue, peut me pousser à arrêter l'activité de l'épicerie", déplore t-il. Espérons ne pas en arriver là et que la Mairie fasse aussi preuve de solidarité...

Corentin Corger

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