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CÉVENNES Les « méthodes de voyou » de l’État dénoncées par des maires

Les maires ont appris il y a quelques jours une baisse de leurs dotations. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

« Aujourd’hui, il faut être fou pour être maire. » Sylvain André, maire de Cendras, est donc fou… Mais surtout de rage. Il vient d’apprendre que l’État lui supprime 52 000€ de dotations, dont l’essentiel du montant correspond à la Dotation de solidarité rurale (DSR). Et il n’est pas le seul dans ce cas, d’autres communes connaissent le même traitement : Chamborigaud perd 48 700€, Le Martinet (30 000€), Laval-Pradel (50 000€), Saint-Julien-les-Rosiers (80 000€), Génolhac (74 000€), Rousson (plus de 100 000€)...

Cette baisse résulte d’un nouveau mode de calcul qui doit permettre de financer l’effort de solidarité vers les communes les moins favorisées. Mais pour les élus cévenols concernés, la pilule ne passe pas. D’autant que la nouvelle est tombée comme un cheveu sur la soupe, sans annonce préalable, à l’heure où les budgets étaient déjà bouclés : « Personne n’a été prévenu. On nous a dit de ne pas nous inquiéter et de prévoir les mêmes budgets que l’année dernière », soupire Sylvain André. « Au final, cette décision va entraîner des sacrifices importants sur des projets structurants. Aujourd’hui, 85% de mon budget dépend de dotations sur lesquelles je n’ai aucune maîtrise », renchérit Serge Bord, maire de Saint-Julien-les-Rosiers, qui va devoir renoncer à réaliser un cheminement doux dans son village. Au Martinet, Michel Mercier dit être passé « en zone rouge » : « on ne peut plus gérer nos communes, déjà meurtries par d’autres crises économiques. Il y a un ras-le-bol général. »

Un ras-le-bol mais aussi de fortes inquiétudes sur l’avenir des communes. « Avec ces méthodes de voyou, on fait tout pour nous enfoncer et nous tuer à petits feux », fustige Sylvain André. « Je trouverais courageux qu’un président mette en débat la suppression des communes. Qu’on organise un référendum ! », s’enflamme-t-il. Unis dans l’épreuve, les édiles ont interpellé le préfet ainsi que les députés : « On nous répond que c’est la faute à pas de chance. » Un argument bien loin d’apaiser la colère des maires.

Élodie BOSCHET

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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2 réactions sur “CÉVENNES Les « méthodes de voyou » de l’État dénoncées par des maires”

  1. l’enveloppe de la dotation globale de fonctionnement a augmenté en 2018 de 80 millions € contrairement aux 3 dernières années où elle avait considérablement baissé. Cela c’est l’Etat qui le décide et le parlement qui le vote ( nos députés et sénateurs)
    Ce qui pose problème à certains maires , c’est que les paramètres clés de répartition de l’enveloppe changent tous les ans au profit ou en défaveur de certains selon la situation de chaque commune.
    Les modifications des paramètres sont décidées par le Comité des finances locales composé majoritairement des représentants des fédérations d’élus ( y compris ceux qui représentent les petites communes) . Le gouvernement tient compte de la proposition et du vote de ce comité.
    Donc , c’est sans nul doute , un défaut de communication de l’administration et des représentants des élus à ce comité mais pas un Etat voyou puisque la répartition n’est pas a priori une initiative gouvernementale.
    MB

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