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BEAUCAIRE La réhabilitation des écoles sera financée en partie par l’État

En visite aux écoles Garrigues Planes et Nationale, Didier Lauga, préfet du Gard, s'est engagé à aider financièrement la mairie pour des travaux de construction et de rénovation de ces établissements.

Forcément devant une telle fuite, on se demande comment on a pu en arriver là ? (photo Corentin Corger)

Julien Sanchez, maire de Beaucaire, dans une politique axée sur l'éducation, s'est lancé dans la réhabilitation des écoles maternelles et primaires de sa commune. Deux vont faire l'objet d'importants travaux, Garrigues Planes et l'école Nationale, pour un montant total avoisinant les 10 millions d'euros. Une somme telle que la mairie ne peut pas l'assumer seule. L'élu frontiste a sollicité Didier Lauga, préfet du Gard, pour obtenir une subvention. Le représentant de l'Etat s'est rendu sur place pour observer l'étendue des travaux à réaliser.

La visite a débuté à l'école maternelle et élémentaire Garrigues Planes, classée REP (Réseau d'éducation prioritaire), dénomination qui a remplacé le terme ZEP depuis 2015. Pour un montant de 4,9 millions d'euros et un début des travaux annoncé en 2019, la municipalité prévoit la construction d'un nouveau bâtiment pour la partie maternelle et la réhabilitation des locaux actuels. Une nécessité étant donné le taux de saturation atteint par l'établissement. "On compte 201 élèves pour 200 places", alerte le maire. "Les élèves de ce secteur sont obligés d'être scolarisés ailleurs, on ne répond plus à la demande", poursuit-il. Une demande toujours croissante, notamment avec les créations à venir de nouveaux quartiers et plus généralement en raison de l'augmentation de la démographie de la quatrième ville du Gard (16 200 habitants) qui talonne Bagnols-sur-Cèze (18 200 habitants).

Le préfet, accompagné de Laurent Noé, directeur académique des services de l'Education nationale du Gard, a pu constater l'urgence de la situation. Des classes trop petites et non entretenues avec par exemple la peinture qui se décolle. Une mauvaise isolation notamment au réfectoire qui se transforme "une étuve", pour reprendre les termes du préfet, dès que la chaleur fait son apparition. Et même si l'agenda très chargé de Didier Lauga a entraîné la programmation de cette visite durant les vacances scolaires, des institutrices, présentes pour des stages de remise à niveau, ont pu lui faire part de leurs conditions de travail. "On aimerait avoir des classes qui répondent à nos besoins. Celle-ci n'est pas pratique, il n'y a pas de wifi, on ne peut pas non plus accueillir d'élèves handicapés", souligne Christelle Stievenant, institutrice de CM2.

Christelle Stievenant, enseignante en CM2, témoigne de la difficulté de travailler dans des locaux obsolètes (photo Corentin Corger)

Le préfet n'a eu qu'à "voir l'étendue des dégâts" pour être "convaincu du projet" et lâcher "ça saute aux yeux, on vous aidera". De quoi rassurer Julien Sanchez. Il était temps de tirer la sonnette d'alarme et de penser à la relève. À Garrigues Planes, c'est près de 100 élèves supplémentaires qui pourront être accueillis après travaux.

Quelques minutes de bus plus tard et la délégation s'est retrouvée en centre-ville pour visiter l'école Nationale. Ici aussi les travaux sont conséquents, près de 4,6 millions d'euros pour cette école élémentaire placée en REP+. L'objectif est de tout miser sur cet établissement pour regrouper les élèves de l'école du Château, vouée à être fermée. La mairie a déjà investi 400 000 euros dans les façades et les toitures pour rénover certains bâtiments scolaires. Des travaux entamés pour répondre notamment au dédoublement des classes de CP, imposé par le gouvernement dans les REP+.

Lorsqu'on pénètre dans une classe, le constat est sans appel : "C'est un voyage dans le temps", déclare avec humour le préfet. En effet, le mobilier est ancien, abîmé et le sol est composé d'un vieux parquet. Cerise sur le gâteau, une terrible fuite d'eau au plafond. "Aucuns travaux n'ont été effectués depuis très longtemps. Si les précédentes municipalités avaient pris la mesure des choses, on n'en serait pas à un projet d'une telle envergure", insiste le maire beaucairois devant l'assemblée présente. Dans cette école également, la volonté est de réorganiser l'espace en transformant le parking en cour de récréation et en créant une véritable séparation avec la police municipale. Et également de se mettre aux normes, à commencer par les sanitaires qui se trouvent encore à l'extérieur, dans la cour. Les travaux sur cette école auront lieu sur site occupé et démarreront début 2019.

Une participation de l'Etat entre 25% et 30% 

Rien de mieux que des plans pour être convaincu du projet (photo Corentin Corger)

Après s'être retirés à huis clos pendant près d'une heure, maire et préfet ont fait part de leur bilan. "Rien ne vaut mieux que les images pour se rendre compte ! On n'est pas sur un projet luxueux mais d'utilité publique. La justification des travaux ne se pose plus", insiste Didier Lauga. Avant logiquement d'acter son aide financière en déclarant : "Je m'engage à soutenir la ville de Beaucaire dans ce projet." Le préfet qui devant l'ampleur des travaux est prêt à faire une entorse à une règle non écrite : octroyer une seule subvention par an par commune. Pour 2019, Beaucaire bénéficiera de deux opérations financières pour les deux écoles à réhabiliter. "Plus la commune est en difficulté, plus on est prêt à l'aider", poursuit-il. Qui dit argent dit montant ? A ce stade, impossible d'obtenir une fourchette de prix. Mais le représentant de l'Etat a laissé entendre que l'aide se porterait à hauteur de 25 à 30% du budget total, ce qui pourrait représenter environ trois millions d'euros. Un financement qui se réalisera par tranche en fonction de l'avancée des travaux. Mais le préfet a demandé à ses équipes de se pencher rapidement sur le dossier.

De son côté, le maire de Beaucaire est forcément satisfait : "J'attends avec impatience l'année 2019 pour concrétiser tout ça. Sans ces subventions, les travaux ne pourraient pas avoir lieu." Malgré un premier soutien acté, les sollicitations ne sont pas pour autant terminées. La mairie compte taper à la porte du conseil départemental où elle pense obtenir un soutien. En revanche, elle semble moins confiante par rapport à la Région et à la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence qui a davantage vocation à intervenir dans les projets économiques. On verra qui sera le plus généreux pour l'éducation des jeunes concitoyens de Beaucaire.

Corentin Corger

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