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SAINT-AMBROIX Viol pendant un voyage scolaire : le directeur suspendu, parents et professeurs révoltés

Manifestation de soutien ce matin à Paul Gobillot (Photo : Tony Duret / Objectif Gard)

Ce jeudi matin, une cinquantaine de parents d'élèves, de professeurs et de collégiens s'est réunie dans le centre-ville de Saint-Ambroix en soutien au directeur du collège privé Saint-Joseph, injustement suspendu selon eux.

"Je suis Gobillot". Voilà ce que l'on pouvait lire sur les feuilles et pancartes tenues par les soutiens de Paul Gobillot, directeur du collège privé Saint-Joseph à Saint-Ambroix depuis 1990. Parmi les personnes rassemblées ce jeudi matin au cœur de la commune, il y a Céline, une mère de famille particulièrement émue : "C'est un homme exceptionnel, un très bon directeur. Mon fils est polyhandicapé et il l'a porté de la 6ème à la 3ème. C'est grâce à lui qu'il a eu son brevet." Jessica, une ancienne élève, s'empresse aussitôt d'ajouter : "Moi aussi, il m'a énormément aidé." Ghislaine Pialet, professeur de Français à Saint-Joseph depuis 1991, complète : "Il est bienveillant avec tout le monde, c'est un homme dévoué et très apprécié. Aujourd'hui, il est ravagé. Il ne mérite pas ça. Il aurait dû partir avec les honneurs." Au lieu de ça, en début de semaine, ce lundi 30 avril, le directeur tant apprécié a été suspendu de ses fonctions pour une période indéterminée...

"Ils voulaient sa peau"

L'affaire commence en mars dernier quand un voyage scolaire à Malte, qui réunissait des élèves de 4ème et de 3ème, tourne mal. Durant le séjour, un élève est victime d'une agression sexuelle qui aurait été filmée (relire ici). Plusieurs semaines se passent jusqu'à ce qu'une maman découvre la vidéo et alerte le directeur qui prévient aussitôt les gendarmes. "Ce qu'on lui reproche, précise Ghislaine Pialet, c'est d'avoir prévenu les forces de l'ordre en premier alors que le diocèse aurait voulu le savoir d'abord." Une maman accuse : "pour mieux étouffer l'affaire". La prof de Français reprend : "bref, on lui reproche un détail de procédure. Ils voulaient sa peau. Aujourd'hui, on demande la réintégration de M. Gobillot." Une demande qui semble partagée par le maire de Saint-Ambroix, Jean-Pierre de Faria : "je m'interroge sur la rapidité de la prise de sanction. C'est une personne appréciée, que je soutiens. J'espère que tout va rentrer rapidement dans l'ordre."

Le lycée Saint-Joseph à Saint-Ambroix. Photo Tony Duret / Objectif Gard

La suspension ? "Une mesure de protection"

Une centaine de mètres plus loin, dans la petite rue du collège Saint-Joseph, où la présence d'un véhicule de gendarmerie semble davantage inquiéter les parents que les rassurer, le personnel qui ne manifeste pas tente de sauver les apparences. "Vous voyez, les élèves sont dans les classes, on assure les cours", commence Valérie Leroy-Gérard, l'adjointe au directeur diocésain pour l'enseignement du Gard. Accompagnée de Christine Vicedomini, chef d'établissement de l'ensemble scolaire, la représentante du diocèse ne peut pas trop en dire tant que l'enquête est en cours, mais tient à faire savoir que la suspension du directeur est "une mesure de protection par rapport aux élèves, à l'ensemble scolaire ainsi qu'à lui-même." Quant à la procédure utilisée par le directeur pour dénoncer le viol, Valérie Leroy-Gérard estime "qu'a priori, les règles n'ont pas été suivies." Des arguments dérisoires pour les manifestants au regard des quarante années "de bons et loyaux services" de Paul Gobillot.

Tony Duret

tony.duret@objectifgard.com

Retrouvez ici la pétition mise en ligne pour la réintégration du directeur.

Etiquette

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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3 réactions sur “SAINT-AMBROIX Viol pendant un voyage scolaire : le directeur suspendu, parents et professeurs révoltés”

  1. Une fois de plus les responsables reprochent au directeur d avoir était humain.
    Une honte d’enfoncer les gens au lieu de lai soutenir.

  2. Je soutiens de toutes mes forces Monsieur Gobillot..Je n’ai jamais rencontré quelqu’un de plus dévoué et de plus responsable… c’est une honte ce que sa hiérarchie lui fait endurer … et le motif est tellement futile et dérisoire…!!!!!!

  3. On ne peut pas détruire la vie d’un homme pour avoir pris la décision de mettre une victime en sécurité au plus vite.en prévenant la gendarmerie, les faits sont graves, il a fait ce qu’il fallait, comment le diocèse peut il juger aussi cruellement quelqu’un qui a mis toute sa vie dans cet établissement.. Juste pour avoir géré l’urgence.. Je me pose des questions ? . J’ai fait mes études dans ce collège et monsieur Gobillot était extrêmement apprécié pour son humanité et sa gentillesse. Cette mis à pied est violente et injuste.

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