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LE 7H50 de Betty Théodor : « Les auxiliaires de vie scolaire se battent pour leurs élèves »

Auxiliaire de vie scolaire, cette Nîmoise s’occupe des enfants porteurs d’un handicap. Elle a initié un collectif et lancé une pétition pour que sa profession soit reconnue.

Betty Théodor, 46 ans, est auxiliaire de vie scolaire depuis quatre ans. Membre du syndicat SUD Solidaires, elle a lancé un collectif pour défendre les droits des AVS (Photo : Coralie Mollaret)

Objectif Gard : Quelle est la mission des AVS (Auxiliaire de vie scolaire) ?

Betty Théodor : Dans le Gard, il y a 1 300 AVS. Notre quotidien consiste à accompagner des élèves porteurs d’un handicap de façon à ce qu’ils s’intègrent au mieux dans la classe et plus tard, dans la société. En classe, on est assis à côté d’eux. On écoute le professeur, on aide l’élève à faire ses exercices lorsqu’il en a besoin. Le but étant de les rendre le plus autonome possible.

Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous êtes confrontées ?

Nous ne sommes formés sur aucun handicap ! Nous pouvons nous occuper d'élèves autistes, sourds… Par exemple, j’en avais une qui sortait d’une classe ULIS (unités localisées pour l'inclusion scolaire) à Capouchiné où tout le monde utilisait la langue des signes. Sauf qu’elle s’est retrouvée à Condorcet, en milieu ordinaire, avec moi qui ne signait pas… J'ai essayé d'apprendre la langue des signes. J’ai demandé à l’Éducation nationale de me payer la formation (900€) mais cela m'a été refusé. Ça a été très compliqué. Au début, on dessinait. Mais dessiner une onde sismique dans un cours de SVT (science et vie de la terre), je ne sais pas faire !

De gauche à droite : Betty Théodor, Christelle Gramondi, Céline Thiebaut, Xavier Culioli. Les syndicats Solidaires et CNT soutiennent le collectif (Photo : Coralie Mollaret)

Que demandez-vous au gouvernement ?

On se bat pour nos élèves en premier. C’est pour ça qu’on demande des formations. D'après nos contrats, on travaille 24 heures mais en réalité on travaille beaucoup plus, notamment le soir lorsque l’on s'entraîne pour chercher la pathologie de nos élèves, ce que l’on peut faire pour les aider... Nous avons aussi très peu d’informations sur l’élève que l’on doit suivre pour mieux l’accompagner. 

Concernant votre rémunération ?

On demande déjà à être payé au SMIC ! Notre profession est très précaire. Nous sommes à 760 euros par mois en CDD et nous bénéficions du RSA. Il y a beaucoup de familles monoparentales chez les AVS. Pour se reloger ou acheter un logement, c’est juste impossible. Financièrement c’est très compliqué. Nous sommes toutes dans le rouge à la fin du mois. Il ne faut pas que l’on se casse une dent, que la voiture tombe en panne…

Cela fait quatre ans que vous vous mobilisés. Avez-vous obtenu des avancées ?

C’est extrêmement difficile. Les AVS sont dans des situations sociales tellement précaires qu’ils ont peur de se montrer. Parce que le RSA est à 500 euros et qu’ils ont 200 euros de plus. Le Président Emmanuel Macron a dit qu’il allait faire quelque chose. On verra s’il tient sa promesse. 

Propos recueillis par Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

Lien de la pétition : ici

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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