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ÉDITO Parce que le sport n’a ni frontière, ni drapeau…

Umut Bozok pose avec un jeune supporter (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Pour une fois que l'on parle de Nîmes pour autre chose que pour évoquer sa 5e place au classement des villes les plus sales de France, décernée par une radio nationale, de sa délinquance récurrente, de son réseau d'eau et de son chômage endémique, ça fait plaisir ! Mais pas à tout le monde visiblement...

Samedi, alors que les flonflons de la fête, qui a rassemblé près de trois mille Nîmois, étaient à peine éteints, un élu nîmois, dont on taira cette fois le nom par charité mais aussi pour ne pas lui offrir la publicité qu'il recherche, s'est autorisé à critiquer sur les réseaux sociaux le fait qu'un drapeau turc ait flotté parmi la foule au beau milieu des étendards rouge et blanc brandis par les supporters des Crocos. Un drapeau agité par un gamin d'une dizaine d'années hilare qui rendait simplement honneur à Umut Bozok, le buteur Franco-Turc du NO.

Sans rentrer dans la provocation en répondant à cet éminent spécialiste du football que le monde entier nous envie, on aurait aimé connaître sa réaction si d'aventure c'eut été un drapeau allemand, luxembourgeois, russe, danois ou espagnol (au hasard !) qui s'était invité à la fête... Au-delà du fait qu'Umut Bozok ait largement contribué par ses performances sportives à l'accession des Crocos en Ligue 1, il est important de souligner que c'est un jeune homme charmant, toujours disponible et bienveillant, dont le comportement, l'éducation et l'attitude force le respect et font l'admiration de ceux qui le côtoient au quotidien.

Œcuménique et laïque, la foule du peuple nîmois qui a participé à cette belle fête était venue rendre hommage à ses joueurs. À ses gladiateurs des temps modernes. Parmi lesquels figurent, ce qui ne va pas faire plaisir à cet élu nîmois, outre un Franco-Turc, un Algérien, un Grec, un Franco-Sénégalais, un Tunisien, un natif de Monaco et même un très talentueux gitan né à Montpellier... Mais c'est bien cette phalange de guerriers, façon ''United colors'' chère à l'entreprise italienne Benetton, qui a gagné sur le terrain le droit d'évoluer l'an prochain au plus au niveau.

Vraisemblablement pas très sportif, l'édile nîmois ignore tout, semble-t-il, des valeurs de tolérance, de fraternité, d'ouverture d'esprit, de bienveillance, d'abnégation et de solidarité qui sont les fondements du sport. Qui plus est du sport collectif. Mais quelle importance au fond puisque l'on ne risque pas de le croiser dans les travées des Costières l'an prochain quand il s'agira d'aller supporter Bernard Blaquart et sa bande durant les longues soirées d'hiver. Tout juste courre-t-on le risque de le revoir en train de pérorer sur le parvis des arènes si d'aventure le NO gagnait la coupe de France ou remportait le championnat. Heureusement pour lui on n'en est pas là car je ne suis pas sûr qu'il serait le bienvenu. Avec ou sans drapeau...

Philippe GAVILLET de PENEY

philippe@objectifgard.com

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Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société...

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4 réactions sur “ÉDITO Parce que le sport n’a ni frontière, ni drapeau…”

  1. Ni frontière ni drapeau ?
    Je crois cher Monsieur que vous ne maîtrisez nullement les codes du sport en général et celui du foot en particulier. La prochaine coupe du monde en Russie vous apprendra que ce sont des nations qui s’affrontent, que leurs joueurs sont habillés aux couleurs de ces nations, que les supporters encouragent leur équipe à l’aide de symboles nationaux.
    Il en est logiquement de même pour un club sauf que les us et coutumes ont bien changé. Nous voyons d’ailleurs fleurir des drapeaux qui affirment une identité n’importe où et pour n’importe quoi, mariages, manifestations …
    voilà, peut être, ce que cet élu voulait dénoncer dans son tweet et je crois que nombreux sont les Nîmois à comprendre cela.
    Cordialement.

    1. Nombreux sont les nîmois à comprendre que le fn n’apporte rien au Nîmes olympique.
      Si un candidat possible à la mairie de cette ville ne retient à la montée du club en ligue 1 qu’un drapeau turc brandi c’est que sa vision de la ville est étriquée…

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