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MERCREDI CULTURE La contre-affiche donne le coup d’envoi de la Feria

Comme tous les mardis avant la Feria de Pentecôte, le dessinateur Eddie Pons signe sa contre-affiche à L'Aiglon.

 

Armé de feutres de différentes pointes, Eddie prend son temps et dédicace avec soins chacune de ses affiches (Photo Véronique Palomar)

Depuis 2003, il est une tradition qu'aucun Nîmois ne saurait manquer : la signature, après l'avoir dévoilée, de la contre-affiche par son auteur au bar de l'Aiglon, rue Notre Dame. Comme chaque année, et peut-être cette année encore plus nombreux, les aficionados purs et durs s'étaient réunis pour assister à l'événement. Un rituel qui donne le coup d'envoi aux festivités de la Feria.

Inspirée de Picasso et tournée par Eddis Pons …

C'est en 1993 que Juju (copain et complice dessinateur d'Eddie Pons) a eu l'idée de cette parodie de l'affiche officielle. La tradition perdure et vit plus que jamais. Cette année a vu encore plus d'affluence que l'an dernier.  La foule déborde sur le trottoir, les bénéfices des ventes vont au club taurin Roque Gomez. Autour d'Eddie, l'événement rassemble les fidèles, des artistes issus de toutes les disciplines, des aficionados mais surtout des amis. Le concept est simple. Détourner l'affiche officielle. La version 2018, inspirée de Picasso a donné à Eddie l'idée d'une parodie, clin d'œil à mai 68 et donc à une nonchalance décontractée qui va avec.

Respectueux du planning, à 19h pétantes, Eddie en compagnie de Mimi, la patronne de l'Aiglon, a dévoilé la contre-affiche masquée par une nappe en papier (ça aussi c'est la tradition).

L'empègue : Swan Soto s'y colle

Swan Soto par lui-même ? (photo Véronique Palomar)

Un autre rituel commence. Depuis quelques années, Mimi a eu l'idée de redonner vie à une vielle tradition locale. Il y a bien longtemps, les jeunes gens qui rentraient de leur service militaire faisaient le tour des villages en proposant de coller (empéguer) leur marque sur les murs en échange d'un peu de monnaie. À l'Aiglon, ce ne sont plus de jeunes militaires mais un artiste qui vient chaque année poser son "empègue". Cette année, c'est Swan Soto, matador et peintre, qui s'est prêté à l'exercice. Un pochoir et quelques couleurs plus tard, Swan Soto ne dira pas qui a inspiré ce portrait. Et vous qu'en pensez-vous ?

Patience et longueur de temps

L'Aiglon est trop petit pour contenir la foule qui déborde joyeusement sur la rue (Photo Véronique Palomar)

La tradition  est donc respectée mais il en reste une auquel les puristes ne sauraient déroger, c'est la dédicace par l'auteur. Une fois munie de leur affiche, les candidats à la signature s'organisent en une file joyeuse. Tandis que les autres, fidèles à une autre tradition, sont à l'apéro. Et l'attente commence. Eddie prend son temps, écrit, dessine, parle, s'interrompt… La dédicace se mérite. Lorsque l'on est dans la file, on occupe une position stratégique pour observer les aller-retours. On croise une bonne partie des avocats du Diable, des élus de tous bords, des anciens, des jeunes fidèles à la tradition, des artistes, des photographes, des sculpteurs. Mais surtout des potes ! une belle bande pour qui une seule chose compte : se retrouver autour d'une tradition joyeuse, prélude à la Féria. Que la fête commence !

Véronique Palomar

Pour info : les malchanceux ou les étourdis qui n'ont pas encore leur contre-affiche peuvent se la procurer pendant toute la durée de la Feria à la Librairie littéraire, rue des Arènes à Nîmes (10€).

Etiquette

Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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