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FAIT DU JOUR Le toro piscine, l’atout jeunesse de la Feria

De nouveau instauré l'année dernière après dix ans d'absence, le toro piscine attire toujours autant les jeunes aficionados qui n'ont pas peur de se mouiller dans l'Arène.

Écartez-vous, ça arrive fort ! (photo Corentin Corger)

Chacun a droit à son plaisir taurin à la Feria. Les adultes ont la Corrida, les plus jeunes ont le toro piscine. Un événement festif où les adolescents se sont pressés lors de cette Feria 2018 pour se retrouver entre aficionados. Quitte parfois à repartir avec quelques bobos. 

Le toro piscine fait partie des pratiques ancestrales de la tauromachie et c'est souvent, avec l'abrivado, le premier contact des jeunes avec l'animal. Le principe, comme son nom ne l'indique pas, est d'attirer non pas un  toro mais une vachette dans la piscine. Piscine, un bien grand mot, puisqu'il s'agit de ballots de paille positionnés en carré et recouverts d'une bâche dans laquelle ont a déversé une centaine de litre d'eau.

Historiquement, les raseteurs amateurs qui parvenaient à faire pénétrer la vachette dans l'eau gagnaient des petites étrennes pour aller se payer un coup à boire. Restriction budgétaire oblige, à Nîmes on faisait gagner casquettes et t-shirts. Mais qu'importe le gain, c'était surtout le plaisir de s'amuser avec la bête que recherchaient les jeunes.

Là, niveau adrénaline, on ne peut pas faire mieux ! photo Corentin Corger)

"J'aime jouer avec la vachette", confiait le vaillant Enzo, 16 ans, qui faisait preuve d'un grand courage pour atteindre le but de l'opération. Et malgré l'orage tombé vendredi soir, le jeune homme n'en avait que faire, "quoi qu'il arrive on finit trempé", plaisantait-il légèrement frigorifié, "tant qu'on peut s'amuser c'est le principal." Et ça c'est sûr qu'ils se sont amusés, portés par la voix du manadier, qui lançait des défis aux jeunes les plus braves au micro. Comme Enzo et son coéquipier de circonstances, qui attendaient de se faire enjamber par la vachette au moment de sortir du toril. Valait mieux mettre les mains sur la tête au cas où elle glisserait !

C'est bien connu, le toro donne des ailes ! (photo Corentin Corger)

Des jeunes prêts à tout pour réussir à amener le petit toro dans la piscine.

Le toro, majestueux dans les Arènes du Bosquet aux Jardins de la Fontaine (photo Corentin Corger)

Petit mais costaud. Il y a de la puissance dans ces petites bêtes, dont les cornes sont emboulées par mesure de protection. Cela n'empêchait pas de prendre un bon tampon si on restait au milieu. L'ambulance était toujours à proximité pour soigner les éraflures et les bleus.

Pas évident de déloger l'animal de la piscine ! (photo Corentin Corger)

Car après quelques minutes passées dans les Arènes et quelques passages dans l'eau, il fallait faire rentrer la vachette dans le camion. Ce qui n'a pas été toujours une mince affaire. Preuve en est, ils s'y sont mis à deux au plus près de la pataugeoire pour l'attirer en direction de la bétaillère.

Chacun a son rythme 

Olivier, 14 ans, pour sa première, n'a pas réussi à attirer la vachette dans la piscine mais est prêt à retenter l'expérience ( photo Corentin Corger)

Forcément comme toute pratique taurine, le toro piscine peut s'avèrer dangereux si on surestime ses capacités, notamment en vitesse. Qualité première et indispensable pour échapper au danger et ne pas se blesser. Parmi les habitués, capables de tenter des choses spectaculaires comme vu précédemment, se glissait des novices en la matière. Comme Olivier, âgé de 14 ans, qui s'est essayé dans les arènes pour la première fois sous les yeux de sa maman.

"J'avais regardé pas mal de vidéos sur Youtube en me disant c'est facile. Je vais y arriver les yeux fermés." L'adolescent a rapidement compris que dans la réalité ce n'est pas la même chanson. "J'ai traversé les arènes trois, quatre fois, mais je n'ai pas pu l'amener dans l'eau. C'était trop dur ! Surtout la dernière vachette qui faisait plutôt peur."  Si c'est en sciant que Léonard...devînt scie, c'est en forgeant qu'on devient forgeron, jeune homme ! Olivier était en tout cas prêt à y retourner ce dimanche soir, "s'il n'est pas puni d'ici là", précisait sa maman, aux aguets.

"Renouer avec nos traditions locales" 

"Oh, j'espère qu'elle ne m'a pas vue !  " Courage Enzo ! (photo Corentin Corger)

Organisé à deux reprises lors de cette feria de pentecôte, à travers cette manifestation la Ville affichait une volonté de conserver les vieilles traditions. "Déjà quand j'étais gamin dans les années 1980 on faisait le toro piscine dans des arènes en bois sur la place Séverine", se souvenait Pascal Chaubet, adjoint aux festivités de la mairie de Nîmes. "Ça a disparu pendant dix ans avant de revenir l'année dernière. On voulait renouer avec nos traditions locales, ce folklore. Nîmes c'est l'Espagne, on doit retrouver des toros dans les rues, c'est ça la Feria ! "

Un sentiment partagé par le manadier Jérôme Vidal, celui qui fait vivre cette animation en lançant des petits défis aux jeunes : "les jeunes se régalent et c'est avant tout ce qui m'importe. Tout se déroule dans un esprit bon enfant, de convivialité. Les jeunes sont gentils, respectueux et ça crée une solidarité entre eux autour du toro". Un professionnel qui fait passer des messages et qui retrouve une mixité dans les arènes : "on voit des jeunes venir des quartiers qui n'ont pas eu la chance de grandir en campagne au milieu des bêtes et c'est génial. " Des gens passionnés qui font vivre les traditions et qui les transmettent aux futures générations pour que ça perdure. Car qu'on le veuille ou non, sans toros ce n'est plus la Feria !

Corentin Corger

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