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LE 7H50 de la ministre Sophie Cluzel : « Notre volonté est de répondre à toutes les situations de handicap »

(Photo : DR : ©Benoit Granier/Matignon)

Secrétaire d’État auprès du premier ministre chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel est à Nîmes ce jeudi 7 juin. Dans le cadre de ce déplacement, la ministre se rendra dans plusieurs établissements Nîmois. Elle clôturera en fin de journée le colloque international « Éducation inclusive : coopérer pour scolariser ». Elle est l'invitée du 7h50.

Objectif Gard : Vous êtes à Nîmes notamment pour la clôture du colloque international INSHEA « Éducation inclusive : coopérer pour scolariser ». Quelles sont les actions proposées par l’État pour répondre à cette question ?

C'est un colloque qui va permettre d'échanger sur la coopération autour de l'inclusion éducative et d'aborder les bonnes pratiques, notamment en Europe. Il sera également question de formation croisée entre les différentes professions qui accompagnent au quotidien les porteurs de handicap et leurs parents. Qu'il s'agisse des services scolaires, de santé ou encore les éducateurs. L'objectif étant de sortir les professions de leur établissement pour les intégrer en milieu scolaire directement. Cela permet une meilleure coordination et évite la rupture professionnelle que l'on observe chez certains parents qui ne peuvent plus travailler. L'idée est de faire participer tout le monde car on avance plus vite et on gagne du temps. C'est vraiment le cœur de notre projet. Après, bien entendu, se pose la question des locaux, de salles dédiées, de plateau technique également dans des établissements... Nous ne ferons pas tout en un seul jour !

Le handicap a été érigé au rang de priorité par le Président de la République, Emmanuel Macron. Très concrètement, quelles mesures seront mises en place durant le quinquennat qui soient susceptibles d’apporter plus d’équité entre les citoyens porteurs de handicap et les autres ? 

Notre objectif est de transformer la vie quotidienne au cœur de la cité. Nous avons démarré par la revaloriser l'allocation aux adultes handicapés (AAH) qui représentera jusqu'à un 13ème mois en 2019. Pour nous, il ne s'agit pas d'un coût supplémentaire mais bien d'un investissement efficace pour accompagner l'autonomie. Notre second objectif concerne l'accès à l'emploi. Muriel Pénicaud, la ministre du travail, a présenté à la fin du mois d'avril le projet de loi relatif à la liberté de choisir son avenir professionnel, dont un volet concerne le handicap. En effet, le taux d’accès à l’emploi des personnes handicapés est faible avec 500 000 travailleurs handicapés demandeurs d’emploi. L’obligation fixée par la loi de 6% de personnes en situation de handicap dans les entreprises n’est pas atteinte. Dans les faits, ce chiffre est de 3,4%. Une concertation commune est en cours avec les partenaires sociaux pour simplifier cette obligation afin d'éviter les contraintes lourdes pour les employeurs. Dans le même temps, nous souhaitons faciliter les reconnaissances de handicap avec des droits plus longs. Comment accepter qu'une personne handicapée soit obligée tous les trois ans de prouver son handicap ?

Plusieurs associations dénoncent la loi Élan qui enterre l’ambition d’avoir des logements neufs accessibles à tous. Comprenez-vous cette déception ? Le gouvernement évoque des logements évolutifs. Seulement, cela risque d’engager des coûts supplémentaires à terme pour les propriétaires et donc pour les locataires porteurs d'un handicap… 

Il y a surtout une volonté de proposer un plan évolutif à 100%. Nous conservons l'ambition mais nous la renforçons par une dimension d’accessibilité plus forte qui prévoit des solutions d'autonomie dans les nouveaux logements. J'ai presque envie de dire, du trottoir au logement en passant par le salon, les toilettes, la salle de bain... Mais aussi les ascenseurs ! Nous sommes sensibles aux remarques des associations et nous regardons attentivement le seuil réglementaire pour imposer un ascenseur dés le premier étage d'un immeuble et non pas au quatrième comme aujourd'hui. Une personne pourra donc demain bénéficier de logements qui seront susceptibles d'évoluer en fonction de sa dépendance. Des aménagements anticipés permettront de répondre à n'importe quel moment à tout accident de la vie. C'est finalement une façon innovante de penser à l'avenir, de s'adapter aux évolutions et aux risques. C'est vrai que l'on change de vision, mais notre volonté est de répondre à toutes les situations de handicap.

Les auxiliaires de vie scolaire qui s’occupent des enfants handicapés dans les écoles demandent davantage de reconnaissance (formations, revalorisation de leur salaire…) Le gouvernement a-t-il prévu de répondre à leurs attentes ? Si oui, quand ? 

On y répond déjà à travers les contrats aidés par exemple qui ont été transformé au profit des AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap). Il s'agit de personnels essentiel pour les élèves et nous souhaitons renforcer leur présence dans les établissements mais aussi assurer une pérennisation de leur contrat. Ce sont souvent des emplois précaires dont le temps de travail n’excède pas les 24h-26h par semaine. Nous regardons l'opportunité de basculer sur des temps pleins avec un complément de temps du type temps périscolaires ou encore au domicile des élèves.  Nous devrions atteindre les 4 800 contrats de ce type à la rentrée prochaine. Mais le problème majeur aujourd'hui c'est le recrutement. Un budget est ouvert mais on ne trouve pas le personnel car les conditions de recrutement sont trop lourdes. Un décret va sortir très rapidement pour assouplir ces conditions.

Pour finir, le Département assure le financement de la PCH (prestation de compensation du handicap (*), compensée en partie par l’État. Au vu des difficultés financières, notamment du Gard et de la décision du Gouvernement de revaloriser cette prestation, l’État va-t-il donner davantage de moyens aux Départements pour financer cette allocation ? 

Le Département comme vous le savez a la compétence du volet social (demandeur d'emploi, handicap, personnes âgées). Le schéma départemental en matière de handicap est fixé. Il nous faut regarder aujourd'hui comment, de façon intelligente, nous pouvons l'harmoniser afin d'y intégrer l'habitat inclusif et la mutualisation de la PCH. Cela restera toujours moins coûteux que de créer des établissements spécialisés. Je tiens à souligner le travail remarquable réalisé par le Département du Gard avec les MDPH (maison départementale du handicap) en association avec les structures dédiées au handicap. La solution, le Gard nous le montre, c'est le partenariat. Le gagnant-gagnant ! C'est le clé de la réussite d'une bonne politique qui implique tous les acteurs au service des français.

Propos recueillis par Abdel SAMARI

* La prestation de compensation du handicap (PCH) est une aide financière versée par le département. Elle est destinée à rembourser les dépenses liées à la perte d'autonomie. Son attribution dépend du degré d'autonomie, de l'âge, des ressources et de la résidence.

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Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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1 commentaire sur “LE 7H50 de la ministre Sophie Cluzel : « Notre volonté est de répondre à toutes les situations de handicap »”

  1. Chantage au périscolaire, mon avis :

    Oui, c’est juste mon avis que je vous expose là, mais comme souvent, il est pas fait d’il y a 10 minutes et ça fait un moment que je le mature en pesant le pour et le contre…

    L’on entend un peu partout que l’EN compte, pour pérenniser et déprécariser nos emplois, nous confier des missions de périscolaire avec l’enfant que nous accompagnons sur le temps scolaire. Cela nous est présenté comme le moyen de nous faire faire plus d’heures et donc plus de sous… pour moi c’est un chantage immonde d’autant plus qu’on oublie le principal intéressé : l’enfant.

    Lorsque nous accompagnons un élève en situation de handicap dans ses apprentissages scolaires et sur le temps scolaire, nous accompagnons donc… un élève… qui travaille, apprends, et à qui nous tentons, autant que faire se peut, d’assimiler les codes et conduites à tenir propices à ces apprentissages. Ce fameux « métier de l’élève » (que j’aime pas mais comme il est souvent employé… pourquoi pas)

    L’école, et le collège/lycée ensuite, sont des lieux où l’enfant passe beaucoup de temps, c’est un lieu de vie, de travail, souvent éprouvant, et il a besoin de souffler… il a besoin de loisirs, il a besoin de ne plus être élève mais enfant, le temps périscolaire apporte cela.

    Mais, si vous me permettez une analogie un peu bizarre, est ce que vous iriez, vous, à la piscine ou à la plage, vous baigner et vous détendre en tailleur ou costard ?

    Sur le temps périscolaire ce n’est plus un élève, c’est un enfant, qui a besoin de souffler… alors oui, il est porteur de handicap qui nécessite sans doute d’être accompagné, mais… j’affirme qu’il ne doit que dans d’extrêmement rares cas très spécifiques, être accompagné par son AESH de la journée…

    Être AVL (auxiliaire de vie et de loisirs) c’est un autre métier qu’AESH, et ce n’est pas à nous de le faire, pour le bien de l’enfant…

    Donc l’appât qui nous est agité devant le nez pour avoir un salaire complet en nous poussant à faire plus d’heures, de construire notre futur épuisement professionnel, et qui se ferra au détriment de l’élève/enfant, il nous faut le « bouder » de toutes nos forces.

    C’est en tout cas mon avis, ma conviction, et j’espère désormais, un peu la vôtre aussi 😉

    (Mon credo: AESH, 1 SMIC pour 27h30 hebdo devant élève! la voilà la déprécarisation 😉 )

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