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LE 7H50 de Jean-Paul Boré : « Les Municipales ? J’ai mis six mois à m’en remettre ! »

« Lessivé » par les Municipales de 2014, le Nîmois aborde plus détendu celles de 2020. S'il a réactivé son association TPNA (Tous pour Nîmes et son Agglo), Jean-Paul Boré jure qu’il ne sera plus tête de liste.

Jean-Paul Boré, ex-candidat aux Municipales de 2014 et porte-parole de l'association politique TPNA (Tous pour Nîmes et son Agglo) (Photo : Coralie Mollaret)

Objectif Gard : Comme De Gaulle, vous avez lancé votre appel du 18 juin ?

Jean-Paul Boré (sourire) : Notre pays a déjà prouvé qu’il était capable de faire fi des petites querelles au nom de l’intérêt général. Lundi soir, notre association TPNA est passé à l’acte en lançant un appel à l’unité pour dépasser les querelles de boutiques. En 2020, je n’ai pas envie de laisser la ville au Rassemblement national (ex-Front national)  parce qu’il y aura eu un défaut de rassemblement de tous les démocrates. Mobilisons-nous !

En 2014, vous passez à deux doigts d'une participation au second tour des Municipales. Nous sommes en 2018. Qu’avez-vous fait ces quatre dernières années ?

J’ai continué à être conseiller régional jusqu’à 2015. J’ai également une activité professionnelle. Comme j’ai horreur du vide, je me suis laissé totalement bouffer par mon entreprise. Je suis à environ douze heures par jour !

Votre association TPNA était donc en sommeil ?

Évidemment. Même si on se réunissait… On a fait quelques initiatives sur la plateforme de fret de Garons. D’ailleurs, tout le monde nous a promené ! Malgré les promesses de certains élus, il n'y a toujours rien ! Après, nous ne sommes pas comme certains qui tirent dès que le président de Nîmes métropole ou le maire de Nîmes font un truc. Notre conception n’est pas de nous cantonner à être les meilleurs opposants de leur politique.

Aujourd’hui, vous n’êtes plus conseiller régional. Est-ce un handicap ?

Bien sûr, mais c’est un choix. Je savais que j’aurais une période un peu compliquée. Quand vous n’êtes plus élu, vous êtes beaucoup moins audible. Il y a un système qui est en place. La presse en fait partie. Elle fonctionne avec ce qui existe. C’est un fait.

En 2017, Emmanuel Macron a été élu sur le dépassement du clivage droite/gauche. Vous en parliez déjà en 2013. Le Président vous a volé l’idée ? 

(Rires) Oh ! J’aimerais que tout le monde me copie, ce n’est pas un problème !

L'élection d'Emmanuel Macron peut-elle profiter à votre mouvement ?

Ça crédibilise notre démarche, c'est sûr. Ce qu’a engagé Emmanuel Macron, ça a séduit des millions de gens. Il aurait fait ça il y a 20 ans, ça aurait échoué… Nous, on l’a tenté à Nîmes en 2014, on était trop en avance. Aujourd’hui, c’est devenu à la mode. Ça ne veut pas dire non plus que nous allions y arriver.

Vous vous sentez proche d’Emmanuel Macron ?

Je suis proche de la démarche, pas de la personne. Nonobstant, il y a des choses qui me plaisent et d’autres non. D’un point de vue de ma responsabilité à TPNA, peu importe de savoir ce qui m’intéresse sur le plan national. Je suis pro-européen, je prendrai position. Je suis anti-Front national… Ça, ça ne me gêne pas de le dire.

Le problème de ces grands rassemblements, c’est la diversité. Chacun arrive avec ses idées, ses convictions, son histoire. Comment mettre tout le monde d’accord sur un même projet ?

Au contraire ! Nous allons construire un vrai projet citoyen ensemble. Il sera partagé par le maximum de gens. C’est ce que nous avons fait en 2014. Même le maire sortant (et réélu, NDLR), Jean-Paul Fournier, disait qu’on était les seuls à avoir un vrai projet… On avait fait 600 réunions ! On va recommencer !

Avez-vous pris contact avec d’autres partis politiques ? Des personnalités nîmoises ?

Oui. On doit être à 25 ou 30 rencontres. Il y a des gens sincères qui sont venus lundi soir à notre permanence rue de la République. D'autres qui n’ont pas pu venir et se sont fait représenter, comme la députée En Marche! Françoise Dumas. Et il y a ceux qui attendent… C’est vieux comme le monde, ça ! Mais nous devons créer dès à présent les conditions d’un véritable projet citoyen. Tout l’été nous allons constituer un collectif. À l'automne, ces gens désigneront un comité de campagne pour les Municipales. Notre association sera simplement une force d’appui, comme elle devait l'être en 2014.

C’est-à-dire ?

On ne va pas refaire l’histoire, mais en 2014 on était destiné à être la boite à idées de Damien Alary. Le président socialiste du Département finalement n’est pas allé aux Municipales. Il nous a trahi. Nous nous étions alors trouvés dans l’obligation d’être candidat.

À Nîmes, il y a plusieurs « mouvements citoyens » comme celui du socialiste Jérôme Puech ou du Républicain Olivier Jalaguier. Projetez-vous de vous allier ?

Jérome Puech devait venir et puis il s’est dégonflé ! Olivier Jalaguier aussi ! Ils me disent tous qu’ils sont d’accords, seulement il y a d’abord le nombril. Moi je m’en fous, je ne veux plus être tête de liste !

Les Municipales, c’est fini pour vous ?

Non, ce n’est pas fini. Mais tête de liste, c’est pas mon truc. Je ne devais pas l’être en 2014. Vous savez ce que c’est d’aller à cette élection sans parti politique derrière ? Je me suis lessivé et j’ai mis six mois à m’en remettre ! S’il y a une personnalité qui sort et reçoit l’assentiment de tout le monde, même si elle n’est pas bien connue, pourquoi pas ! Vous savez, Jean Bousquet a été élu comme ça à Nîmes.

Propos recueillis par Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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