A la unePolitique

ALÈS AGGLO Le projet de territoire et le pacte financier avec l’État adoptés

27 conseillers communautaires ont voté contre le pacte financier État-collectivités. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Lors du dernier conseil d’agglomération avant la trêve estivale, les conseillers communautaires ont voté dans la douleur le pacte financier avec l’État, et à l’unanimité l’actualisation du projet de territoire à 73 communes.

Il y a des votes qui restent en travers de la gorge. C’est le cas du pacte financier État-collectivités, inscrit dans la loi de programmation des finances publiques pour 2018-2022, qui oblige les régions, départements, métropoles, grosses intercommunalités et grandes villes à réaliser 13 milliards d’économie sur leurs dépenses de fonctionnement. Comme 322 collectivités de France, Alès Agglomération avait jusqu’au 30 juin pour décider de signer, ou non, ce contrat.

Avant de laisser place aux débats, le président Max Roustan a fait part de sa volonté d’accepter ce pacte financier : « Je sais que certains d’entre vous sont contre. Mais si nous ne signons pas, inévitablement, nous serons ponctionnés l’an prochain. Et avec la pénurie que nous connaissons aujourd’hui, nous ne pourrons pas faire autrement que de toucher aux services publics. Alors, je vous demande de me suivre sur cette solution, non pas parce qu’on est d’accord mais car nous ne pouvons pas prendre ce risque vis-à-vis de nos populations. »

27 voix contre le pacte financier

Mais sur ce coup-là – une fois n’est pas coutume – une petite mais non négligeable partie de l'assemblée ne marche pas dans les pas de son président. Patrick Malavieille, vice-président de l’agglomération et maire de La Grand’Combe dégaine le premier : « L’État parle de contrat de confiance mais où est la confiance lorsqu’il considère les collectivités comme ses services déconcentrés ? (…) Avec ce pacte, c’est le colbertisme qui frappe à notre porte. »

Mêmes réactions pour Serge Bord, maire de Saint-Julien-les-Rosiers, pour qui ne pas résister reviendrait « à oublier notre devise républicaine » ; pour Sylvain André, maire de Cendras, qui estime cela « gravissime que des collectivités aient voté ce contrat » ; ou encore pour l’élu Jean-Michel Suau qui considère que « c’est l’heure du courage politique. » Seul le maire de Saint-Jean-du-Gard Michel Ruas ose une remarque à contre-courant : « Vous voulez résister, mais après ? Ce n’est pas parce qu’on vote pour ou contre que nous gagnerons en autonomie ! » Sur les cent treize conseillers communautaires, vingt-sept votent contre le pacte financier et cinq s’abstiennent.

Unanimité pour le projet de territoire

L’approbation du projet de territoire, actualisé à 73 communes (lire ici), a été beaucoup moins douloureuse. « C’est un projet qui a été bien accepté et bien vécu par la population », souligne Max Roustan. Après plusieurs mois de réflexions et de concertations, Ghislaine Soulet, conseillère communautaire en charge de ce travail, a présenté aux élus les trois grands axes de développement : l’emploi et les activités économiques, la qualité de vie, et les solidarités territoriales et sociétales.

« C’est un aboutissement heureux, toutes tendances politique confondues », se réjouit Serge Bord avant que l’opposant Jean-Michel Suau se lance dans une longue tirade à l’heure où le coup d’envoi du match Angleterre-Belgique titillait quelques élus. Courroucé, le maire d’Aujac Bernard Rosset-Boulon se sauve bruyamment en soupirant tandis que d’autres conseillers alimentent un brouhaha général. « Tout le monde sait que M. Suau est très très long, laissez-le faire sa messe sinon après on dit que je donne pas la parole ! », s’amuse Max Roustan. La messe dite, l’assemblée s’est prononcée à l’unanimité sur ce projet de territoire, cadre de référence de l’action collective pour les dix prochaines années.

Élodie Boschet

Etiquette

Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

Vous aimeriez aussi

1 commentaire sur “ALÈS AGGLO Le projet de territoire et le pacte financier avec l’État adoptés”

  1. Il était temps que certains élus prennent enfin conscience et refusent les règles dictées par le gouvernement qui n’ont qu’un seul but restreindre encore plus les services publics et cela avec leur aval.
    Cette nouvelle « règle » de ne pas augmenter les dépenses de fonctionnement de plus de 1,2% est tout aussi aberrante et ridicule que la « fameuse » règle d’or des 3% de déficit sur le PIB Ce calcul savant qui n’a pas de justification économique car le « déficit sur PIB» compare des comptes publics (avec des dépenses publiques pour construire des écoles, des hôpitaux, des routes, etc. pour le futur), et le PIB, qui est un indicateur de richesse économique de l’année en cours. Outre la discordance de temps, «on ne peut pas considérer que le déficit public, appréhendé comme un indicateur de bien-être, est le résultat recherché de la croissance».
    Forcer les collectivités territoriales à bloquer ou diminuer leurs dépenses de fonctionnement c’est les forcer à diminuer le service public, car outre les intérêts d’emprunts qui sont réglés sur cette section budgétaire, ce sont bien et il faut le préciser également, les dépenses de personnel qui représentent en moyenne 30% de la section de fonctionnement, qui sont visées.
    Et qui dit moins de dépenses de personnel dit moins de personnel et donc moins de services publics.
    Le FMI l’a reconnu lui-même, l’austérité n’est pas le remède mais bien la cause de la « crise »
    L’austérité, c’est l’abaissement du travail, c’est l’appauvrissement des plus pauvres, des emprunteurs, des jeunes, de la France de demain. L’austérité nuit à la mobilité sociale, à la redistribution des richesses, son action désinflationniste laisse l’argent dans les mains de ceux qui le possèdent et accable l’investissement. L’austérité vise à culpabiliser les plus fragiles, ceux qui bénéficient de transferts, comme si la crise économique était la faute des petits retraités, des chômeurs, des jeunes, des classes trop moyennes pour espérer gravir l’échelle sociale.
    Alors oui il est temps que TOUS nos élus refusent de nous embarquer dans cette galère et expriment haut et fort le refus de cette politique suicidaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A lire également

Close
Close

Adblock a été detecté.

Merci de nous aider en désactivant votre blockage de publicité