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FAIT DU JOUR Jean-Paul Fournier : « Je suis un homme neuf »

Stop ou encore ? Le maire Les Républicains de Nîmes se laisse jusqu’au printemps pour décider s’il briguera un quatrième mandat aux élections municipales de 2020.

Le maire Les Républicains de Nîmes, Jean-Paul Fournier (Photo : Coralie Mollaret)

Objectif Gard : Parlons d'abord de votre santé. Comment allez-vous ?

Jean-Paul Fournier : Ça va très bien. Il y a deux mois, j'ai subi une opération du dos pour une hernie discale. J'ai aussi été opéré du genou et ça fait deux ans que j'ai subi mon quadruple pontage. Au total : trois opérations en deux ans. Je suis un homme neuf !

Dans une précédente interview (au Sénat, 2015) vous disiez que si les conditions étaient réunies, vous quitteriez la mairie de Nîmes en 2020. Le sont-elles aujourd'hui ? 

À vrai dire non. Ça me laisse peut-être l'espoir de me représenter... Je prendrai ma décision au printemps, soit un an avant les Municipales de 2020. Mais je dois réfléchir avec ma famille et mes amis. J'ai 72 ans. C'est un petit peu "lourd" une mairie. Il me reste pas mal de projets à réaliser. Si je veux les mener à bien, il faut que je sois en forme et que j'ai la volonté de le faire.

Plusieurs de vos adjoints ont exprimé leur envie de vous remplacer mais, finalement, personne n'est en capacité de revendiquer légitimement votre succession...

C'est vrai. Il y a des gens de qualité mais personne ne ressort. Mon premier adjoint Franck Proust aurait pu hériter de ce poste mais il souhaite continuer à être député européen. D'ailleurs, il n'aura pas de souci pour être bien placé sur la liste nationale (...) Après, j'ai fait le tour de mes autres adjoints : Julien Plantier, en charge du sport, est encore un peu jeune et la candidature de Richard Tibérino, délégué à la sécurité, n'a pas trop été prise au sérieux...

On peut aussi vous dire que vous n'avez préparé personne à vous succéder...

Franck Proust aurait pu. Vous savez être maire, c'est un poste délicat et difficile. Il faut faire l'unité parmi les siens. Être un leader... Il faut aussi une vision et un programme. Le jour de la défaite de la droite en 1995, j'ai immédiatement annoncé ma candidature pour 2001. J'ai travaillé pendant six ans. On avait la niaque !

Ça fait 17 ans que vous êtes maire. Sincèrement, vous n'en avez pas un peu marre ? 

Non. D'ailleurs cette situation me motive à me représenter. (...) Et s'il y a un risque que la droite perde la Ville, ça m'interpellera d'autant plus.

Votre ex-adjoint Yvan Lachaud a été le seul à se démarquer de vous. Et, comme vous sous la mandature de Jean Bousquet, ses délégations lui ont été retirées... 

Il manque pas mal de choses à Yvan Lachaud. C'est quelqu'un qui n'a pas de colonne vertébrale, qui n'est pas honnête. Maintenant, on voit qu'il veut aller vers Macron... Il aura tout fait ce garçon ! Quelqu'un qui l'avait bien jugé, c'est l'ancien président socialiste du Languedoc-Roussillon, Georges Frêche : il l'appelait zig-zag !

Votre directeur et votre directrice-adjointe de cabinet ont récemment quitté leur fonction. Ça donne un peu le sentiment que les rats quittent le navire, non ? 

Ce ne sont pas des rats quand même... Je ne m'attendais pas du tout au départ de Jean-Albert Chieze, mon directeur de cabinet. On a travaillé ensemble pendant 13 ans. Marie Gervais a accepté une proposition dans le privé. Ça m'a un peu ému mais je m'y fais.

Vous êtes en train de choisir un nouveau cabinet. Faut-il s'attendre à un cabinet de combat pour préparer les Municipales ou une équipe pour gérer les affaires courantes ? 

Dans un premier temps ce sera pour gérer les affaires courantes. Selon ce que je déciderai au printemps ce sera un cabinet de combat. On aura un nouveau directeur en septembre. Pour ce poste, je ne prends jamais quelqu'un de mon entourage. À Nîmes, lorsque l'on connaît trop les gens c'est difficile de ne pas tenir compte de leur avis. Pour l'instant j'ai reçu quatre candidats. Je suis en pleine réflexion.

Pour remporter les Municipales il faut rassembler. Une alliance avec La République en marche est-elle possible ? 

Non. Je ne suis pas fait pour ça. J'ai un profil politique et je m'y tiens. Aujourd'hui, nous ne pouvons nous allier avec aucun parti mais il y a toutefois certains centristes. Moi, j'ai viré Yvan Lachaud mais pas les autres adjoints, qui sont partis d'eux-mêmes. D'ailleurs, Yvan Lachaud va être mal (sic)... S'il veut partir avec Macron, il va devoir le soutenir aux Européennes et soutenir aussi sa politique. Après avoir soutenu Sarkozy et Fillon, il va faire le grand écart.

Si vous briguez un 4e mandat à quoi servira-il ? 

Il y a encore plein de choses à faire. À commencer par poursuivre les projets déjà établis comme le centre éducatif Jean-d'Ormesson, la pépinière Pichon. Il y a aussi les Terres de Rouvière : une cinquantaine d'hectares au nord de Nîmes que l'on a rachetée à l'État. On en fera un grand centre de loisirs avec des pistes  cyclables et de VTT. Il y a aussi la prolongation de la voie urbaine sud, l'éco-quartier Hoche, en parallèle du lancement de la deuxième tranche de l'université en 2022. On peut aussi évoquer le nouveau stade de Nîmes Olympique pour lequel nous avons demandé l'estimation des Domaines. L'opération de renouvellement urbain prendra plus de temps que prévu du fait que l'État ne nous aide financièrement qu'au hauteur de 35%. On construira aussi le Palais des congrès là où nous l'avions prévu, près du musée de la romanité. Et je me bats toujours pour l'inscription au patrimoine de l'Unesco.

Finalement, la non-inscription de Nîmes à l’Unesco vous a empêché de partir par la grande porte ?

J'ai été très déçu. C'est un projet qui dure depuis 15 ans. On voit les experts de l'Icomos (International council on monuments and sites) en septembre et on représentera notre candidature en 2020. Ça m'a motivé pour continuer ! En 2018, avec le musée de la romanité et l'Unesco ça aurait été l'année Fournier. Ce n'est pas le cas... Bien sûr que tout homme politique veut partir par la grande porte. Après il faut avoir la possibilité de le faire. 

Propos recueillis par Abdel Samari et Coralie Mollaret  

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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9 réactions sur “FAIT DU JOUR Jean-Paul Fournier : « Je suis un homme neuf »”

  1. C’est vrai que Fournier a tout verrouillé depuis 17 ans, ne permettant à personne de prendre la suite, la droite se trouve dans une impasse et un manque de tête, il s’est fâché définitivement avec Lachaud, donc il n’a aucune marge de manœuvre et aucune alliance possible. La seule chance c’est qu’il devra faire face probablement à une multitude de candidats ( PS,
    PC, En marche/Lachaud, FN, TPN-Boré, et probablement d’autre). Potentiellement il peut gagner, mais simplement en tête du 2nd tour sans avoir +de 50% des voix.
    Fournier est un bon Maire, mais à mon sens pas un très bon gestionnaire. La ville s’est dégagée au profit de l’agglo de beaucoup de compétences sans pour autant diminuer de façon considérable la dette en 17 ans d’en mandat. Quand il a créé l’agglo, celle-ci était riche et quand il en est parti il l’a laissé sans un sous et surtout pendant tout ce temps sans reeel projet de développement économique (c’est pourtant là dessus que l’essentiel de l’effort doit être mené). Il faut rendre à César ce qui lui appartient de ce côté là Lachaud mène un travail considérable qui va dans le Bonn sens avec les handicaps que lui à laissé Fournier.
    Ne parlons pas non plus de l’aéroport qui n’a pas eu beaucoup d’ambition et qui en plus est au bord de la cessation de paiement (il lui manquait que ça…….).
    Après Fournier a de super projet pour sa ville, il l’a rendu belle et agréable.
    Le problème de Fournier et compagnons s’est qu’il est un homme sectaire, qui n’accepte ni les’ critiques, ni les conseils, ni n’est ouvert à la discussion contrairement à son rival Lachaud.
    J’ai peur que s’il gagne les élections, il gagnera aussi l’agglo et il,remettra en cause tout ce qu’a fait Lachaud (par orgueil) pourtant ce qu’il fait à l’agglo va dans le bon sens surtout en terme de développement économique, promotion du territoire, enseignement (tout est lié, les LR disent qu’il va trop loin, mais ce sont de mauvais donneur de leçon en la matière car pour ce domaine eux ils ne vont pas trop loin.
    NÎmes est toujours une ville endormie au niveau economique, des quartiers entiers du centre sont à bannir tant il « pourrissen » de l’interieur, la voirie est abominable, et les énergies de cette ville on dû mal à être fédérée.
    J’i L’impression que Fournier est un grand politique, j’entand Cela par le fait qu’il me donne l’impression de créer des problèmes pour ensuite y apporter des solutions, se plaçant ainsi en « sauveur » .
    J’en reviens toujours au développement économique, il est LA clef de la réussite, faire venir des entreprises. Sur le territoire s’est s’assurer des rentrées fiscales, de l’emploi et donc du pouvoir d’achat, tout ceci permettant de soutenir le commerce de pouvoir réaliser les projets nécessaire à la cité sans attendre parfois les calendes grecques, mais Fournier ne met assez toute son énergie la dedans.
    J’ai toujours soutenu Fournier depuis le début, mais maintenant ça suffit, s’il doit y avoir un combat Fournier Lachaud c’est vers le second que je me tournerai car le risque que Fournier jète à la poubelle ce qu’a Fait Lachaud, même si ça va dans le Bon sens et qui est le plus important pour notre cité est plus grand que l’inverse, et ça s’est pas possible et pas enteable et impossible d’en avoir la conviction que cela ne sera pas fait.
    C’est vrai que Lachaud est une véritable girouette, mais il a là capacite De discuter avec tout le monde, de ne pas être sectaire, ce que ne sait pas faire Fournier qui pense qu’il n’y a que ses idées qui sont les bonnes et les autres c’est des C………. Mais ce n’est qu’un ressenti.

  2. S’il était comique, il serait drôle!
    Condamné par la justice, quitté par les siens, désavoué par l’Unesco, et les Nîmois n’en peuvent plus!
    Fournier basta…

  3. bravo lecteur 30 !
    fournier a transformé la ville qui est belle après le retard des années communistes mais n’a jamais essayer de s’engagé dans le développement économique de la ville ou sur les quartiers ou rien ne se passe ! Nos enfants doivent partir cherché sur montpellier ou ailleurs s’il veule s’échapper du quartier. ce n’est pas une ville musée que nous voulons, c’est une ville qui bouge avec des formations, de l’emploi, des quartiers désenclavés et moins d’impot, parceque là le maire n’a jamais rien fais, c’est super dur d etre proprio à Nîmes même au chemin bas ! on se fais matraquer par la taxe foncière. En 2020 il faut un vrai gestionnaire et avec une vision d’entreprise comme pourrait l’avoir en effet lecteur 30 yvan lachaud, une vision pour les quartiers aussi, on meurt ici a petit feu , l’emploi ici chez les jeunes il est dans le trafic c’est grave ..

  4. L’équipe Fournier-Lachaud a fait son temps place de la Mairie et au Colisée.
    Aujourd’hui cette équipe se déchire, elle est à bout de souffle lorsque Nîmes a plus que jamais besoin d’envie, de volonté, d’ambition, de niaque pour avancer. Elle a besoin de jeunesse.
    Bien sûr, je pense au président du groupe Rassemblement National, Yoann GILLET, qui incarne ce profil pour porter haut les couleurs de notre ville autour de son développement, de son rayonnement et de notre bien être.

  5. Et voila un maire qui se dit honnête !!!!
    Condamné en 2010 pour prise illégale d’intérêt, le sénateur-maire de Nîmes a été suspendu pour un an de ses décorations.

    Le sénateur-maire UMP de Nîmes, Jean-Paul Fournier, a été condamné jeudi à une amende de 15 000 euros pour prise illégale d’intérêt par la cour d’appel de Nîmes. Il a toutefois échappé à une peine d’inéligibilité.

    Le sénateur-maire était poursuivi dans une affaire immobilière, dite «du Diamant noir», datant de mai 2003. Il avait alors vendu un terrain dont il était propriétaire à Nîmes, situé dans une impasse non raccordée au réseau public d’eau potable.

    Or, neuf jours après la signature définitive de cette vente, les travaux de raccordement avaient été votés par le conseil communautaire de Nîmes Métropole qu’il préside. Une enquête avait été ouverte par le parquet de Nîmes à la suite d’une plainte déposée en juillet 2003 par un conseiller municipal Verts, Silvain Pastor, partie civile au procès.

  6. Comment pourrions nous mettre encore J.P. Fournier aux commandes de la ville , il dit être tout neuf, mais moi je trouve qu’il est un homme affaibli tant dans sa démarche que dans sa diction, et certainement dans ses méninges, mais ne l’accablons pas il n’est pas responsable de sa maladie, mais de ses mandats oui !!!
    La ville de Nîmes meurt , les commerces ferment comme jamais, rue Général Perrier, rue de la République, rue Nationale, les boulevards etc…
    Tout va sur les extérieurs, impossible de se garer, les restos et certains cafés ferment dés 19h, pas de boulot, pas d’entreprises, que des monuments à la gloire de fournier, maire bâtisseur mais pas maire créateur d’emplois !!!
    Nîmois réfléchissez pour 2020 !!!!

  7. Il est dommage de constater depuis trop longtemps d’ailleurs que J.P FOURNIER est un adepte de la guerre des clans et des conflits de personnalité dont la guerre incessante : FOURNIER – LACHAUD hélas triste démonstration c’est fatigant. Mon sentiment est que s’il se représente en 2020, il le fera avec pour seul objectif de contrer voire empêcher l’éventuelle élection de Yvan LACHAUD ce ne sera pas dans l’intérêt de NIMES et de ses habitants c’est grave de promouvoir un tel égo. Une grosse pincée d’humilité lui serait bénéfique. De surcroît il n’a pas dans ses troupes un potentiel futur candidat qui selon lui y aurait les compétences requises pour y devenir MAIRE. Le rôle d’un Maire n’est plus ce qu’il était ça ne va pas s’arranger eu égard des transferts de compétences. A force de bricoler et de tenter l’impossible il prend le risque de redonner à l’opposition les clefs de la Mairie … le bilan de ses différents mandats ça pourrait y être pire … cependant au niveau du développement économique, de l’emploi, de la sécurité, de l’environnement et de propreté de la ville ça laisse à désirer. Aucune structure territoriale sur NIMES ne prend l’enjeu du développement économique et de l’emploi au sérieux : les entreprises s’implantent ailleurs … les quelques une qui se fixent sur NIMES interviennent pour l’essentiel dans le domaine de la logistique fixant de fait un panier moyen très bas qui ne favorise pas la consommation avec des salaires au plancher minimum. Certes personne qu’il s’agisse d’élu ou pas ne réussit tout quel qu’en soit le domaine. Il est cependant urgent (on le dit depuis longtemps) de développer NIMES au niveau de son activité économique et de l’emploi qui en découlerait ce sont là les garanties basiques mais indispensables et pérennes pour son avenir. La Jeunesse ne sera plus contrainte de s’exiler pour vivre et travailler , la ville s’est améliorée certes mais faisons en sorte de pouvoir y rester, y vivre et y travailler décemment.

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