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FAIT DU JOUR Tour de France : souvenirs et microsillon 28 tours de Robert Legros !

L’ancien photographe gardois du journal l’Équipe a couvert la Grande boucle de 1952 à 1994. Vingt-huit Tour et autant de souvenirs à vous donner le tourni !

Le retraité Blauzacois a connu les plus grandes heures du Tour de France et il a côtoyé les plus grandes légendes du cyclisme. Rencontre.

En matière d'événements sportifs il a tout connu ! En tant que photographe au journal l’Équipe, Robert Legros a couvert 28 Tour de France, 9 jeux Olympiques, 2 coupes du monde de rugby, 22 éditions des 24h du Mans… Sur tous les continents et pendant quatre décennies, le bonhomme a trimbalé ses objectifs et son boitier. Mais la Grande boucle tient une place particulière dans la boite aux souvenirs de Robert Legros. Installé à Blauzac depuis 24 ans, l’ancien photographe se souvient de cette époque.

« Eddy Merckx était chiant, mais c’était le plus grand cycliste de tous les temps »

C’est en 1952 qu’il débute sur la célèbre course cycliste et cette année là c’est l’Italien Fausto Coppi qui l’emporte. « Un homme intelligent. Un peu distant mais c’était un Monsieur ». Des grands champions Robert va en rencontrer beaucoup dans sa carrière. À commencer par Jacques Anquetil. «Un Normand, comme moi. J’ai bien aimé les Tours de France avec lui car il était beau à photographier sur son vélo ».

Robert Legros sur la moto avec son appareil photo (Photo Presse-sports L’équipe)

Autre quintuple vainqueur du tour de France côtoyé par l’ancien photographe, le Belge Eddy Merckx dit le cannibale car il croquait toutes les courses et sa soif de victoire était inextinguible. « Un caractère très difficile. Il était chiant mais c’est le plus grand cycliste de tous les temps », raconte admiratif le photographe.

«Poulidor c'est le super Français : gentil et sympathique»

Dans la catégorie des immenses cyclistes au fort caractère il y a Bernard Hinault, qui avait hérité au sein du peloton du surnom de Blaireau en regard de son tempérament tenace. « Il est un peu râleur. C'est un Breton. Il ne faut pas lui marcher sur les pieds. Mais quand on le connait bien, il est gentil ».

Jacques Anquetil, le coureur préféré de Robert Legros (Photo Robert Legros / L’équipe)

Mais est-il possible d’évoquer le Tour de France sans parler de Raymond Poulidor ? Non, bien sûr. Robert Legros n’a pas de mots assez forts pour décrire son admiration pour le plus célèbre des cyclistes français. «Merveilleux. C'est le super Français : gentil et sympathique. Il a encore un succès fou. Il est adorable ». Et l’ancien journaliste tient à préciser : « il a quand même gagné des courses et c’était un grand coureur ».

Mais le Tour c’est aussi des drames. En 1967, sur les pentes de Mont Ventoux, le Britannique Tom Simpson meurt. Aujourd’hui encore ce triste événement suscite la controverse sur fond de dopage. Un souvenir douloureux pour Robert qui était ami avec ce coureur. « Nous avions l’habitude d’échanger pendant la course pour déconner. Dans la montée, je lui ai dit : « vas-y ! accroche-toi ! » Il ne m’a pas répondu. Cent mètres plus loin, il tombait. Les médecins l’ont remis sur le vélo. Il est à nouveau tombé. Mais cette fois, il était mort ». Legros est aussi là, quand en 1971, l'Espagnol Luis Ocaña, maillot jaune du Tour, chute lourdement dans la descente du col de Menté (Haute-Garonne).

Le célèbre cliché de Luis Ocaña après sa chute en 1971 (Photo Robert Legros / L’équipe)

Le photographe a connu aussi quelques frayeurs. Sur une étape en Belgique, Jacques Godet, son patron lui demande de mettre un casque pour faire de la moto. Le jour même la moto se renverse et Robert fait une lourde chute. « Le casque m’a peut-être sauvé la vie. Auparavant j’avais fait dix Tour de France sans mettre de casque et je n’étais jamais tombé ».

« Antoine Blondin c’était mon copain. Un type vraiment adorable »

Les années Tour de France c’est le temps des copains journalistes avec les Legros, Couderc, Chapatte et Lallane. Il y a aussi Antoine Blondin. L’écrivain passionné de sport est aussi chroniqueur pour L’Équipe. Une grande amitié voit le jour avec Robert qui n'est jamais en peine de se chercher des "désaltère ego", comme il disait. « C’était mon copain. Antoine avait toujours les bons mots. Il était d’une extrême gentillesse. Un jour nous sommes allés ensemble en Australie et nous avions sept escales. À la première escale il était déjà bourré et il a dormi tout le reste du temps. C’était un type vraiment adorable ».

En 1960, le général de Gaulle salue Nencini, le maillot jaune (Photo Robert Legros / L’équipe)

Aujourd’hui, Robert Legros regarde moins le Tour de France à la télévision. L’époque a changé et les rapports entre les coureurs et les suiveurs ont évolués. « Je suis incapable de vous citer le nom d’un cycliste actuel. Ils ont le casque et les lunettes. On ne connait même pas leur visage ».

À bientôt 90 ans, l’ancien reporter se replonge dans ses souvenirs avec bonheur et il ne regrette rien. « Si je devais refaire ma vie, je choisirais le même métier », souligne le Gardois aux 28 tours de France pour qui la roue a tourné sans que ne s'achèvent vraiment les révolutions du délicieux manège aux souvenirs. Encore un p'tit tour Robert ?

Norman Jardin

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