Société

NÎMES Soins « contraints » en psychatrie ?

(Photo Anthony Maurin).

La Commission des citoyens pour les droits de l’Homme (CCDH)* s'est rendue devant les portes du Centre hospitalier universitaire de Nîmes pour manifester contre les abus de soins sous contrainte. L'établissement Nîmois conteste fermement les éléments de cette pseudo association de défense des patients. D'autant qu'il s'agit d'une émanation de l'Eglise de scientologie.

Selon les statistiques 2016 de la commission des soins psychiatriques du Gard, la législation en matière d’internements sous contrainte ne serait pas respectée. Selon la loi, il existe plusieurs dispositions légales pour procéder à l’internement d'une personne. Les mesures d’urgence ou de péril imminent font partie de ces dispositions et doivent être utilisées à titre exceptionnel car elles n'offrent pas suffisamment de garanties pour éviter les abus.

(Photo Anthony Maurin).

En effet, l’hospitalisation forcée en cas d’urgence nécessite un seul certificat médical au lieu de deux dans le cadre d’une admission à la demande d’un tiers. Quant aux soins dans le cas d'un péril imminent, cette procédure permet à un seul et même psychiatre d’interner de force n’importe quel citoyen, sans l’accord de la famille ou des proches.

Selon la CCDH : "l’utilisation de ces procédures est particulièrement alarmante dans le Gard car elles représentent 82% des internements sans le consentement des directeurs d’établissements. Même si la loi précise que ces mesures doivent être utilisées à titre exceptionnel... C’est ainsi que dans le Gard, l’exception est devenue la règle !"

Espérons que les humains soient traités en tant que qu'humains... Heureusement, les animaux sont interdits, alors... (Photo Anthony Maurin).

L'association apparentée à l'Eglise de scientologie enfonce le clou : "les chiffres montrent que les psychiatres ne respectent pas la loi et les droits des personnes hospitalisées sous contrainte. Le centre hospitalier universitaire de Nîmes est l'un des trois établissements psychiatriques du département ayant le droit d'effectuer des hospitalisations sans consentement. La CCDH s'inquiète de constater un tel manquement et non respect de la loi relative aux soins sous contrainte dans le Gard."

Face à la virulence de ces accusations, la direction du Centre Hospitalier de Nîmes rappelle que cette association "a été jugée par une commission d’enquête parlementaire comme ayant des dérives sectaires, (émanation de l'église de scientologie, considérée comme une secte en France) et qui est même dénoncée à cet effet par MIVILUDES et la Ligue des droits de l’homme."

Et de rappeler : "il semble important de vous informer que la législation en matière de soins psychiatriques sans consentement est totalement respectée au CHU de Nîmes. Notre direction et l’équipe médicale sont très vigilantes au respect de la loi et nous sommes contrôlés chaque année par la Commission départementale de soins psychiatriques (CDSP). Nous sommes également certifiés et 100 % de nos hospitalisations se font dans le respect de la loi et des procédures."

*Cette association a été cofondée en 1969 par le psychiatre américain Thomas Szasz et l'Eglise de scientologie qui est considérée comme une secte en France. Ses deux principales structures françaises – la librairie SEL et le Celebrity Centre – ont été définitivement condamnées, en octobre 2013, à des amendes de 200.000 euros à 400.000 euros pour escroquerie en bande organisée.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 33 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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2 réactions sur “NÎMES Soins « contraints » en psychatrie ?”

  1. Lancer cela comme ça sans se sposer d’autres questions relève de l’incompetance. Pourquoi à t on recours à ce genre de procédures plus qu’ailleurs. Rappelons que le Gard est un département sinistré, la population ayant un risque psy y est plus élevé qu’ailleurs. C’est un département où l’acces Aux soins n’est pas une évidence pour tous, c’est un département avec u e population avé ce une grande pauvreté et plus qu’ailleurs, et l’on sait que plus on est pauvre Plus , l’acces A la santé Est restreint, laissant parfois des situations se dégrader. Cela se vérifie dans tous les domaines de la santé : préventif et curatif et physique et mentale.
    Alors ceci explique peut-être cela.

  2. Je tiens à apporter quelques précisions en tant que Présidente de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme, suite à la parution de cet article ci-dessus.
    La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme se bat depuis plus de 40 ans pour que les droits de l’homme soient respectés dans le domaine de la psychiatrie (pour plus d’information : http://www.ccdh.fr ).

    Les témoignages que nous recevons chaque jour de patients, d’anciens patients ou de leurs familles révèlent hélas que le respect de ces droits est loin d’être une réalité en France.

    Pour les bénévoles de notre association, c’est encore et toujours une surprise de constater la fréquence des abus : interdiction pour des familles pourtant aimantes de voir leur proche hospitalisé en psychiatrie, usage abusif de la contention et des chambres d’isolement, enfermement de patients pourtant venus librement demander de l’aide et des soins, utilisation de la procédure d’hospitalisation sous contrainte pour des buts tout autres que des buts thérapeutiques, maltraitance, administration sous contrainte de drogues psychiatriques en doses massives ayant pour conséquence des dégâts souvent irréversibles sur la santé des patients, électrochocs, etc.

    A travers de ses différentes actions, notre association s’attache à lutter contre ces abus, à les dénoncer et à informer le grand public à ce sujet.
    Chaque année, en France, plus de 75 000 hospitalisations psychiatriques sans consentement et plus de 70 000 électrochocs sont administrés chaque année dans les hôpitaux psychiatriques français. La France reste à ce jour l’un des premiers pays prescripteur et consommateur de psychotropes en Europe, et ce bien que les effets secondaires nocifs de ces traitements soient désormais largement reconnus.

    L’association Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH) a été créée en 1969 aux États-Unis par l’Église de scientologie et le professeur émérite de psychiatrie américain Thomas Szasz. Elle existe en France depuis 1974. La CCDH compte parmi ses membres des scientologues et de nombreuses personnes de dénominations, croyance et culture différentes. Les scientologues ne sont pas les seuls à observer les violations des droits de l’homme et abus commis en psychiatrie.

    Face aux propos tenus dans cet article, il me semble toutefois indispensable, par respect pour les scientologues membres de notre association, de rappeler certains faits.

    La France a été épinglée à de nombreuses reprises pour son intolérance vis-à-vis des minorités religieuses. La liste noire de 172 mouvements mis à l’index, publiée en décembre 1995 par une commission parlementaire , n’a aucune valeur officielle. Pour preuve, toutes les décisions administratives faisant référence à cette liste ont été systématiquement annulées par les tribunaux. La circulaire du Premier Ministre du 27 Mai 2005 recommande de ne pas utiliser cette liste, estimée « de moins en moins pertinente », et d’éviter de « mettre certains groupements à l’index ». Enfin, le Ministère de l’Intérieur, dans un courrier du 10 Mars 1998, rappelle qu’ « aucun mouvement n’a jamais été classé comme secte par la République ».

    L’ Église de Scientologie a obtenu des centaines de reconnaissances religieuses de tribunaux et d’autorités administratives, affirmant notamment le caractère philanthropique de ses activités. Elle compte plus de 10 millions de fidèles dans le monde, avec plus de 9000 églises, missions et groupes dans plus de 165 pays. La Cour Européenne des Droits de l’Homme a réaffirmé en 2007 et en 2009 le droit à la liberté religieuse des scientologues dans les 47 pays qui ont ratifié la Convention européenne pour la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales, dont la France.

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