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NÎMES Petite balade au musée de la Romanité…

C'est avec l'adjoint à la culture de la ville de Nîmes que nous avons visité le musée de la romanité. Coups de cœur de Daniel-Jean Valade.

Sur la ligne du bas, on peut y lire les caractères grecs évoquant Nîmes (Photo Anthony Maurin).

Une fois n'est pas coutume, c'est avec l'adjoint à la culture et le responsable des musées de la ville de Nîmes que nous sommes allés visiter les principaux établissements nîmois.

Premier dans l'ordre, le nouveau musée de la romanité. Daniel-Jean Valade vous dévoile ses principaux coups de cœur. "C'est la première inscription où Nîmes est stipulée, c'est écrit en Grec ", lance l'élu. En effet, une fois l'escalier hélicoïdal grimpé, sur votre droite vous avez la première inscription notable de la cité gauloise.

Le buste de Russan, ses chevaux tracés et racés, ses lignes pures et sa couleurs estompées mais présentes (Photo Anthony Maurin).

Peu après dans le sens de la visite, n'oubliez pas le buste de Russan. " C'est un buste magnifique avec des lignes rares et comme je suis un cavalier, j'apprécie les chevaux que n'avais pas remarqué avant la restauration de cette statue. On voit encore quelques traces de polychromie, c'est exceptionnel. "

Le linteau de Nages avec ses chevaux qui rappellent les guerres de religions et Jean Cavalier (Photo Anthony Maurin).

Toujours dans la zone gauloise (Volques Arécomiques) du musée, levez les yeux et regardez en hauteur. " Le linteau dit de Nages me rappelle toujours les chevaux. Outre la grande qualité de la sculpture, cela me ramène à Jean Cavalier et à ses chevaux de race Camargue lors des guerres de religions... "

Deux belles pièces (Photo Anthony Maurin).

Au musée, vous pouvez également vous prendre d'intérêt pour la plus petite anecdote. Les pièces de monnaie en recèlent et en voici deux d'exception. " Je suis numismate et j'aime le travail de la monnaie ", souligne notre guide du jour.

Trois bornes milliaires qui annonçaient le nombre de kilomètre restants sur une voie romaine. La plus haute est celle d'Auguste. Il manque celle de Jean-Paul Fournier ? Une petite place sur la colonne moderne de la structure du Musée ?(Photo Anthony Maurin).

Pièces importantes, les bornes milliaires. " Ma borne préférée est celle d'Auguste. Ici, vous avez l'élégance à l'état pur. Nous avons pris la même police de caractère pour le socle de la statue de Christian Montcouquiol Nimeño II. C'est une très belle pièce, le témoignage sensible d'une époque. On repère le nom et la titulaire de l'empereur, c'est un bel exemple de la politique romaine. C'est aussi la puissance romaine. C'est une charge de civilisation et d'émotion très forte, une sorte de totem politique ".

En haut les taureaux de l'extérieur des arènes, en bas un long morceau du "boudin" qui encercle le premier rang de la piste (Photo Anthony Maurin).

Autre typicité nîmoise, l'amphithéâtre bimillénaire y est bien mieux conservé qu'ailleurs. " C'est le bord des arènes, le boudin comme on l'appelle aujourd'hui. À l'époque il était sculpté et comportait des inscriptions. C'est très rare de l'avoir conservé en l'état. Au-dessus, comment ne pas parler des deux taureaux de la porte de l'empereur. Ces avants-corps sont magnifiques. Je les connaissais depuis mon enfance et, une fois élu, j'ai demandé à ce qu'on les restaure. Il restait un peu de financement donc nous avons fait un bon nettoyage et les voilà ! Avant on ne les voyaient même pas et maintenant ils sautent aux yeux. Vu que nous y sommes, en regardant la plaque qui est affichée dans la salle cruciforme des arènes (NDLR au sous-sol de la piste), je rêve d'une rue au nom de Crispius Rebulus mais c'est très difficile... "

Les bucranes, Nîmes avant l'heure (Photo Anthony Maurin).

Dans la salle des frises antiques, quelques pépites. " Ces bucranes ont été le centre de l'affiche du cinquantenaire de la feria de Pentecôte. Ils sont exceptionnels. Idem pour les aigles et leur plumage. On note la qualité de la sculpture et du détail. Chez les romains on disait une aigle et un foudre, c'est drôle. Pourquoi l'aigle ? Parce que c'est Jupiter, il vole plus haut que tout le monde, il est plus puissant. Mais il faut se dire que personne ne voyait tout cela ! Le sculpteur sculptait pour se faire plaisir ".

La fin de la jambe de Neptune, le rostre du navire et en bas, le monstre marin (Photo Anthony Maurin).

Plus loin, à proximité de la grande mosïque, la statue trouvée sur l'avenue Jean-Jaurès, le magnanime Neptune. " C'est un détail, un tout petit détail, mais je l'aime beaucoup. Aux pieds de la statue de Neptune, on voit un rostre, l'éperon d'abordage que l'on positionnait sur la proue du navire quand on parle de bataille marine. Mais plus petit encore, on devine un monstre marin un peu effrayant. "

Un des deux yeux d'Oudjat  du musée de la romanité, un œil sur la ville(Photo Anthony Maurin).

L’œil d'Oudjat, l’œil égyptien, une particularité architecturale du musée. Peu de Nîmois comprennent de l'extérieur, c'est normal, c'est de l'intérieur que le génie opère. " L'architecte a été très intelligente et a dégagé deux yeux dans les angles du musée. C'est intéressant car de ces emplacement, en-dehors de la vue générale vers l'extérieur qui est sublime, on arrive à comprendre la structure intérieure du musée. On voit comment la façade a été faite et la complexité du travail qu'il a fallu. On a l'impression d'être dans le cerveau du musée et de voir la ville. "

Le propylée élevé à 15 mètres du sol. Un augustéum nîmois qui rappelle toute l'importance de Nîmes la romaine (Photo Anthony Maurin).

L'histoire nous appartient, à nous de la respecter et de la faire vivre. Le patrimoine nîmois est aussi bien conservé grâce à l'emploi constant qu'en ont fait les Nîmois. "André Chamson disait : " quand j'étais enfant, j'ai coulé entre mes doigts la poussière de l'empire ". Je jouais sur ce fronton... C'est important de voir et d'avoir cet élément archéologique, c'est le pivot du musée. On peut y lire la République de Nîmes. Ça peut donner une conscience politique aux Nîmois et ça rassurent les réboussiers ! "

Un autel votif, pas tout à fait comme les autres (Photo Anthony Maurin).

Il faudra bien en parler. Quand l'Histoire passe, le temps dépasse les hommes. " Les cippes funéraires sont splendides et sont très bien mis en valeur. Si je devais voler deux choses dans ce musée, en voilà une. Cet autel votif. L'harmonie y est parfaite et on y sacrifiait dessus. Le texte est merveilleux, les bords sont ornés, la police de caractère est biseautée. Il y a du gaulois, Zeus et une pureté incroyable dans la gravure. Les cippes sont des monuments très humains pour un moment très humain. C'est métaphysique, esthétique, bref, c'est Gallimard avant la lettre ! D'ailleurs, sachez que je n'écris qu'en police Garamond, y compris pour rendre hommage à l'homme (Garamont pour le monsieur). Pour en revenir aux cippes, je ne comprends pas qu'actuellement les Nîmois ne s'approprient pas ce genre de monuments funéraires. Il faudrait y penser sérieusement. Ça serait marrant et/ou émouvant "

La frise chronologique de l'empire romain (Photo Anthony Maurin).

Plus ludique, une paroi vitrée et des grandes loupes grossissantes pour admirer l'art des pièces de monnaie. " Cette frise romaine est très appréciée. Tous les empereurs y figurent et les monnaies sont forcément identiques mais uniques. Elles étaient toutes frappées individuellement et avec précision mais certaines, comme celle de Vercingétorix, sont si rares qu'elle nous ont été données par la douane ".

Le parfait masque d'Apollon (Photo Anthony Maurin).

" Voilà le deuxième objet que je pourrais voler ici : le masque d'Apollon. Dommage qu'il ne soit pas mis en valeur car c'est peut-être la plus belle pièce du musée. C'est magnifique, c'est une pièce majeure qui représente beaucoup. Elle était peut-être éclairée de l'intérieur, allez savoir mais en tout cas le style est très pur ! ". Un style pur que l'élu aimerait retrouver dans son salon. Impossible voyons !

Une allégorie de la politique nîmoise selon Daniel Jean Valade (Photo Anthony Maurin).

Et après la monnaie, voilà l'allégorie de la politique au musée. Peut-on dire que c'est aussi l'allégorie de la politique à Nîmes ?

Sabots, évangile et élu, triptyque éclectique pour carte de vœux (Photo Anthony Maurin).

" Je veux en faire ma carte de vœux ! L'évangile de Luc avec les sabots d'un taureau, j'adore ! C'est un sacré clin d’œil taurin comme il y en a partout dans le musée. Le texte est en Latin mais il n'a certainement pas encore été traduit. Il faudrait se pencher dessus. Rendez-vous compte, un taureau qui tient l'évangile entre ses sabots, à Nîmes, c'est la culture tauromachique sacrée. "

La frise de l'église de Saint-Martin des arènes (Photo Anthony Maurin).

Du musée aux arènes, éternel va-et-vient cultuel et culturel. Si aujourd'hui comme à l'Antiquité l'amphithéâtre était un lieu de spectacles, au Moyen-Âge il servait de foyer à nombre de Nîmois. " C'est un très joli exemple de ce qu'il reste d'une église du Moyen-Âge. Cette frise vient de Saint-Martin des Arènes. Elle est magnifique et quelques blocs sont à regarder avec attention tant il y a des détails. Comme pour les romains à l'époque, les sculpteurs sculptaient certainement pour se faire plaisir. Voilà le résultat quelques siècles plus tard. "

Une hydrie laconienne (Photo Anthony Maurin).

Magnifique frise et magistrale autre pièce de musée, l'hydrie laconienne. " Elle me fait beaucoup penser au cratère de Vix ".

L'askos tant aimé par Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis d'Amérique (Photo Anthony Maurin).

Finisson par rester dans la boisson. Thomas Jefferson est venu plusieurs fois à Nîmes. " Il a pris pour modèle la Maison carrée afin de construire le Capitole de son état... Quand il est revenu, il a fait faire un exemplaire en bois de cet askos pour en faire une copie qu'il a offerte à un architecte français (Charles Louis Clérisseau). Lors de notre deuxième mandat, quand les amis de Jefferson sont venus à Nîmes, nous avons pu sortir l'askos original pour leur montrer et qu'ils puissent le tenir dans les mains. Ils étaient très émus. "

L'exposition temporaire sur la gladiature est à voir jusqu'au 24 septembre et honnêtement, ne la ratez pas. " Voir tous ces casques, jambières, fresques... Cela confère aux valeurs culturelles, artistiques et intérieures de la force brute. Comme en tauromachie avec le toro et le costume de lumières. " En sortant du Musée, n'hésitez pas à flâner dans la boutique-librairie. " J'apprécie beaucoup les références que l'on y trouve. Sarah fait du très bon boulot. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Sarah a su travailler dans l'urgence et en toute efficacité. "

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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