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FAIT DU JOUR Les conseils de lecture des libraires gardois

La directrice de la librairie Sauramps, à Alès, Roberta Pouget, présente l'un de ses livres coup de coeur. Photo Tony Duret / Objectif Gard

En cette période estivale, les libraires de Sauramps à Alès et Teissier et Goyard à Nîmes dévoilent leurs coups de cœur du moment. Que vous soyez plutôt roman d'amour, d'aventure, ou bande-dessinée, voici ce qu'il faut lire pour s'évader encore un peu plus.

À la librairie Sauramps, une institution à Alès, tous les libraires présents le jour de notre reportage ont des coups de cœur. Le plus dur pour eux, finalement, est de trancher parmi les nombreux livres qu'ils proposent à leur clientèle. Roberta Pouget, la directrice de la librairie, se lance : "j'en ai deux à vous présenter. ''Le gang des rêves'' de Luca Di Fulvio et ''La maison au bord de la nuit'' de Catherine Banner. Le premier est une très belle histoire d'un enfant qui débarque à New-York et qui s'invente un gang : celui des rêves. C'est facile à lire, avec beaucoup d'humour et aussi une belle histoire d'amour. Le second est un livre très pétillant et rafraîchissant. C'est l'histoire d'un médecin qui acquiert une maison sur une petite île. Et petit à petit, elle se transforme en lieu de vie. C'est plein d'humanité".

À l'étage, Marine, la responsable du rayon BD et beaux-arts, a, elle aussi, l'embarras du choix. En BD destinée aux adultes, elle se tourne vers "L'obsolescence programmée de nos sentiments" de Zidrou et Aimée de Jongh, aux éditions Dargaud. "C'est un très bel ouvrage sur une rencontre entre deux personnes qui ne pensaient plus tomber amoureuses. Le sujet est très bien traité. C'est très juste et très chouette", explique Marine. Pour les enfants, elle se dirige vers "Le veilleur des brumes" de Robert Kondo et Dice Tsutsumi, aux éditions Grafiteen, "un album très poétique sur l'amitié et l'entraide".

Un autre coup de coeur de la librairie Sauramps. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Avant de quitter la librairie alésienne, Nathalie, postée à la caisse, nous propose un dernier détour vers des romans d'amour parce que "c'est l'été et il faut des lectures légères". Sans hésiter, elle jette son dévolu sur un livre qu'elle vient de finir deux jours plus tôt, "À la lumière du petit matin" d'Agnès Martin-Lugand aux éditions Michel Lafon. "C'est le changement de vie d'une femme qui approche de la quarantaine et qui va connaître une belle histoire d'amour", résume Nathalie avant de désigner un dernier livre, "Dans le murmure des feuilles qui dansent" d'Agnès Ledig, aux éditions Albin Michel, "un livre où le destin fait se rencontrer des protagonistes qui vont se battre contre la fatalité".

La librairie Sauramps (2, place Saint-Jean à Alès) est ouverte du lundi au samedi de 9h à 19h. Tel : 04 66 52 18 25.

Chez les frères Teissier, en plus de l'accueil parfait vous trouverez la lecture idéale (Photo Anthony Maurin).

Nîmes, Teissier et Goyard

À Nîmes, les librairies ne sont pas légion mais dans les meilleures on trouve toujours son bonheur. Chez les frangins Teissier, la librairie est une chose sérieuse. Ouverte depuis les années 1900, la boutique aux rêveries a son public mais n'hésitez pas à vous perdre dans la rue Régale pour y découvrir une maison pas comme les autres.

Ici, les conseils lectures ont des accents locaux. Jean-Pirre Milovanoff, un Nîmois qui habite Génolhac, vient de sortir Le coeur seul demeure chez Grasset (170 pages 17 euros). Prix Goncourt des Lycéens et Prix des Libraires, Milovanoff est une valeur sûre et vous faites dans le circuit court  en le lisant... Le cœur seul demeure  fait la part belle à l’inattendu et ce que l’on pourrait craindre ne se produit pas. Mais ce qui arrive est imprévu. Ainsi la déception et l’enchantement font jeu égal. Écrits dans un style limpide et poétique, ces neufs récits sauront toucher par leur diversité, leur charme et les surprises qu’ils ménagent.

(Photo Anthony Maurin).

Restons côté cœur et sur le territoire avec Jean Pey et les Lumières de garrigues, Nîmes des années 1970-1990, bouquin paru chez Atelier Baie (Nîmes encore). 25 euros pour un peu moins de 100 pages et des photos plein les yeux. Les sujets y sont soigneusement choisis, les contrastes magnifiés et les cadres sublimés par cette lumière typique que nos aïeux ont connu et qui illumine encore notre ciel aujourd'hui. Jean Pey, fut adjoint au conservateur pendant plus de trente ans du musée archéologique de Nîmes. En guise de journal intime, il a choisi très tôt la photographie pour fixer ses souvenirs et la garrigue nîmoise s’est imposée au fil des ans comme son île secrète. Son jardin mystérieux, un royaume de pierre et de lumière, d’ombre à couper et d’art de vivre. Un éden menacé.

Décidément les Nîmois sont en forme... Frédéric Viguier et son polar Aveu de faiblesses, paru en Poche, 192 pages contre 6,40 euros. Deuxième roman et visible deuxième succès pour Frédéric Viguier qui assure ici une certaine continuité dans son oeuvre. Vous y trouverez son univers glaçant et sombre qui emprunte tout à la fois au cinéma radical de Bruno Dumont et au roman social. Au drame d’un bourg désindustrialisé du nord de la France, Frédéric Viguier ajoute le suspense d’un roman noir. Dès lors, l’histoire d’Yvan, un adolescent moqué pour sa laideur et sa différence, accusé du meurtre de son petit voisin, prend une tournure inattendue.

La sélection à la façon "Teissier" pour votre été (Photo Anthony Maurin).

Autre polar et premier éloignement de notre bon Gard avec Renaud S. Lyautey. Les saisons inversées (meurtre au Quai d'Orsay) est paru chez Seuil, 247 pages 18 euros. Si le policier d'avant était sombre, que dire de celui-là? Un ponte du ministère des Affaires étrangères est retrouvé mort dans son salon à Paris. Cela faisait plus de vingt ans qu’un diplomate français n’avait pas été assassiné. Noirceur et enquête à tiroirs, ce polar diplomatique poignant s’infiltre au cœur du Quai d’Orsay. Renaud S. Lyautey est diplomate, il est actuellement ambassadeur de France dans un pays du Moyen-Orient. Les Saisons inversées est son premier roman.

Enfin, bien plus léger et pour décompresser après autant de frayeurs, place à la quiétude venue du pays du soleil levant. Le Japon est réputé pour son art de vivre et Mayumi Inaba n'y déroge pas. La péninsule aux 24 saison est un shoot de zénitude. Dans un paysage de mer et de falaises d’une beauté paisible, bien loin de Tokyo, une femme en désaccord avec le monde entreprend la redécouverte d’elle-même et passe des jours heureux d’une grande douceur. Vingt-quatre saisons, c’est le temps qu’il faut pour une renaissance, pour laisser se déployer un sensuel amour de la vie.

Librairie Teissier, du mardi au samedi en août au 11 rue Régale 30000 Nîmes. Tél. :04 66 67 44 06 ou sur librairie.teissier@wanadoo.fr.

Le vaste choix de Goyard (Photo Anthony Maurin).

Autre librairie dans la préfecture, Goyard mais toujours autant de choix et suggestions. Après son La vie secrète des arbres, Peter Wohlleben est passé à La vie secrète des animaux. Les animaux éprouvent-ils des sentiments, font-ils des cauchemars ou sont-ils aptes à faire des projets sur le long terme ? Voici une foule de questions qui peuvent paraître enfantines... Une fois de plus l'auteur nous fait regarder la nature autrement.

Changeons de décor et passons à la Méditerranée avec Gioconda, un de ces petits livres que l'on n'oublie pas. En Grèce lors de la Seconde Guerre mondiale, deux adolescents vont découvrir la magie du désir et de l'amour. Que d'éloges sur cette oeuvre majeure et de lecteurs comblés par tant de sentiments. L'auteur, Nìkos Kokàntzis, né à Thessalonique en 1930, découvrira l'amour avec Gioconda en 1943. Juive, celle-ci sera déportée à Auschwitz… et n'en reviendra pas. En 1975, Kokàntzis décide de raconter leur histoire d'amour, afin que Gioconda revive à travers ses mots. Il est mort en 2009.

Les déracinés de Catherine Bardon viennent compléter l'offre pour adultes. Une grande saga familiale parfaite pour l'été, basée sur des faits réels quasiment oubliés par l'Histoire. Le sort des êtres pris dans les turbulences du temps, la perte des rêves de jeunesse, la douleur de l'exil et la quête des racines. Une fresque formidable. Une grande histoire d'amour. La création, durant la guerre, d'un kibboutz en République dominicaine... Vienne, 1932. Au milieu du joyeux tumulte des cafés, Wilhelm, journaliste, rencontre Almah, libre et radieuse. Mais la montée de l'antisémitisme vient assombrir leur idylle. Au bout de quelques années, ils n'auront plus le choix : es voilà condamnés à l'exil...

Pour les plus petits, qui ont le droit de lire, tentez l'An'imagier À la mer. À partir de trois ans pour 8,5 euros, cet ouvrage propose de découvrir l'univers du bord de mer à travers des mécanismes très simples à activer. Les poissons, les crabes, le sable, la crème solaire, le maillot de bain et les mouettes n'auront plus de secrets pour votre enfant et en cette saison, ça vaut la peine !

Sinon vous avez toujours le rayon des sports ! (Photo Anthony Maurin).

Librairie papeterie Goyard au 34 boulevard Victor Hugo 30000 Nîmes. Tél. : 04 66 67 20 51 ou sur librairie.goyard@free.fr.

En un clin d’œil Sauramps :

Le gang des rêves de Lucas Di Fulvio , aux éditions Slatkine. 9,40€

La maison au bord de la nuit de Catherine Banner, aux éditions Pocket. 8,60€

L'obsolescence programmée de nos sentiments de Zidrou et Aimée de Jongh, aux éditions Dargaud. 19,99€

Le veilleur des brumes de Robert Kondo et Dice Tsutsumi, aux éditions Grafiteen. 16,50€

À la lumière du petit matin d'Agnès Martin-Lugand aux éditions Michel Lafon. 18,95€

Dans le murmure des feuilles qui dansent d'Agnès Ledig, aux éditions Albin Michel. 20€

Clin d’œil Teissier :

Pour rester très local et dans le rare, l'Abécédaire des Fêtes votives par Antoine Martin (130 pages 25 euros). Édité Au Diable Vauvert, la librairie en a encore mais c'est la dernière fournée... Sinon et dans la même thématique très estivale, songez aux Fous de Fêtes votives du même auteur au sein de la même maison d'édition. Humour décalé, écriture ciselée et ton attendri assurés. Une vie de fête et d’observation dans cette retranscription des ambiances des villes et villages autour des terres camarguaises.

Le local chez Teissier... (Photo Anthony Maurin)
... et chez Goyard (Photo Anthony Maurin)

Etiquette

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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1 commentaire sur “FAIT DU JOUR Les conseils de lecture des libraires gardois”

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