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POLITIQUE Les débuts de… Eddy Valadier

L’entrée en politique de nos élus éclaire sur leur façon d’exercer le pouvoir et laisse parfois présager de leur avenir.

Eddy Valadier (au centre), maire de Saint-Gilles et conseiller départemental du canton de Saint-Gilles (Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard)

Travailleur acharné, Le Républicain s’est battu bec et ongles pour conquérir Saint-Gilles. Plus qu’un engagement politique, une véritable histoire d’amour…

L'idylle entre Eddy Valadier et la politique prend naissance aux portes de la Petite Camargue, à Saint-Gilles. Son père, artisan-maçon, est alors adjoint à la voirie sous les mandatures de messieurs Girard et Gronchi . « Il ne s'est jamais encarté dans un parti politique, même s’il avait le cœur à droite », raconte Eddy Valadier, « sa priorité, c’était Saint-Gilles. C'est comme ça qu'il m'a transmis l'amour de ma ville. »

Petit, le Saint-Gillois baigne « dans un climat de gestion où les projets se concrétisent par leur réalisation. » Ce pragmatisme n’a jamais quitté Eddy Valadier. D’ailleurs, ce n’est pas rare de voir le quinquagénaire inspecter lui-même les travaux de rénovation de l’abbatiale ou des halles Baltard. La politique partisane ? Le jeune homme la découvre à Nîmes, lorsqu'il s’engage au Rassemblement des Jeunes Républicains pendant ses années lycées.

« Mon adolescence était la période de toute-puissance de François Mitterrand. À la maison, on ne partageait pas les valeurs socialistes qui ont conduit aux nationalisations des entreprises », explique-t-il. L'étudiant part à Montpellier pour suivre un master en chimie. Son engagement militant est mis en suspend. Quelques années plus tard, il décroche un poste à l’Agence de l’eau à Montpellier où il aide les communes à monter leurs dossiers pour des travaux d’eau et d’assainissement. Une autre façon de faire de la politique…

« Je dois beaucoup à Jean-Paul Fournier »

Installé dans sa nouvelle vie, Eddy Valadier reprend ses activités militantes. « J’ai commencé sans ambition avec l’envie de militer, d'échanger, de discuter. Je n’avais pas le profil du leader ! », reconnaît l'intéressé. Un soir, il décide d’assister « tout seul » au meeting de Jacques Chirac à Montpelier, pour la Présidentielle de 1995 : « j’ai croisé dans les couloirs un vieux copain du collège, Richard Flandin. Lui, était très engagé chez les Jeunes RPR (Rassemblement pour la France). »

Après la victoire de la droite à la Présidentielle, son camarade lui propose de s’occuper des jeunes du sud du département : « Richard Flandin venait d’être élu délégué départemental. Il avait envie de lancer une vraie dynamique avec les jeunes en maillant le territoire. » C’est à ce moment-là que le virus de la politique contamine Eddy Valadier : « pendant 15 ans, j’ai milité de façon acharnée et j’ai franchi toutes les étapes du soldat RPR. »

Le Saint-Gillois prend du galon au sein de la fédération. Il devient membre du comité départemental, secrétaire de circonscription avant d'être élu aux Régionales de 2010. Les premiers combats politiques faisant office de test, il se frotte à Olivier Lapierre aux Cantonales (futures Départementales) de 2001. En vain... Son abnégation séduit toutefois le patron de la droite gardoise, Jean-Paul Fournier : «  il a toujours été reconnaissant vis-à-vis de ceux qui s’engageaient fidèlement et sans compter. Je lui dois beaucoup ! »

La traversée du désert

En 2008, Olivier Lapierre se présente aux Municipales saint-gilloises, avec Eddy Valadier en deuxième position. L’entente ne dure que quelques années. Face aux difficultés relationnelles et stratégiques, une partie de la majorité démissionne, dont Eddy Valadier. Celui-ci se présente contre Olivier Lapierre aux Municipales anticipées de 2010. Comme souvent, la division a raison de la droite et voit l'avènement du maire socialiste Alain Gaido.

Les conséquences sont lourdes pour Eddy Valadier qui perd son poste de secrétaire départemental adjoint. Soutenu par ses amis Richard Flandin et Richard Tibérino, adjoint à la sécurité à Nîmes, Eddy Valadier n'abandonne pas la politique. L'opposant créé une association et travaille sur des projets alternatifs. « Je sais que Jean-Paul Fournier me regardait du coin de l’oeil », commente l’élu. Peut-être que la combativité du Saint-Gillois lui a rappelé la sienne à Nîmes en 1995.

D'ailleurs comme Jean-Paul Fournier il y a quelques années, Eddy Valadier commence à récolter les fruits de ses travaux sur Saint-Gilles. Dans la guerre entre Yvan Lachaud et Jean-Paul Fournier, certains taxent Eddy Valadier de servir ses intérêts particuliers en faisant l'éloge du président Centriste de Nîmes métropole, assez généreux à son endroit. « Mon seul parti, c’est Saint-Gilles », répond l'édile. Son futur slogan pour les Municipales de 2020 ?

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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