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FAIT DU JOUR : 9 201 jours plus tard, les Crocos se souviennent

Des joueurs ayant participé au dernier match du Nîmes Olympique en D1 ont fouillé dans leur mémoire et se rappellent de cette triste soirée.

 

L’effectif du Nîmes Olympique lors de sa dernière saison en D1, en 1992-93 (photo / DR)

Les Crocos n’ont plus joué dans l’élite du football français depuis le 2 juin 1993. Ce soir-là, Nîmes quittait la D1 avec une défaite aux Costières contre Le Havre. 25 ans après, ceux qui ont vécu cette rencontre témoignent.

Personne ne pouvait se douter à l'époque que le Nîmes Olympique mettrait aussi longtemps à remonter au plus haut niveau du football français. Un soir de printemps de 1993, dans un stade des Costières quasiment vide, une saison catastrophique prenait fin. Les adieux sont tout aussi triste, avec une nouvelle défaite sans panache. Si ce match n'avait rien pour rester dans les annales, des joueurs se souviennent encore de ce qui est, pour quelques heures encore, la dernière apparition des Crocos au niveau suprême.

Pabois : «Quand je parle de Nîmes, j’en ai la chair de poule»

Bruno Pabois, milieu de terrain, titulaire lors du dernier match.

Après ce match : Il reste à Nîmes jusqu'en 1995 puis il évolue à Dunkerque, Sedan (où il est finaliste de la coupe de France en 1999) et Brest.  Il entraîne ensuite la réserve de Brest, le FC Landernau et Plouguerneau. Désormais, il est stadium-manager du Stade-Brestois.

Son souvenir : « Nous étions dans l’expectative. Nous ne savions pas ce qui allait se passer la saison suivante. J’avais signé trois ans et demi pour jouer en D1. Quand je parle de Nîmes, j’en ai la chair de poule. Après Brest, c’est mon autre club de cœur. »

Son conseil pour les Crocos : « Avec Sedan, en D1, chaque année on nous prédisait une saison difficile mais nous parvenions à nous maintenir. Aux Costières, devant 15 000 personnes, ce ne sera pas facile pour les visiteurs. Il faut qu’ils gardent la même envie et le dynamisme que la saison dernière. »

Yannick Liron, défenseur, il était titulaire. Il est remplacé par Antoine Preget à la 84e minute.

Après ce match : En 1994, il part à Beaucaire puis à Alès et à Sète avant de revenir chez les Crocos en 2004. Après avoir été expert-comptable du club pendant des années, il devient président de l’association Nîmes Olympique en décembre 2017.

Son souvenir  : « Michel Mézy voulait faire plaisir aux jeunes et les jauger. Il nous demandait de nous battre et de respecter le club. L’atmosphère était pesante. Je me rappelle Laurent Blanc, dans les vestiaires. J’aurais presque pu lui demander un autographe. »

Son conseil pour les Crocos : « Ça va le faire ! Nîmes n’a rien à envier à certains club de Ligue 1. Ils vont vite apprendre. Il faut s’inspirer d'Amiens et d'Angers. Les Crocos doivent garder leur fougue et leur insouciance. »

Yannick Liron, avec les cadets nationaux du Nîmes Olympique (Photo / Collection privée Yannick Liron)

Didier Martel, titulaire au poste d'attaquant.

Après ce match : Il quitte Nîmes en 1995 puis il joue à Châteauroux, Valence et au PSG (avec qui il remporte la coupe de la ligue en 1998). Il prend ensuite la direction des Pays-Bas pour évoluer à Utrecht (ou il est élu joueur du l’année au Pays-Bas), Vitesse Arnhem et Helmond Sport. Il finit ensuite sa carrière à Lunel. Depuis une dizaine d’année, il est recruteur pour le FC Utrecht.

Son souvenir : « L’ambiance dans le groupe n’était pas très bonne. Les supporter nous en voulaient. Michel Mézy n’était pas content. Nous les jeunes qui avions commencé avec Cantona, Vercruysse et Cuciuffo, nous tombions en D2. »

Son conseil pour les Crocos : « Tout donner à chaque match ! Ne jamais se désunir. Cette équipe a potentiel et le staff fait un super boulot. Ça me rappelle des bons souvenir. J’aime ce club et cette ville .»

Derramond : « Michel Mézy a dit à René Girard : si on se faisait plaisir et qu’on fasse entrer Camille ? »

Camille Derramond quelques semaines après le fameux Nîmes – Le Havre (Photo / collection privée Camille Derramond)

Camille Derramond, milieu de terrain offensif il a remplacé Éric Garcin à la 74e minute.

Après ce match : Il se blesse gravement aux ligaments croisés du genou quelques semaines plus tard et il met un terme à sa carrière. Depuis 1996, il travaille dans une grande enseigne d’articles de sport, à Marseille.

Son souvenir : « Avant la rencontre je regardais Laurent Blanc qui jonglait dans les vestiaires. Je trouvais ce joueur humble. Il n’y avait pas grand monde dans le stade et nous étions déjà condamnés à tomber en D2. Sur le banc, je me souviens avoir entendu Michel Mézy dire à René Girard : « si on se faisait plaisir et qu’on fasse entrer Camille. »

Son conseil : « Sur le terrain tout va aller plus vite. Mais pour autant qu’ils ne changent rien. S’ils sont là c’est qu’ils le méritent. Il faut qu’ils gardent la mentalité exceptionnelle qui est la leur depuis trois ans. »

Allibert : « C’était un match fantôme »

Éric Allibert : Gardien remplaçant il a vécu le match sur le banc.

Après ce match : En 1999, il part de Nîmes pour Lille puis il joue successivement à Valence, Niort, Rouen et Dunkerque. Depuis 2016, il est entraîneur des gardiens de but du club Nordiste. Auparavant, il exerçait ce poste à Arles-Avignon.

Son souvenir  : « J’en garde un sentiment partagé. D’un autre coté j’avais 16 ans et je jouais habituellement en 17 ans nationaux, et là je me retrouve avec les pros. Tu côtoies des joueurs comme Cuciuffo, Perez et Blanc. Mais c’était un match fantôme, sans enjeu et sans ambiance. Il y avait de la tristesse. »

Son conseil pour les Crocos : « Garder leurs valeurs et de toujours rester les pieds sur terre. Tout va très vite dans le foot. Ils ont réussi à retrouver l’élite avec des ingrédients propres à l’identité du club. Il faut qu’ils surfent sur ces dernières saisons. Bonne chance à eux. »

Ludovic Gros, milieu de terrain, il était titulaire.

Après ce match : Il reste au club jusqu’en 1996 et participe à l’aventure en Coupe de France. Il joue ensuite à Beauvais, Thoune (Suisse), Alès et Sète. Il sera le coach des joueuses de Nîmes-Métropole pour la saison à venir.

Son souvenir : « Même si la situation du club était précaire, je n’ai pas un souvenir négatif. Michel Mézy faisait jouer les jeunes joueurs pour préparer la saison suivante. Ça lui permettait de nous jauger. »

Son conseil pour les Crocos : « Ne pas se mettre trop de pression. Ils méritent d’être en Ligue 1. Qu’ils croient en eux. Leur force, c’est la solidarité qui est la leur depuis plusieurs saisons. Revoir les Costières vibrer, c’est un vrai bonheur. »

Ce soir à 20h, ce Nîmes - Le Havre ne sera plus le dernier match du Nîmes Olympique en D1. Il tombera alors à jamais dans les oubliettes de l'histoire du club.

Norman Jardin

LA FICHE TECHNIQUE

Mercredi 2 juin 1993. Stade des Costières. Nîmes Olympique 0 – 2 Le Havre (mi-temps : 0-0). Spectateurs : 3 281. Arbitre : M. Batta. Buts : Goudet (69e) et Roux (84e).

Nîmes : Flory – Touron, Blanc, Sirvent, Liron (Preget, 84e) – Kachloul, Garcin (Derramond, 74e), Pabois, Gros – Martel, Monczuk. Entraîneur : Michel Mézy.

Le Havre : Piveteau – Uvenard, Mahut, Delaunay, Aubameyang – Goudet, Ba, Bénédet, Rio – Thiéhi, Roux. Entraîneur : Pierre Mankowski.

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