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NOMS DU GARD Aigues-Mortes, Aigues Vives : histoires d’eaux moyenâgeuses

Tout l’été, Objectif Gard vous propose de partir à la découverte de l’histoire des noms des villes et villages gardois. Une plongée dans l’histoire sous le prisme de la toponymie.

Autour d'Aigues-Mortes, des bras morts du Rhône ont formé canaux et marais au fil du temps …(photo véronique Camplan)

Aïgue ou Aygue est la forme francisée de termes issus de divers idiomes romans, qu'ils soient d'oc, franco-provençal et même d'oïl, et qui a pour signification « eau », issu du latin aqua (comme le français eau, anciennement eve, ewe). C'est donc bien l'eau qui est à l'origine du nom de ceux deux villes. Mais pour des raisons différentes.

Aigues Mortes n'a jamais vu la mer

Un port en eaux mortes. L’histoire d’Aigues-Mortes et de son origine serait incompréhensible, si elle n’était précédée de celle du sol même sur lequel saint Louis fonda en 1248 la ville où il s’embarqua pour sa première croisade. Une idée fausse est que Aigues-Mortes était un port de mer, puisque Saint-Louis s’y est embarqué. La mer s'était retirée de l'endroit fort longtemps avant cette époque. Aigues-Mortes fut donc comme Londres, Liverpool, Rouen, Bordeaux, Nantes, Hambourg, Venise… un port d’embarquement entouré d'eaux dites "mortes "puisque résultant de bras morts que le Rhône a laissé derrière lui au fil des crues qui l'ont fait abandonner son lit pour en créer un nouveau.

L'église enrichit les pêcheurs : Au milieu des marais de la petite Camargue, non loin des bords du Vidourle, une légère éminence portait jadis une puissante abbaye de bénédictins, située comme dans une île, entourée d’eaux stagnantes alimentées par les deux affluens du Vistre et du Vidourle. Les cantiques qui résonnaient jour et nuit sous les voûtes de son église lui avaient fait donner le nom de Psalmodi. Détruit par les Sarrasins, ce monastère fut rétabli par Charlemagne, qui, ayant enseveli dans ce cloître un fils naturel du nom de Théodomir, accrut les domaines de la communauté et lui donna la tour de Matafère, construite sur un bras du Rhône près de la mer pour protéger une bourgade de pêcheurs établis dans ce lieu et désignée sous le nom d’Aigues-Mortes.

Aigues-Mortes prospère. L’empereur ayant autorisé l’abbaye à recevoir toutes les donations, ses richesses s’accrurent rapidement, ainsi que le nombre des moines, qui sous Louis le Débonnaire était de 140. Les Sarrasins mirent fin une seconde fois à cet état prospère. Les religieux se dispersèrent pour obtenir, du roi Charles le Simple et des autres puissances le rétablissement du monastère. La comtesse de Provence, le comte de Toulouse, les évêques de Nîmes, d’Uzès et de Lodève, réunis en 1004 sur les ruines mêmes de l’abbaye, contribuèrent à cette œuvre pieuse, et en 1095 le monastère était plus riche qu’auparavant. À la même époque, les moines s’affranchirent de la tutelle des seigneurs temporels ou ecclésiastiques des environs ; en 1099, une bulle du pape Urbain II déclarait que l’abbé de Psalmodi ne relèverait désormais que du saint-siége. Dans le cours du XIIe siècle, l’abbaye devint de plus en plus florissante : elle était propriétaire de tout le pays environnant. Aigues-Mortes eut sa part de prospérité : des navires de Gênes, d’Alexandrie et de presque tous les points de la Méditerranée remontaient à travers les étangs qui communiquaient avec la mer, et jetaient l’ancre sous ses murs.

Aigues-Vives un village détruit se réinstalle autour d'une source

Aigues-Vives Site de fouilles de Pataran : sépulture  (photo D.R)

C'est autour d'une bourgade du nom de Pataran, Pataranum en 14343, qu'Aigues-Vives fut construit. En effet, au VIIe siècle, les Sarrasins ravagent et détruisent le village. La population se réfugie alors sur une colline proche, où se trouvait une fontaine d'eaux vives et abondantes. C'est autour de cette bourgade (ou villa) et de cette fontaine que les émigrés de Pataran bâtirent leurs demeures et la nouvelle agglomération prit le nom d'Aigues-Vives (Ayga-Viva). Ils choisirent ce nom en accord avec la source qui les avait décidés à se fixer à cet endroit. Aujourd'hui, on peut voir les ruines de Pataran non loin d'Aigues-Vives.

Sources :  Charles Martins, Une ville oubliée - Aigues-Mortes, son passé, son présent, son avenir. Wikisources. Pataran : http://www.aigues-vives.fr/ad_attachment/Pataran.pdf

 

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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