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FAIT DU JOUR Le plan « Pauvreté », enjeu gardois pour le Secours populaire

Myriam Fabre, secrétaire générale du Secours populaire gardois, évoque les enjeux locaux et la pauvreté dans notre département.

(Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

À quelques jours de l'annonce gouvernementale du Plan pauvreté, Myriam Fabre, secrétaire générale du Secours populaire gardois, évoque les enjeux du département, un des plus pauvres de France...

Le Gard est pauvre. C'est une vérité effrayante mais croissante. Avec l'annonce gouvernementale présentée le 13 septembre prochain, cela pourrait bien changer. " Pour l'instant, tout semble vague, peu cohérent et la presse donne des versions changeantes du plan pauvreté. Je suis comme saint Thomas, il faut que je vois pour croire. Remarquez, à ma place, on a tout intérêt à être comme ça ! ", annonce d'emblée Myriam Fabre.

Et de poursuivre, " nous avons de plus en plus de personnes, de familles ou de sans papiers qui viennent nous voir. Parfois, on les aide avec des produits alimentaires. On peut en héberger quelques uns. Nous faisons notre maximum mais c'est difficile. Avec la rentrée, les fournitures scolaires sont un problème. Jeudi dernier, nous étions chez notre partenaire Carrefour pour une opération caddie, ça a marché. Les transports Tango nous aident aussi mais dans les petits villages, c'est plus compliqué de mobiliser la population. Nous continuerons tout de même car ces personnes doivent retrouver une vie la plus normale possible dans leur situation ".

Il faut dire que le Secours populaire sait de quoi il parle. Le Gard est à la traîne partout sauf dans ce secteur humain. " En 2017, le Secours populaire gardois a aidé 15 000 familles. Rien que sur Nîmes, plus de 7 400... Depuis trois ou quatre ans nous notons une hausse constante et flagrante du nombre de personnes dans le besoin. Cet été, nous étions la seule structure ouverte et nous avions près de 30 personnes par jour. C'est incroyable ".

Les publics les plus touchés seraient aussi le plus fragiles : les retraités, les étudiants, les familles monoparentales... En fait, même les travailleurs le sont aussi. Pour les étudiants, le Secours populaire est présent chaque semaine sur le site de Vauban mais a des demandes de l'IUT, de la fac de Médecine et du site de la rue Hoche. " C'est aberrant de ne pas pouvoir continuer ses études à cause d'un manque de moyens ", assure la secrétaire générale gardoise. " Pour les retraités, on nous demande surtout de l'aide alimentaire mais toute la génération qui a connu la guerre n'ose pas venir. Parfois ces gens nous demandent de les aider à payer leurs factures mais bien souvent, ils préfèrent ne pas se chauffer pour économiser. En France, on ne fait pas de cadeau aux personnes âgées et maintenant, on les taxe ! ".

Braderie du Secours populaire. D.R/

Concernant le reste, rien de bien joli non plus. " Les travailleurs pauvres ont des petits salaires car ils ont des petits contrats. On ne peut pas faire vivre une famille avec 20 heures par semaine. C'est pour cela que de nombreuses familles mono-parentales arrêtent de travailler ". Mais que faire ? Le plan va-t-il répondre à autant de questions ? Quels leviers pourraient faire bouger les lignes ?

" Baisser la TVA pourquoi pas. Supprimer les impôts, taxes d'habitation et foncière pour les plus humbles, réduire les marges bénéficiaires des magasins qui abusent... Le partage serait moins difficile à digérer. Les pensions de réversion n'ont rien de logique. Il faut attendre six mois, comment faire pour vivre pendant ce laps de temps ? Les frais bancaires pourraient eux aussi être plafonnés. Les élus, avec leur salaire et leur quotidien, ne s'imaginent pas la vie et la détresse des gens. Il faut les toucher du doigt pour s'en rendre compte. Nous les invitons à venir passer quelques heures avec nous ! "

Pour la feria des Vendanges, n'oubliez pas les fameuses moules-frites du Secours populaire (photo archives)

Avec 600 personnes œuvrant au côté de l'association, les moyens humains et financiers demeurent un peu courts pour de telles tâches sociétales. " Nous avons toujours besoin de bénévoles car les gens viennent souvent de manière ponctuelle. Nous avons besoin de locaux pour les ateliers d'apprentissage à l'écriture par exemple mais nous avons aussi besoin de sous car nous mettons tous nos locaux aux normes... Certaines personnes n'ont qu'un euro par jour pour manger. Comment faire pour vivre dignement ? Restons solidaires car du jour au lendemain on peut tous se retrouver dans ce genre de situation et avoir besoin du Secours populaire. Tout ce qui est humanitaire est nôtre, c'est notre règle première ".

RSA facilité, démarches administratives simplifiées, meilleur aiguillage vers les aides sociales, retour à l'emploi motivé par un coup de pouce social... : le plan pauvreté pourrait avoir plusieurs facettes mais en attendant, le Gard crie son désespoir. Trois mois après sa sortie médiatique qui soulevait que les aides sociales coûtaient " un pognon dingue " sans pour autant fonctionner, Emmanuel Macron s'apprête à vivre une toute autre réalité.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 33 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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1 commentaire sur “FAIT DU JOUR Le plan « Pauvreté », enjeu gardois pour le Secours populaire”

  1. C’est d’un véritable plan Marshall contre la pauvreté qu’il faut mettre en œuvre et bien évidemment c’est les moyens financiers qui permettront de la faire reculer en répondant aux besoins de tous en matière d’alimentation, de logement, de santé …
    Ces moyens ne sont pas illimités, il faut donc faire des choix, cibler des priorités.
    Notre priorité doit être d’aider, soutenir, protéger les Français ici tout en agissant avec les organisations internationales où il le faut, là-bas.
    Ne pas ajouter de la misère à la misère. Commençons par le commencement : stopper l’immigration.
    Le Gard et Nîmes subissent la politique ultra-libérale en marche dans l’U.E. C’est aux Français de dire, démocratiquement, s’ils veulent continuer ou pas. 2019 peut être l’année de l’Europe, des peuples, des nations et des libertés ou celle, encore, d’une société socialement fracturée, divisée, qui porte en elle le chaos.

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