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FAIT DU JOUR Donne-moi ton maillot, on a la même passion !

Zidane, Neymar, Ibrahimovic... Patrick Manco collectionne plus de 500 maillots authentiques de football. Il nous a ouvert les portes de ce véritable trésor.

Dans son book, Patrick a pris en photo chaque pièce de sa collection et chacune a sa propre histoire (photo Corentin Corger)

Patrick Manco est un passionné de football. En 1996, par hasard, il s'est lancé dans la collection de maillot. Aujourd'hui plus de 500 exemplaires garnissent une petite pièce de sa maison. Ce nîmois a accepté de nous y faire pénétrer et de nous partager les secrets d'un trésor qui en ferait pâlir d'envie plus d'un footeux. 

Le ballon rond, le seul et le vrai à Nîmes, celui en cuir a une place particulière dans la vie de Patrick Manco. "J'ai commencé à supporter le Nîmes Olympique à 13 ans lorsque je prenais ma mobylette pour me rendre au stade Jean-Bouin." Aujourd'hui, cet éducateur âgé de 46 ans continue d'aller au stade mais en voiture désormais. Sa passion va l'amener le soir du 13 avril 1996 à collectionner les maillots de ses idoles. "Après la victoire de Nîmes face à Montpellier en demi-finale de coupe de France, je vois Louis Nicollin (l'ancien président du club héraultais, NDRL ) arriver vers moi avec le maillot de Nicolas Marx autour des épaules. Je lui demande de me le passer, il me dit qu'il le garde pour son musée mais qu'il va m'en envoyer un autre à la place." 

La promesse est tenue et, quelques jours plus tard, Patrick reçoit le maillot de l'Argentin José Luis Villarreal. C'est donc avec un maillot du voisin montpelliérain que le Nîmois débute sa collection. "Au début c'était simplement pour aller jouer avec alors j'ai demandé le short et les chaussettes et le club m'a tout envoyé." Petit à petit, il commence à se créer un réseau avec notamment le footballeur Didier Domi et compte une dizaine de pièces à la fin des années 1990. Le butin commence à prendre de l'ampleur et Patrick récolte en moyenne entre 50 et 70 maillots par saison. En fin de saison dernière, il a franchi la barre fatidique des 500 exemplaires.

Ce dernier s'est juré de ne jamais monnayer un maillot. Mais comme l'évoque l'adage, l'exception confirme la règle. "J'avoue que ça m'est arrivé une seule fois où dans un vide-grenier j'ai acheté pour un euro un maillot de Karim Benkouar." Malgré des offres alléchantes - "pour celui d'Anelka on m'a demandé 800 euros" - il n'a jamais cédé à l'appel financier ni vendu une de ses pièces. "Je fais ça parce que je suis un amoureux du foot et pas pour l'argent." 

Les anciens Nîmois, le 14, les frères et Zidane

Patrick voue une passion particulière à Zinédine Zidane ( photo Corentin Corger)

Avant les rencontres, Patrick cible ses joueurs, "les anciens Nîmois qui reviennent aux Costières je les repère. J'aime bien les suivre dans leurs différents clubs." Pagis, Cohade, Hermach, Bénézet, Amewou.... La liste est très longue. Le collectionneur a des préférences et ne se jette pas sur le premier venu. Évidemment le coeur penche pour les joueurs qui ont porté la tunique rouge mais il a également un numéro fétiche : "le 14, c'est celui que je portais quand je jouais." Logique donc d'en retrouver une ribambelle au milieu de toutes ces maillots.

"J'adore aussi faire les frères." Et là on passe des moins connus avec les Fanchone et Faty au niveau supérieur avec les Kalou. Dans ce rayon notre brocanteur 2.0 constate quelques maillots manquants pour compléter certaines fratries et pas des moindres. "Pour les Pogba, j'ai Florentin, il me faut Paul. Chez les Hazard, j'ai Eden, il me manque Thorgan et pour les Ribéry c'est celui du petit frère Steeven que je n'ai pas."  Patrick est surtout un fan absolu de Zidane. "C'est ma vie Zizou. On est né à trois jours d'écart et nos enfants sont nés la même année". De son idole, le collectionneur a un maillot très rare, celui de son dernier match en club sous les couleurs du Real Madrid : "pour ce match, il avait quatre maillots, j'ai réussi à avoir celui à manches longues".

Auparavant, les deux hommes s'étaient rencontrés au stade des Costières lors d'un France-Grèce (3-1) en 1996 : "il m'avait donné son pull d'entraînement". Car en plus des maillots, quelques accessoires comme des tenues d'entraînement ou des paires de gants garnissent les étagères.

La tringle est bien tordue et Patrick commence à manquer de place (photo Corentin Corger)

Une technique bien rodée

Au fil des années, Patrick s'est constitué un book qui ne cesse de grossir, "tous les dix maillots, je fais une photo. Cela fait plus sérieux et c'est plus facile pour obtenir un maillot." Une ébauche de sa collection pour mettre en place un stratagème : "quand je n'arrivais pas à avoir le joueur, je passais par le président du club."  Plus d'une vingtaine ont joué le jeu dont Gervais Martel, Vincent Labrune pour Valbuena et même Jean-Michel Aulas : "malgré ce qu'on peut entendre, il est très abordable et d'une grande gentillesse. Il m'a donné les maillots de Gourcuff et Lacazette." Une stratégie surtout utilisée à domicile. Patrick a également passé des heures à attendre devant les hôtels des joueurs, parfois sous la pluie et dans le froid. "Il faut surtout ne pas avoir honte, aller naturellement vers les gens et être au bon endroit, au bon moment." 

"Parfois certains joueurs te promettent un maillot avant le match. Mais s'ils prennent une rouste tu ne les vois plus." Afin d'être au plus près des joueurs, Patrick se met régulièrement derrière le banc visiteur et choisit le moment opportun pour passer à l'action. Même s'il a failli avoir Meunier contre le PSG, il a été contraint de se consoler lors du déplacement à Toulouse en repartant avec les maillots de Bostock, Sylla et Cahuzac. Quand on lui demande quel maillot il rêverait d'avoir ? "Cristiano Ronaldo !", répond t-il. M'bappé et Benzema font également partie des noms qu'ils aimeraient voir trôner dans sa pièce.

Mais il constate que la tâche est de plus en plus difficile, "les joueurs ont en général un quota de 20 maillots pour la saison après ils doivent les payer". Repartir du stade avec un maillot est un bonus pour le Gardois, qui vient avant tout pour regarder un match de foot : "c'est la cerise sur le gâteau. Je préfère que Nîmes gagne et ne pas avoir de maillot." Désormais ces pièces ont pris de la valeur et Patrick ne les mets plus pour jouer : "j'ai peur de les abîmer. Mais je les porte de temps en temps par fierté." Le problème se pose surtout au niveau de la place. Les deux tringles sont pleines à craquer et commencent à ne plus supporter tout ce poids. "J'ai essayé de négocier la chambre de mon fils qui a quitté la maison, mais ma femme n'a pas voulu", regrette en plaisantant Patrick. Une passion débordante qui ne risque pas de s'atténuer avec la présence du Nîmes Olympique en Ligue 1.

Corentin Corger

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