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NÎMES Le brindis sans ombrage de Nicolas Rey

Standing-ovation bien méritée à l'issue du discours de Nicolas Rey (Photo Anthony Maurin).

Sa vie est un roman. Ce héraut n'est pas un héros, on serait presque dans l'anti-héros.

Quand on voit Nicolas Rey, on perçoit toute sa fragilité mais à l'entendre parler de Nîmes, cité qu'il connaît un peu tout de même, on écoute une autre voix, celle du sentiment, du cœur et de la passion d'une ville qui ne simule pas, qui est atypique.

Il y avait 352 places, pas une de plus et pourtant, la liste d'attente doublait ce chiffre. 352 places, c’est la jauge maximale d’accueil du cloître des Jésuites où avait lieu cette cérémonie un peu spéciale. Après le ténor du barreau Éric Dupond-Moretti, c'est le baryton des lettres qui embarquait Nîmes et les auditeurs du brindis dans son histoire.

Nicolas Rey préparant son entrée en scène (Photo Anthony Maurin).

Le brindis, c'est une sorte de déclaration d'amour à la ville de Nîmes. C'est aussi le symbole vibrant du début de la feria. Inspirée par Séville et ses frasques, la cérémonie nîmoise est organisée par les Avocats du diable et la ville de Nîmes. Elle accueille chaque année depuis 2014 une personnalité qui a des choses à dire sur la cité des Antonin ou sur une ville " feriesque ". Après Francis Wolf, Zocato, Simon Casas et l'avocat Aquitador, Nicolas Rey a illuminé l'assemblée par son honnêteté et sa clairvoyance.

"No hay billetes" comme toujours pour le brindis (Photo Anthony Maurin).

On le savait, les écrivains ont la réputation d'être à fleur de peau, de vivre sans espérer tout en ayant l'espoir de ne pas déplaire. Nicolas Rey aime l'amour, il aime parler d'amour, il aime être amoureux. Parfois péniblement. Pour déclarer sa flamme à une ville, à une entité inerte mais agitée, il faut une bonne dose de courage et de passion. " Ici, nous recevons ceux qui pensent, qui écrivent et qui parlent. Nous accueillons une expérience foisonnante, Nicolas Rey a compris l'âme de cette ville ", note en préambule au brindis Daniel-Jean Valade, l'adjoint à la culture de la Ville.

Le quadrilatère des Jésuites (Photo Anthony Maurin).

Sous les yeux de Simon Casas, autre flamme déclarée, dans un écrin voûté, Nicolas Rey, tout aussi pris par le poids de la vie, a été à la hauteur des exigences nîmoises. Jacques Olivier Liby, organisateur avec les Avocats du Diable et la mairie de cet événement avait été clair. " Il y a 5 ans nous avions dit que ce brindis devait être le discours inaugural de la feria. Une déclaration d'amour à la ville et une faena littéraire. C'est confirmé. Nicolas est exclusivement écrivain mais être torero, c'est un peu la même chose. Nicolas Rey est vivant, debout et il a des choses à dire aux Nîmois et à sa très chère ville de Nîmes. "

Nicolas Rey (Photo Anthony Maurin).

En effet, l'auteur mué en orateur avait des choses à dire. Usé mais tramé, las mais bien là, il a déroulé les belles et bonnes sonorités. La voisine montpelliéraine en a pris pour son grade. Il a parlé foot, Crocos, accouchement, vie quotidienne, érotisme, écriture, sentiment, peurs et joies... Bref, Nicolas Rey aura certainement rendu la meilleure copie dans l'idée originelle du brindis.

Sans faute et en évitant les nombreux écueils, il s'est montré naturel, aimant, compréhensif. D'une durée imaginée de 13 minutes, comme le nom de son premier roman, ce brindis aurait entendu sonner deux avis s'il avait été une vraie faena. Sans être testamentaire, loin de là, cette oeuvre orale a su transmettre une émotion humaine et sincère. Comme il le dit si bien, " Nîmes est coupable d'un tas de choses mais elle est aussi capable de tout. "

Merci monsieur Nicolas Rey d'être aussi lumineux qu'ombragé (Photo Anthony Maurin).

Fin de session publique, standing ovation méritée et pot de l'amitié. Entre souvenirs et perspectives, les paroles qui lancent cette feria des Vendanges cru 2018 ne pourront que porter bonheur à tous ceux qui les entendront. Olé Nicolas !

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 33 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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