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FAIT DU JOUR Aider au mieux les publics heurtés par la vie

Le Département du Gard utilise une grande partie de son budget pour l'action sociale au profit des personnes âgées et handicapées. Explications.

Christophe Serre, vice-président du Conseil départemental délégué à l'autonomie des personnes âgées et handicapées

Le Gard n'est pas un département épargné par une misère socialement humaine. On a beau vivre au soleil, la misère reste misérable quand elle nous touche.

Pour s'en prémunir et pour pallier les effets nocifs d'une société toujours plus individualiste, le Conseil départemental place une très large partie de son budget au service des personnes âgées et des publics handicapés. Christophe Serre, le vice-président socialiste du Cd30 et délégué à l'autonomie des personnes âgées et handicapées est clair sur la question qui n'en est pas une pour sa majorité. " La loi NOTRe (nouvelle organisation territoriale de la République) confère au département la compétence de la solidarité. De L'Allocation personnalisée d'autonomie à l'hébergement en maison de retraite, notre budget global pour ma délégation est de 186 millions d'euros. C'est le plus gros budget qui, si on lui accole le RSA, représente 40% de la totalité du budget gardois ".

Faisant partie des départements les plus pauvres de France, avec un taux de chômage culminant toujours trop haut dans les sommets de l'inégalité, le Gard fait des efforts. Beaucoup d'efforts. Si cela ne se voit pas de loin, ils se ressentent quand on est heurté par la vie qui coule et le temps qui passe. " Le vieillissement de la population est en constante augmentation, c'est un enjeu dans le Gard puisque 5 000 nouveaux arrivants deviennent Gardois chaque année. C'est une réalité et l'intérêt devient de favoriser le maintien à domicile des personnes âgées le plus longtemps possible. Il y a 210 000 Gardois âgés de plus de 60 ans, soit un quart de la population ", poursuit Christophe Serre, Spiripontain de 53 ans.

En chiffres purs, le Gard compte la bagatelle de 9 800 bénéficiaires de l’APA à domicile (5 350 bénéficiaires de l’APA en établissement) , 1 695 bénéficiaires de l’aide sociale à l’hébergement, 480 bénéficiaires de l’aide ménagère et le nombre de places en EHPAD est de 6 000.

(Photo DR)

Les dernières législations permettent un meilleur accompagnement du vieillissement mais il faut savoir mettre les moyens financiers pour réussir ce coup de poker pas si menteur. Avant d'être au pied du mur et de simplement tenter une guérison, autant savoir prévenir le problème avant qu'il ne soit trop tard. Ainsi, le Conseil départemental finance des associations, des Centres communaux d'actions sociales et des communes quand elles jouent le jeu de la prévention.

" Même si les EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) peuvent paraître onéreux, le Conseil départemental aide beaucoup ! Il faut compter en moyenne 1800 euros par mois pour une personne en EHPAD dans le Gard alors que les prix normaux sont plutôt aux environs des 3000 euros. Il y a des listes d'attente, le problème Alzheimer... Nous labellisons beaucoup de maisons en partage depuis quelques années ", assure Christophe Serre. Près de 400 logements dans ce cadre d’ici fin 2019. Une trentaine de projets supplémentaires sont en cours d’étude.

Le vice-président regrette cependant que lors de sa venue dans le Gard la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, se soit rendue dans un établissement privé à 3 000 euros par mois plutôt que de soutenir elle-même l'action politique de sa majorité en visitant un établissement public. " Oui, ici la moyenne des retraites est de 890 euros par mois. Depuis trois ans nous accentuons les créations de maisons en partage car ce sont des structures adaptées au vieillissement, qui conservent un maximum d'autonomie et qui parviennent facilement à vaincre l'isolement des résidents. Les enfants sont rassurés et les parents ne sont pas dépaysés ", reprend Christophe Serre, maire de Saint-Paulet-de-Caisson.

L'accueil familial est aussi une nouvelle arme adoptée par les services départementaux. C'est une solution alternative entre maintien à domicile et EHPAD. Il s’agit de particuliers agréés par le Département qui accueillent à leur domicile de une à trois personnes âgées. Le Département assure l’agrément, le suivi, le contrôle et le financement des formations des accueillants familiaux. Le Gard compte 120 accueillants familiaux pour 274 places.

Les personnes âgées de la résidence ont accueilli le robot humanoïde Domi. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Comme partout ailleurs mais plus encore chez nous, l'information a du mal à passer d'une oreille à l'autre. Les personnes âgées ignorent bien souvent les aides auxquelles elles peuvent prétendre. Une génération qui a connu la guerre et qui se demande sans doute si elle a le droit de se reposer sur la société...

Pourtant, le parcours classique du demandeur d'aide et d'information est simple. Qu'il se rendre au CCAS le plus proche dans une UTASI (unité territoriale d'action sociale et d'insertion) ou un CMS (centre médico-social). Une assistante sociale le prendra en charge et lui fléchera la suite du parcours avant de faire un point et d'adapter les offres sociales aux demandes personnelles. Un guide est à aller chercher dans tous les points relais du Conseil départemental.

Ce petit fascicule, édité et déjà réédité, a été pris en exemple à Paris et est devenu " un projet pilote " en France dans la stratégie d'information envers ces publics. Perte d'autonomie, vivre à domicile, être aidant le jour, solutions temporaires, le répit des aidants et la diversité des lieux de vie n'auront plus de secret pour vous.

(Photo d'illustration Anthony Maurin).

Pour le handicap, idem. La personne doit se rendre à la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) qui est un guichet unique et qui saura forcément vous renseigner le passant. " Des professionnels sont au service du handicap. Il leur faut trouver un parcours adapté à chaque individu mais c'est difficile car chaque cas est particulier. En ce moment, les choses évoluent très vite et notre schéma départemental s'échelonne de 2017 à 2022. Nous ne prévoyons pas de création de places mais peut-être que d'ici 2022 va-t-on s'apercevoir qu'il en faudra. Pour pouvoir s'adapter, il nous faut être au plus proche de la réalité, être le plus réactif. On ne vit plus comme il y a 30 ans ! " profile Christophe Serre. Et de reprendre, " Les Gardois ont de petites retraites, il nous est difficile de faire des choix politiques mais nous y sommes obligés. Le dernier en date sur la question portait sur le transport des personnes handicapées. Nous devons êtres des gestionnaires tout en faisant des choix sociaux de solidarité et d'humanisme. "

Des mots qui résonnent plus fort que d'autre dans un département quasi sinistré. Pourquoi avoir positionné Christophe Serre dans la gestion de ces questions sociétales épineuses alors qu'il n'est pas un spécialiste des choses ? C'est un choix qu'a fait le président, Denis Bouad. "J'étais à l'aménagement du territoire entre 2011 et 2014. Je n'ai jamais vraiment baigné dans le social et je suis là à la demande du président. Jamais un socialiste n'a eu cette délégation ! J'ai beaucoup appris. Je suis bien entouré, j'aime aller sur le terrain pour garder les pieds sur terre. Il y a plus de travail qu'avant mais c'est aussi plus intéressant ", conclut Christophe Serre.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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