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PETITE CAMARGUE Grève du personnel de la Communauté de communes

Une première en matière de revendications…

Débrayage d'une heure ce matin de 70 personnes sur les 104 qu'emploie la Communauté de communes de Petite Camargue (photo (Véronique Camplan)

Débrayage d'une heure ce matin de 70 fonctionnaires de la Communauté de communes de Petite Camargue pour protester contre "l'absence de directives et de plans d'actions de la direction".

Des motifs peu communs puisqu'ils ne reposent sur des revendications ni salariales, ni sociales, ni remettent en cause le temps de travail. Le moins que l'on puisse dire, c'est que si faire la grève pour faire valoir ses revendications est une procédure ordinaire, ce qui l'est moins, dans le cas présent, c'est la teneur des revendications en question. Les salariés ne demandent ni plus d'argent, ni moins de travail, ni plus d'avantages sociaux. Alors qu'est-ce qui ne va pas au point de rassembler 70 personnes, sur les 104 employées à la Communauté de commune, tous services confondus et chefs de service compris ?

Mal-être organisationnel

Vauvert. Les employés de la CCPC en grève (photo Véronique Camplan)

Selon Didier Ricard, secrétaire général du Gard du syndicat Fédération autonome de la fonction publique territoriale (FAFPT), "c'est une première !" Le syndicat, qui se dit n'être pas porté sur la grève mais plutôt sur la négociation, soutient pourtant le mouvement au point de déplacer responsable départemental et même régional.

Une première donc, dont l'origine remonterait à un mal-être datant de 2014. Les revendications portent essentiellement sur  "l'organisation du travail, la mise en place d'un planning prévisionnel des missions confiées, le renforcement humain dans les services les plus en tension, une meilleure coordination entre les services, une optimisation de l'équipe de direction…" . Des revendications portées sur le préavis de grève.

Concrètement, les agents déplorent, "une désorganisation jamais vue auparavant", occasionnant un travail dans l'urgence, du stress, ayant pour conséquences des arrêts maladies (11%°) et des départs. Avec, pour ceux qui restent, un mal-être au travail face auquel la direction a réagi en demandant un audit au cabinet Audalom, centré sur les problèmes de l'humain.

Selon les salariés mécontents, 8 mois après l'audit, rien n'a été fait. Les personnels sont toujours dans l'attente de "plans d'actions datés". Ce qui expliquent le débrayage d'aujourd'hui. Les grévistes affirment n'avoir pas rompu le dialogue et ne mettent personne en cause, sinon le manque d'organisation et de directives et sont dans l'attente de nouvelles négociations.

Politique de la main tendue

De gauche à droite : Jean-Paul Franc, président, Philippe Maugy, directeur général des services, et Rodolphe Tessier, directeur de cabinet de la CCPC (photo Véronique Camplan)

Du côté de la direction, on reste ouvert à la mise en place de solutions, le problème étant de définir lesquelles. Jean-Paul Franc, président de la CCPC, déplore : "on a refait les locaux pour améliorer le cadre de travail, mis en place les tickets restaurants. Mais le problème n'est pas là",  constate l'élu. "Après l'audit réalisé par Audalom, nous avons revu l'organigramme et renforcé le service RH" , poursuit-il. Et d'en arriver à la conclusion que "ce mouvement est une contestation de l'autorité et des méthodes appliquées", avant d'achever sur, "il veulent une simplification de la direction. C'est ce que nous allons faire". Une direction à laquelle, le président confirme toute sa confiance.

Philippe Maugy, lui est plutôt d'accord avec les représentants du syndicat en confirmant que pour lui aussi après 30 ans d'expérience dans les collectivités locales, "c'est une première! Nous avons renforcé le service RH et nous nous préparons à renforcer les services Gemapi et finances. Des efforts importants compte tenu de la baisse des dotations de l'État qui va de pair avec une augmentation des compétences imposées qu'il impose aux Communautés de communes" , explique un Philippe Maugy perplexe, qui affirme par ailleurs, "ma porte est toujours ouverte, nous avons eu une réunion de 1h47 jeudi dernier, au terme de laquelle nous avons relevé le défi de présenter un plan d'action avec des échéances pour le lendemain midi. Ce défi a été relevé avec 18 mn de retard. Mais il ne doit pas convenir puisque le mouvement de grève a été maintenu".

"Nous avons proposé une instance spéciale de dialogue et de concertation avec le cabinet d'audit ce vendredi", souligne le directeur. " Rodolphe Teyssier fait remarquer que "la collectivité territoriale est confrontée à une masse de compétences à gérer toujours plus importante". Un état de fait qui pourrait expliquer ce mal être général. Jean-Paul Franc, quant à lui, insiste sur sa volonté "de travailler en bonne intelligence avec chefs de services et salariés". Après la grève, une reprise des négociations est prévue.

Véronique Palomar-Camplan

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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