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FAIT DU JOUR En prison, Françoise Dumas à l’écoute des détenus

À l’occasion de la Nuit du droit, ce jeudi la députée d’En Marche a accompagné, à la prison de Nîmes, le contrôleur des privations de liberté pour informer les détenus sur leurs droits.

La députée LREM (La République en marche) de la 1e circonscription du Gard, Françoise Dumas, était jeudi dernier à la prison de Nîmes (Photo : Coralie Mollaret)

Le droit ne s’impose, il s’applique. Et si nul n’est censé ignorer la loi, beaucoup méconnaissent leurs droits…

Alors, comment les faire respecter ? La Nuit du droit est un élément de réponse. Jeudi dernier, dans les universités, les tribunaux et les prisons, plusieurs professionnels sont allés informer les citoyens. Nîmes est l’une des cinq prisons de France à avoir accueilli le contrôleur général des privation de liberté. Un choix qui ne relève pas du hasard : la prison nîmoise est tristement connue pour être l’une des plus surpeuplées de France avec 400 détenus pour 190 places.

C'est dans ces conditions que le secrétaire général du contrôleur général des lieux de privation de liberté, André Ferragne, la députée de la 1e circonscription, Françoise Dumas, et l’avocate nîmoise Salomé Perrier, membre de l’association A3D (*) ont rencontré une vingtaine de prisonniers volontaires.

Tribunal hors-la-loi

Si la prison est un environnement fermé, les détenus ont des droits fondamentaux : droit à la vie, à ne pas être soumis à un traitement dégradant, le droit au travail, de vote ou encore à une vie familiale… Il y a aussi la présomption d’innocence, qui intéresse particulièrement les détenus.

« Quand on comparaît avec les menottes, c’est comme si on était déjà coupable », relève un trentenaire, « et je ne parle même pas du box avec les grilles… » Une « culpabilité apparente », dénonce aussi Me Perrier, « ce box avec les fils en acier est illégal ! La Cour européenne des droits de l’Homme a rappelé la France à l’ordre. »

« Je ferai remonter cette difficulté au ministère », promet la députée Françoise Dumas. Quant aux menottes : « il est possible de demander une autorisation de sortie pour comparaître libre, sous certaines conditions », répond l'avocate. 

Avocats, liens familiaux... 

D’autres détenus se sont plaints du traitement réservé par leur avocat après leur condamnation : « sa secrétaire me dit souvent qu’il est absent. Par contre, quand il s’agit de finir de payer les honoraires, ils savent où me trouver ! C’est jouer avec la vie des gens ça ! », dénonce un père de famille.

Là-aussi, Me Perrier précise : « quand vous êtes condamné, votre dossier est classé. Il faut signifier à votre avocat que vous souhaitez continuer avec lui. » Et d'aller plus loin en expliquant  « certains professionnels sont obligés de se surcharger de travail pour pouvoir manger. Ils peuvent parfois oublier des choses. C'est également le cas pour l'aide juridictionnelle. »

Beaucoup d’interrogations ont porté sur la famille. « Je ne peux plus approcher ma femme. Mais j’aimerais pouvoir appeler mes enfants au moins une fois par semaine », témoigne un artisan incarcéré. Un autre ajoute : « moi, j’ai retrouvé mon fils en prison ! Je n’ai même pas pu le voir ! » Un troisième détenu aspire à changer d'établissement pénitentiaire pour se rapprocher de son épouse,  également incarcérée. 

Le combat pour les droits

En prison, les requêtes doivent être déposées auprès du juge d’application des peines. Le détenu doit demander l’assistance d’un avocat. Il peut aussi trouver des éléments de réponses auprès du délégué du défenseur des droits, Guy Bergenti, ou encore se rendre au point d’accès au droit de la prison. « Si ce n’est pas vous qui tirez le fil, ça ne marchera jamais », affirme André Ferragne.

« Moi, ça fait deux mois que j’ai demandé et toujours rien ! », raconte un détenu. La lenteur de la justice, le manque de moyens… Autant de réalités qui nuisent à l’application du droit des prisonniers. « La surpopulation carcérale entraîne la saturation des services. S’il y avait moins de monde, ça irait beaucoup mieux », reconnaît le secrétaire général.

Les prisonniers ont toujours la possibilité de déposer des recours en justice. Des combats de longue haleine, même s'ils sont renforcés aujourd'hui par les différents rapports des parlementaires. Depuis 2000, une loi renforçant la protection de la présomption d’innocence a autorisé les députés et sénateurs à visiter, à tout moment, les lieux de privation de liberté. En 2015, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, est allée plus loin, en permettant aux journalistes d’accompagner les représentants de la nation.

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

Avocats pour la défense des droits des détenus.

Lire aussi : FAIT DU JOUR Immersion dans la prison de Nîmes

Etiquette

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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1 commentaire sur “FAIT DU JOUR En prison, Françoise Dumas à l’écoute des détenus”

  1. Les prisonniers, les prisonniers, leurs droits, toujours la même chose. Et leurs devoirs ? Vivement qu’ils leurs fassent payer le gite et le couvert, car à l’heure actuelle, c’est nous qui payons. Et que dire de l’indemnité de retour à la vie active qu’ils touchent en sortant de prison. 500 euros par mois pendant un an ! Combien touchent les victimes ? Ils en ont fait beaucoup moins pour le gardien de prison qui a été à moitié égorgé à NIMES !

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