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FAIT DU JOUR Laurent Pelissier : « je trouve irrespectueux de me déclarer en campagne à plus d’un an des échéances ! »

Pour Objectif Gard, le maire de Saint-Laurent d'Aigouze se livre sur son parcours et ses convictions.

Laurent Pelissier, maire de Saint-Laurent d'Aigouze et président de la communauté de communes Terre de Camarge (Photo Véronique Camplan)

Maire de Saint-Laurent d'Aigouze et président de la Communauté de communes Terre de Camargue, Laurent Pelissier nous éclaire sur son parcours, sa vision de la politique, ses convictions d'homme et d'élu.

Objectif Gard. Et si l'on retraçait votre parcours en partant du tout début ?

Laurent Pelissier. J'ai 49 ans et je suis né à Saint-Laurent d'Aigouze dans un mas sur la route entre Saint-Laurent et Aimargues. Je suis le dernier de la famille avec beaucoup de différence d'âge entre moi et mes aînés. Quand je suis né mon père avait 44 ans et ma mère 42, ce qui n'était pas commun à l'époque. Mon père était régisseur  J'ai été élevé comme un enfant unique à la campagne entre vignes et vergers sur un domaine de 100 hectares. Une vie en autarcie durant laquelle j'ai connu la livraison du boulanger pendant les récoltes, le "tube" Casino, épicerie ambulante… Mais aussi les mouvements migratoires en provenance de Valencia, de Fès, de Meknes.

Que veut devenir un adolescent élevé de façon si bucolique ?

Je voulais intégrer la magistrature pour devenir juge pour enfant. J'ai toujours été intéressé par la chose publique et son fonctionnement. Après une 6e à Lunel avec allemand en première langue, j'ai passé mon bac et rejoins la fac à Montpellier en droit public. J'en suis sorti avec une maîtrise de droit public et des diplômes en droit d'urbanisme et de la construction. Après le service militaire, je galère. Je pige pour un journal d'annonces légales et je suis correspondant de presse pour la Provence. Un jour je rencontre Étienne Mourrut, alors maire du Grau-du-Roi.

Il me confie qu'il pense à moi pour travailler avec lui. Neuf mois après en septembre 97, il me propose un poste aux sports et à l'animation de la ville du Grau. Je faisais essentiellement de l'organisation d'événements et de la communication. Ça m'a plu. En juin 99, Étienne Mourrut me demande de remplacer la directrice de l'office de tourisme qui prend sa retraite. J'accepte après un été de réflexion. Et j'occupe ce poste du 3 janvier 2000 à novembre 2014.

Voilà pour le parcours professionnel mais comment êtes-vous entré en politique ?

En 2008, je me présente aux municipale de Saint-Laurent d'Aigouze sur la liste de Joëlle Gibelin. Je suis son premier adjoint mais nous entrons en conflit. Sa majorité se délite. En 2009/2010, le budget ne passe pas. La préfecture propose au conseil de démissionner. Ce qui est fait en mai 2011. Des élections sont organisées et 22 conseillers sont élus sur la liste que je conduis. Il faut attendre le deuxième tour pour voir arriver la 23e. En 2014, nous sommes réélus avec une majorité de 72% de conseillers, après un duel avec Jean-Michel Delsuc, lequel démissionne au premier conseil.

Dans le même temps, le Grau-du-Roi bascule et Robert Crauste devient maire. Je quitte alors mon poste avec une rupture conventionnelle et je prends la présidence de la Communauté de communes Terre de Camargue. Je reste néanmoins en contact avec la vraie vie en faisant des "nights" (réceptionniste de nuit) dans un hôtel à Montpellier le week-end de 2015 à 2017.

Comment vous définissez vous politiquement ?

Comme appartenant à une droite humaniste et libérale.

Cela semble être des qualificatifs qu'une grande majorité de la droite revendique …

Je ne l'ai pas remarqué chez beaucoup d'élus et encore moins ces derniers temps. En ce qui me concerne j'ai horreur des clivages. Il y a toujours moyen de trouver le meilleur. Il faut appréhender les chose dans leur ensemble. Je suis plus pragmatique que dogmatique.

Comment définissez vous le rôle de maire ?

Les seules missions dont nous sommes investis sont de travailler à la notoriété et à l'attractivité de notre ville, à la qualité de vie de ses habitants et au devoir de préparer l'avenir. L'engagement demande du temps de l'abnégation et doit répondre à un besoin de proximité. Il faut savoir savoir respecter les gens et accepter les critiques. Mais par dessus tout, l'important est de se poser la question de l'intérêt général. Ce que je fais va servir à quoi ? À qui ? Se projeter dans l'avenir n'est pas toujours facile. Au présent, ce qui compte est l'empathie assortie de bienveillance. Tous les samedis matins, de 10h à midi, je tiens une permanence sur rendez-vous en mairie.  C'est une façon de garder le contact. L'autre étant de marcher dans les rues et de parler avec les gens.

Il faut avoir de l'audace et du courage parce que l'on a parfois des doutes sur les incidences d'une décision que l'on prend. Face aux baisses de dotations de l'État, il faut savoir frapper aux portes. Aujourd'hui il faut faire abnégation de la dimension politique et savoir passer au-delà comme le font beaucoup d'élus d'instances publiques dont on ne partage pas forcément les idées et qui agissent sans clientélisme.

Serez-vous candidat aux prochaines municipales ?

Je n'ai pas encore terminé ma tâche mais en 2019 nous aurons réalisé l'essentiel de nos engagements, ce qui n'est pas encore le cas. On est au travail. On avance. Il faut du temps. Je trouve irrespectueux envers mes concitoyens de me déclarer en campagne à an et demi de la fin du mandat. Je suis engagé à 200% sur mes objectifs et ne pense pas à l'avenir pour l'instant. Je prendrais ma décision au terme de mon mandat.

Que vous inspirent les événement dramatiques qui se sont produits pendant la fête votive ?

C'est l'esprit que l'on défend et non l'usage des voitures de fête. Je sais parfaitement que l'usage n'est pas conforme à la réglementation. En amont de la fête dans ma commune, les gendarmes m'ont dit : "en cas de problème, le seul responsable c'est vous !"

J'espère que si une décision est prise, elle ne le sera pas dans la chaleur d'une actualité. Il faudrait une concertation entre les élus, les services de l'État et les jeunes. Ce serait hypocrite de ne pas dire qu'on est "borderline". À Saint-Laurent, j'ai la chance d'avoir des jeunes à l'écoute auxquels je remets chaque année les clés de la ville tout en leur rappelant leurs devoirs. Il faut donner un cadre. Pendant la fête, j'essaie d'être présent partout et de régler certains petites difficultés entre quatre yeux. Dans des manifestations où on se lâche, il faut une grande vigilance. Dans une fête de l'importance de celle d'Aigues-Mortes, la difficulté est d'autant plus grande. Concernant le sujet, il va falloir que les élus du sud gardois soient solidaires.

Propos recueillis par Véronique Palomar-Camplan

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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