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GARD L’AOC Costières de Nîmes s’exporte bien, le millésime sera bon

Une bouteille estampillée Costières de Nîmes est ouverte chaque seconde dans le monde...

Bruno Manzone, président de l'AOC, Magali Jelila, directrice, et Fanny Molinié-Boyer, vice-présidente (Photo Anthony Maurin).

Le vin et le Gard, c'est une belle et longue histoire d'amour qui dure depuis plus de deux millénaires.

L'AOC Costières de Nîmes a pour habitude de se servir du passé pour aller de l'avant. Longtemps raillée pour sa piètre qualité, la production locale s'est très nettement amélioré et aujourd'hui, un vin des Costières doit coûter sept euros minimum.

Bruno Manzone, président du syndicat AOC Costières de Nîmes depuis le mois de mars dernier, a pris la mesure de son rôle. " Bernard Angelras est toujours à nos côtés mais le bureau a largement été renouvelé et rajeuni. Nous voulons affirmer la qualité de nos vins. Le mandat précédent a duré une quinzaine d'années et a été réussi en adoptant une bonne stratégie qualitative. Nous poursuivons dans ce sens, retravaillons l'image et continuons à mettre en place des mesures agro-environnementales. "

Ce nouveau cycle a un socle basé sur quatre axes pour devenir une référence qualitative de la Vallée du Rhône et d'ailleurs. Faire monter en gamme la qualité, qui ne cesse de croître depuis quinze ans, en poursuivant les contrôles tout en étant fier des produits, permettre la reconnaissance des terroirs et affiner les connaissances. Développer l'agro-écologie est dans l'air du temps car on ne peut pas produire de grand vins sans respecter le terroir et le vignoble ; tout en sachant que l'appellation est probablement la première en France en terme de bio avec 25% de sa production. Enfin, amplifier la communication et faire vivre les événements locaux comme Vignes Toquées, Nîmes Toquée ou les JeudiVins semblent être à l'ordre du mandat.

La Chine, les USA et le Royaume-uni

30 millions de bouteilles par an, cela veut aussi dire que la ville de Nîmes est visible et clairement identifiable sur plus de 30 millions de cols à travers le monde. Nouveau marché de prédilection pour les Costières, l'Eldorado chinois. " Nous avons des marchés conséquents en Chine et nous pouvons rivaliser avec les Côtes du Rhône. En Chine, il y a 95 millions de consommateurs curieux, intéressés. Nous exportons du vin rouge à 80%. Le vin français y a une bonne image. Nous formons les professionnels chinois à nos vins des Costières dans quatre grandes villes dont Pékin et Shanghai. Nous leur faisons aussi découvrir l'art de vivre à la nîmoise lors de Vignes Toquées par exemple ", explique quant à elle la directrice Magali Jelila.

La Chine n'est pas la seule à boire nos vins, le USA arrivent en deuxième position et le Royaume-Uni juste après. En tout, 33% des volumes sont exportés, cela représente 40 % de la valeur.

Magali Jelali, Bruno Manzone, Fanny Moliné-Boyer et Manon Missonge (Photo Anthony Maurin).

Avec en moyenne 220 000 hectolitres produits par an, les Costières ont un bel avenir. Pour Fanny Molinié-Boyer, " 2018 sera un millésime vigneron. Il fallait être attentif plus que jamais. Il fallait anticiper les maladies et traiter au bon moment. On dit que c'est une année comme on n'en voit qu'une par génération ". Et la vice-présidente de l'AOC de reprendre, " en 2017, nous avions connu l'année la plus sèche depuis des décennies mais en 2018, il a plu deux ou trois fois plus. Cette année, les nappes phréatiques sont rechargées et les plantes se sont bien développées. Il y a une belle concentration et des tanins sur les vins rouges qui seront plus souples qu'à l'accoutumée. Nos vins seront axés sur les fruits et la gourmandise tout en ayant un peu de complexité. Nos volumes de production seront assez classiques. "

L'apanage des valeurs environnementales

Le bio ? La moyenne nationale est à 9 %, pour les Costières, elle est à 25. Quand on sait faire, on produit la même quantité de vin mais le fait de le faire en bio fait monter le prix de 20 à 30 %. Par contre, il faut trois ans pour entrer pleinement dans la danse. Une fois entré dans la farandole, nul ne recule.

L'enherbement des " tournières " est devenu obligatoire. Cela représente 13% des terres sans désherbant depuis plus de dix ans. L'interdiction de désherbage fait aussi son effet, tout comme celui du paillage plastique qui faisait remonter à la surface des terres des bouts de plastiques désagréables aussi bien à l’œil qu'au goût. Idem pour l'azote qui est limité à 30 kg par hectare. Les sols ne peuvent pas retenir plus sans polluer les nappes phréatiques.

Créer du progrès pour faire progresser les gens collectivement. Dans ce sens, les dénominations géographiques complémentaires de l'AOC Costières vont évoluer en délimitant deux secteurs. Au nord les Costières Saint-Roman ne bénéficient pas du même climat que les Costières Franquevaux, au sud.

Avec 69 caves particulières, 12 coopératives et 3 négociants, l'AOC Costières de Nîmes emploie près de 400 opérateurs et cultivent 4 500 hectares (dont sept de Clairette de Bellegarde).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 33 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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