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GARD Magistrats et greffiers ont peur pour leur avenir

La juridiction nîmoise est étendue et le manque de personnel se fait sentir alors que la réforme ne cesse de faire trembler les professions intéressées.

Jean-Michel Divisia, Anthony Cellier, Pascale Bories et Philippe Berta (Photo Anthony Maurin).

Le Gouvernement s'attache à réformer le pays. Certains sont heureux de voir des changements, même brutaux. D'autres, l'immense majorité en fait, sont soucieux de la pérennité des plans mis en action.

Pour la Justice française, le problème n'est pas jeune mais semble prendre du corps. À Nîmes, c’est le bâtonnier actuel de l’ordre des avocats, maître Jean-Michel Divisia, qui prend la parole en s'adressant aux élus de la République sur un sujet qui lui tient à cœur : « je suis heureux que vous ayez pu répondre à l’appel de détresse de notre tribunal de grande instance et de notre tribunal d’instance. Nous connaissons de graves problèmes d’effectif de greffiers et de magistrats. Il est de notre devoir de vous alerter. Je compte sur vous. Le constat est de plus en plus alarmant. Des magistrats à titre temporaire sont présents mais tout se réduit. Des audiences entières ont ainsi dû être renvoyées. Idem au tribunal correctionnel. La situation est critique. Nous voulons que vous fassiez remonter ces informations à Paris. »

Pourquoi la capitale ? Simplement car tout se décide là-haut. Pour l’occasion et à l’invitation des magistrats et greffiers, la sénatrice Pascale Bories (LR), les députés Françoise Dumas, Philippe Berta et Anthony Cellier étaient présents. La sénatrice Vivette Lopez, souffrante, était quant à elle représentée.

Maître Jean-Marie Chabaud, dauphin et très prochainement bâtonnier de l’ordre à la place de Jean-Michel Divisia jusqu’en 2020, évoque lui aussi des problèmes structurels. « Le budget de la Justice en France est un des plus bas d’Europe. Des efforts sont faits mais c’est insuffisant car on part de loin et qu’il faut rattraper le retard. »

Professionnels, sénatrice et députés étaient autour de la table (Photo Anthony Maurin).

Et Jean-Michel Divisia de reprendre : « le débat va revenir au Parlement mais les propositions faites sont en-deçà des besoins. De plus, il y a parfois, comme avec la CAF, des conflits d’intérêt. Nous soulignons également un regrettable éloignement du justiciable par rapport à son juge. Répartir le contentieux n’est pas forcement la bonne idée pour conserver un certain équilibre à travers le territoire. Rien n’est acté mais nous allons nous réunir à Paris le 15 novembre pour manifester. J’ai rentré la Garde des Sceaux. J’ai écris avant les grandes vacances, on m’a dit que ça devait rentrer dans l’ordre mais rien ne bouge. Soyez nos relais car notre juridiction est en danger. »

Anthony Cellier, député LREM présent autour de la table et voix gardoise du Président Macron, a été clair. « J’entends vos messages mais vous avez ici des parlementaires qui travaillent pour la représentation nationale. La réforme qui va être mise en place a pour objectif l’intérêt général, comme notre travail. On peut relayer vos demandes mais pour rééquilibrer nous devons réfléchir en national. Nous discutons depuis cinq mois de la modernisation de la justice. Nous devons accélérer le suivi des dossiers mais nous n'oublierons pas de faire un petit focus sur le Gard. »

Pour le futur bâtonnier Chabaud, le problème est ailleurs, comme la vérité. Face aux élus, le dauphin prend le large et tente un hameçonnage dans les règles de l'art. N'oublions pas qu'il parle au nom des 420 avocats du barreau nîmois. « On raisonne en termes de budget mais on ne parle pas d’un pôle qui ponctionne énormément au budget de la Justice : le pénitentiaire, et le foncier qui va avec. Quand on regarde le budget de fonctionnement, ça ne bouge pas. De nos sept nouveaux magistrats nîmois, deux sont en formation et un troisième en congés maternité. Il nous manque des bras et des cerveaux ! Il faut six mois pour un dossier prêt à plaider à Nîmes… C’est trop long, pour les victimes en particulier. »

Première réunion avec le élus de la République venus en nombre pour l'occasion (Photo Anthony Maurin).

Une réforme qui met en place l'outil numérique, chose qui n'est pas pour déplaire aux contestataires. Petit problème, " c’est un outil merveilleux qui accélère les choses mais les tuyaux sont déjà sous-dimensionnés ! ", conclut maître Divisia.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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