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FAIT DU JOUR Nextdoor : Parle à ton voisin !

Le nouveau réseau social, qui a vocation à resserrer les liens entre voisins, débarque à Nîmes.

Image d'illustration

Il est de plus en plus difficile de se parler entre voisins, surtout lorsque l'on habite en ville. Forts de ce constat, les créateurs de l'application gratuite Nextdoor ont décidé de créer un site de rencontres entre voisins.

Le but ? Fabriquer  du lien, échanger des conseils, emprunter, prêter, dépanner ou se faire dépanner… Depuis peu Nextdoor s'est implanté à Nîmes et l'application fait un carton. Nextdoor a été lancé en octobre 2011 par quatre entrepreneurs du numérique, Sarah Leary,  Prakash Janakiraman, David Wiesen et Nirav Tolia, un ancien employé historique de Yahoo qui dirige la société.

Ils ont eu l’idée d'un réseau social limité géographiquement. Sur Nextdoor, vous ne pouvez entrer en contact qu’avec les habitants d'une zone délimitée par une carte, qui figure sur le site, ou de celle qui est juste voisine. Vous ne serez jamais mis en lien avec un habitant trop loin de chez vous. Vous évoluez donc dans des quartiers numériques qui comptent 1 000 à 2 000 foyers dans les zones rurales et jusqu’à 7 000 foyers dans les grandes villes.

Hyper proximité

Ces quartiers, prédéfinis à l'avance, commencent à vivre au gré des inscriptions sur le site : si vous êtes le premier habitant de votre zone, vous êtes invité à convaincre vos amis de vous rejoindre. Et dès qu’une poignée de candidats s'est présentée, le site du quartier commence à vivre et se peuple grâce au bouche-à-oreille. Pas question à l'inscription d'utiliser un pseudo ou de donner une fausse adresse : on vous demande votre mail, votre numéro de téléphone et même l'adresse mail de votre conjoint. Tout cela pour garantir que votre localisation est bien la bonne.

L'anti-Facebook

Si vous êtes sur les réseaux sociaux, vous avez dû voir circuler des messages qui vous incitent à vous inscrire. Ce sont certains de vos amis Facebook, déjà convaincus par d'autres et c'est comme ça que l'application s'étend sans la moindre publicité. Ce nouveau réseau social a pour objectif de devenir une sorte "d'anti-Facebook". Contrairement au premier qui nous connecte à des gens du monde entier, Nextdoor veut nous rapprocher uniquement de ceux qui nous entourent. C’est le premier réseau mondial hyper local. Son succès aux États-Unis permet à ses fondateurs de s'étendre en Europe. Aujourd'hui, Nextdoor est implanté en Grande-Bretagne, en Hollande, en Allemagne et maintenant en France et, depuis quelques temps, à Nîmes.

À gauche, la carte. À droite un exemple de page d'annonces. Les noms et les lieux ont été volontairement floutés

À Nîmes, le site fonctionne. Si vous habitez dans l'Écusson (déjà 480 voisins adhérents), on vous propose aussi d'entrer en contact avec des résidents de 11 quartiers proches. On y trouve des annonces en tous genres : rendez-vous pour un cours de gym gratuit le mardi soir sur le parvis des arènes, demandes ou propositions de baby-sitting ou de ménage, conseils de dépannage… la liste est longue. Les messages font globalement le tour de ce que nous pourrions demander à nos voisins... si toutefois on leur parlait ! Si on jette un coup d'œil sur le site à Paris, on y trouve des apéros entre voisins, des sorties à plusieurs en ville, au cinéma ou dans les musées. Pour l'instant, les adhérents Nîmois semblent se cantonner aux petits services entre voisins et l'on n'y trouve aucun groupe et un seul apéro.

Surveillance rapprochée

Si l'on clique sur les 3 petites bandes vertes en bas à droite apparaissent les rubriques que l'on peut consulter. À noter un annuaire qui révèle les noms et adresse de tous les voisins adhérents

Aux États-Unis, ce site a pourtant suscité des polémiques et plus particulièrement à cause d'une des raisons principale de son succès : sa rubrique "sécurité" qui permet aux habitants d'un quartier de signaler toute présence suspecte dans leurs rues. Aux USA, la rubrique a vite tourné au racisme et Nexdoor a dû changer son algorithme. Une précaution détournée par les habitants qui ont vite mis en place un code pour passer au travers de la détection. À noter qu'à Nîmes la rubrique consultée est vide.

200 millions de dollars

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L'important pour les fondateurs n'est pas le nombre d'adhérents, comme pour Facebook par exemple, mais bien la dynamique des réseaux. Un concept qui a convaincu les financiers qui ont déjà octroyé 200 millions de dollars à cette entreprise, aujourd'hui valorisée à plus d’un milliard de dollars. Aujourd'hui, le site utilise ces fonds à son expansion et ne rapporte pas encore grand-chose, l'objectif étant de recueillir un maximum de données sur ses utilisateurs : ce que nous aimons, ce que nous mangeons, quelles sont nos activités de prédilection.

La rentabilité avouée étant de faire de la publicité uniquement avec les commerces de proximité. Une fois que les utilisateurs seront assez nombreux et surtout suffisamment "accros", il sera temps de trouver un moyen vraiment lucratif de rentabiliser cette mine d'or de données. En attendant, on peut redécouvrir les avantages des (bonnes) relations de voisinage… C'est déjà pas si mal !

Véronique Palomar-Camplan

Etiquette

Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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