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FAIT DU JOUR À Nîmes, deux ministres face aux défis de l’Éducation nationale

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et son homologue des Collectivités locales, Julien Denormandie, étaient en visite à Nîmes ce lundi.

De gauche à droite : Julien Denormandie, ministre des Collectivités territoriales, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale et Françoise Dumas, députée En Marche! de la 1ère circonscription du Gard (Photo : Coralie Mollaret)

Prévu de longue date, ce déplacement a été bousculé par l’incident de Créteil, le mois dernier, où un élève a braqué son enseignante avec une arme factice.

« Oh oui, ça m’a rappelé des souvenirs ! », confie Anne-Claire, professeur de Lettres au collège Feuchères. En marge de la visite de Jean-Michel Blanquer au sein de son établissement, l'enseignante raconte : « un jour, on étudiait Simone Veil. Un élève, qui récitait des sourates au fond de la classe, est venu me voir, en disant que l’on ne pouvait pas être Française et juive ! » 

Cinquième département le plus pauvre de France, le Gard est aussi « le département de l’Académie de Montpellier qui a fait remonter le plus grand nombre de faits de violences scolaires », déplore Béatrice Gilles, la rectrice de la région Occitanie : incivilités, harcèlement, atteintes aux personnes... Après l'affaire de Créteil, la sécurité à l'école est devenu l'un des thèmes des trois tables rondes du marathon ministériel de Nîmes.

Violences scolaires : la réponse innovante du Gard

Autour de cette première table ronde sur le thème de la sécurité à l’école : les élus politiques, la rectrice de l’Académie et ses adjoints mais aussi les forces de justice et de police qui coopèrent avec les principaux des collèges (Photo : Coralie Mollaret)

Au collège Feuchères, Jean-Michel Blanquer et son homologue des Collectivités locales, Julien Denormandie, ont écouté attentivement les différents intervenants. Si notre département est un mauvais élève en terme de violences scolaires, il reste l’un des rares à avoir impulsé le dispositif « mesures de responsabilités », via le CLJ (Centre de loisirs jeunesse).

« Les élèves qui relèvent d’une exclusion de l’établissement peuvent choisir de s’inscrire dans ce parcours. Encadrés par la police, ils apprennent notamment le respect des règles », détaille Jean-Pierre Soulas, directeur de la direction départementale de la sécurité publique du Gard qui se félicite du « taux de réussite de 80% ! ».

Lancé il y a cinq ans, ce parcours est une réponse « aux élèves exclus qui, bien souvent après leur renvoi, sortent du système scolaire », souligne Anne-Claire. Toutefois, le dispositif est victime de son succès : « nous manquons de moyens pour répondre aux nouvelles demandes des établissements, à Bagnols ou Alès », alerte le directeur du CLJ, Stéphane Fregiers, qui a encadré 25 jeunes en 2017. 

« Il ne s’agit pas de faire pleuvoir les crédits ! »

Guy, enseignant au lycée technique d'Uzès souligne « la suppression à la rentrée de 2 600 postes dans le Secondaire avec une baisse de 30% des heures dédiés à l’’enseignement général ! (...) Les premières victimes sont les élèves des quartiers populaires. »

Pour les intervenants, la question des moyens, c'est le nerf de la guerre à mener pour la réussite éducative. À l’arrivée des ministres, une poignée de syndicalistes comme Guy (Sud), enseignant à Uzès, a déploré « la suppression à la rentrée 2 600 postes dans le secondaire avec une baisse de 30% des heures dédiées à l’’enseignement général ! Comment armer nos jeunes pour qu’ils puissent comprendre notre société ?  »

Même discours dans la bouche des associations réunies au complexe scolaire Henry Wallon, situé entre les quartiers populaires de Valdegour et Pissevin. Ces dernières ont dénoncé « la suppression des contrats aidés » qui mettent à mal l'exercice de leurs missions : « la mixité scolaire ne se contente pas de la fermeture d’établissement scolaire ! Nous avons besoin de vous ! » 

En réponse, Julien Denormandie a assuré que « les crédits aux associations allaient augmenter de 15 M€ au prochain budget 2019. Les crédits d’impôts pour les associations seront supprimés au profit de subventions. » Jean-Michel Blanquer a martelé qu'il « ne s’agit pas de faire pleuvoir les moyens mais de les articuler aux fins. » Avant de rappeler les actions du gouvernement : « scolarisation obligatoire dès 3 ans ou encore le dédoublement des classes de CP et CE1. »

Nîmes, cité éducative

Jean-Michel Blanquer l'affirme : « La France est le pays de l’OCDE qui dépense le moins pour le premier degré et le plus pour le second » (Photo : Coralie Mollaret)

Enfin, la visite nîmoise a été l’occasion d’annoncer la mise en place des « cités éducatives ». Ce concept expérimenté dès 2019, reste encore flou dans ses détails. Il prévoit toutefois la mobilisation de tous les acteurs de l’école (établissements, associations sportives...) autour d'un projet, piloté par la Ville avec l’aide d'un chargé de mission envoyé par le ministère de l'Éducation nationale.

Un dispositif mis en place depuis un an à Grigny (Essone), dont maire communiste, Philippe Rio, a vanté ce lundi les mérites aux côtés des ministres du gouvernement. 

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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