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ALÈS Commerçants et gilets jaunes : après-midi compliqué pour la députée Chapelier

Annie Chapelier entourée des commerçants alésiens. Photo Tony Duret / Objectif Gard

La journée de la députée Annie Chapelier illustre assez bien les problématiques du mouvement social actuel...

Ce matin, une première délégation de gilets jaunes s'est invitée à sa permanence pour exprimer sa colère. Les commerçants alésiens ont fait de même, cet après-midi, pour se plaindre des conséquences du mouvement. Dans la foulée, la députée allait à la rencontre d'autres gilets jaunes qui, eux, se présentent comme "modérés"...

Il y a bien quelque chose qui réunit les commerçants, chefs d'entreprise et gilets jaunes : un ras-le-bol collectif. Pour le reste, les raisons de la colère divergent. Ce matin, une cinquantaine de gilets jaunes est venue dire son mécontentement à la députée de la 4e circonscription du Gard (relire ici).

Un commerçant : "Pourquoi ils s'en prennent à nous ?"

En début d'après-midi, les commerçants ont emboîté le pas des premiers, mais avec un message très différent : celui qu'on les laisse travailler. Un commerçant résume le sentiment général : "On paie nos impôts, nos charges, nos traites. On demande juste l'ordre républicain sinon il va y avoir un drame". Ce qu'ils regrettent, c'est le comportement d'une poignée d'individus : "Ils ont bloqué mon parking", déplore l'un. "Moi, j'en ai vu qui font semblant de se jeter sous les voitures. Heureusement la scène a été filmée, mais on ne peut pas les raisonner", explique une autre. Un troisième intervient : "Certains gilets jaunes ont des casiers judiciaires longs comme le bras. Que fait-on contre ça ? Alès est un territoire perdu de la République". Un dernier questionne : "Pourquoi ils s'en prennent à nous alors qu'on maintient l'économie ? On n'est pas l'État !"

Entourée par les commerçants, Annie Chapelier écoute, encaisse parfois, et répond souvent : "Depuis dix jours, je ne comprends pas que l'ordre public ait disparu à Alès". Elle enchaîne : "Quand il est venu à Nîmes, j'ai demandé à Christophe Castaner (le ministre de l'Intérieur, NDLR) s'il n'avait pas autre chose à faire que de rencontrer les lecteurs de Midi Libre ? Je me suis fait renvoyer dans les rangs". Avant de quitter la trentaine de commerçants, elle promet de faire remonter leurs demandes à Paris...

Annie Chapelier avec les gilets jaunes au Taisson Gourmand. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Demandes multiples

Même promesse pour les six gilets jaunes rencontrés au Taisson Gourmand. Parmi eux, des initiateurs du mouvement alésien comme Gimmy Pages et Alain Larnac. Si le climat était plus apaisé qu'en fin de matinée, les revendications exprimées à la députée sont restées aussi diverses que celles du matin. On citera, entre autres, la revalorisation des retraites, la baisse des taxes (essence, tabac...), l'annulation des droits de succession, la remise en place de l'impôt sur la fortune (ISF), la dissolution de l'Assemblée nationale, le souhait de faire plus de référendums... Mais on retiendra surtout une même fatigue sur les visages, une même lassitude, une même colère. "Je voudrais rêver de nouveau", conclut joliment une jeune femme.

Tony Duret

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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3 réactions sur “ALÈS Commerçants et gilets jaunes : après-midi compliqué pour la députée Chapelier”

  1. Que ce gouvernement réduise encore un peu plus le pouvoir d’achat des plus démunis comme il le fait et bientôt tous ces petits commerçants pourront approvisionner correctement leurs étals, mais malheureusement pour eux ils ne trouveront plus de clients qui aient assez d’argent pour venir acheter chez eux. La hausse du pouvoir d’achat qui passe par une augmentation conséquente du SMIC, des retraites et des minimas sociaux est une urgence sociale pour tous…
    Ce qui est une honte c’est que ce Gouvernement, avec l’appui de ses députés comme Mme Chalier continue sa Casse Sociale Généralisée et son aide massive aux plus riches.

  2. Une honte, notre pays sombre dans la dictature. Même les députés de la majorité se font remettre en place et se font dire « circuler y a rien a voir ».
    Le gouvernement envoie les CRS contre les manifestants pacifite et n’est pas capable de les envoyer contre les racailles qui gangrennent les quartiers.
    les « bouzeux » n’ont pas de quoi vivre decemment et même si on bosse pas moyen de s’en sortir. il y a pas si longtmeps le travail était LA Solution pour s’en sortir. maintenant ce n’est plus le cas. même les classes moyennes ramment et n’arrivenet pluqs à mettre le moindre sous de coté.
    j’ai honte d’habiter dans le pays des droits de l’homme qui devient une dictature.

  3. N’attendez rien de notre députée :si comme elle le prétend, Mr Castaner ne l’a pas écoutée quand elle l’a alerté sur la situation, elle n’a qu’à prendre ses responsabilités et assumer ses choix et ses convictions en quittant le mouvement ou démissionner. Cependant, la soupe reste bonne et pourquoi se priver d’un bon revenu assorti d’une petite retraite non négligeable. Voilà, c’est la politique dans toute sa splendeur. Nouveau monde que neni, rien ne change sauf les hommes et les femmes qui l’a compose. Pauvre France. Bon courage à ceux qui croient et entreprennent. N’attendez rien des dirigeants, ils ne sont surtout pas pour vous aider.

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