A la uneActualitésSociété

FAIT DU JOUR Qui peut le PLU, peut le moins ?

Saint-Gilles doit allier urbain et rural (Photo Anthony Maurin).

Saint-Gilles vit actuellement son [re]nouveau mais depuis plusieurs années des associations environnementales dénoncent la non prise en compte des enjeux de biodiversité et d'environnement sur les Costières, notamment sur la commune à proximité de l'aéroport de Nîmes-Garons.

Il y a quelques semaine un recours gracieux de ces associations contre l'approbation d'un Plan local d'urbanisme (PLU) a été rejeté par le maire de Saint-Gilles. Le groupement d'associations NACICCA a par la suite déposé une requête en annulation de l'approbation du PLU auprès du Tribunal administratif de Nîmes. " Notre environnement se dégrade. Le développement urbain, notamment en zone méditerranéenne, est toujours plus important et notre biodiversité s’érode à grande vitesse ", notent les membres de l'association.

L'Hôtel de ville de Saint-Gilles (Photo Archives Anthony Maurin).

Et côté biodiversité, Saint-Gilles a de quoi protéger. " La vaste commune de Saint-Gilles a une responsabilité particulière pour la biodiversité méditerranéenne. De nombreuses espèces faunistiques et floristiques rares et patrimoniales sont recensées sur la commune. Certaines d’entre-elles font même l’objet d’un plan national d’actions dont la mise en oeuvre est impérative pour leur conservation au niveau national comme au niveau local ", assurent les protecteurs de l'environnement. On parle de l'outarde canepetière, du lézard ocellé, de la cistude d’Europe ou encore du butor étoilé.

Le maire, Eddy Valadier l'a dit : " Je ne veux pas tuer de lézard ! " (Photo Archives Anthony Maurin).

Pour Fanny Isnard, chargée de mission pour la Ville, " nous avons eu plusieurs recours mais nous avons suivi ce que nous impose la loi et le document n'a pas été modifié depuis qu'il a été adopté. Avant qu'il le soit nous avons essayé de bien faire les choses en ayant recours à des cabinets d'études et à des spécialistes. Nous avons eu des avis favorables avec quelques observations ou prescriptions donc nous avons simplement enrichi le document avant son adoption définitive ".

Et la chargée de mission de reprendre : " Pour ce PLU, c'est fini mais comme tous les documents de ce type, ça évolue toujours avec le temps ! La Ville avait lancé ce projet en 2006 mais depuis nous n'avions rien car le contexte faisait que le document ne sortait pas... C'est fait mais des révisions sont toujours possibles. En tout cas, nous avons tout fait dans les règles. Le document actuel est sûrement perfectible sur plein de points. On fait au mieux avec les outils qu'on a. Il faut combiner l'action politique et les intérêt environnementaux et urbanistiques ".

Les rues de la ville sont actuellement en pleine mutation (Photo Archives Anthony Maurin).

Pour les associations, le classement simple en zone agricole A, voire naturelle N, ne peut suffire à répondre aux enjeux d’une biodiversité de plus en plus résiduelle et morcelée. Aux abords de la D42 entre Saint-Gilles et Nîmes, elles veulent recréer des corridors de haies. " Malheureusement, le Plan local d’urbanisme de la commune de Saint-Gilles approuvé par le conseil municipal le 27 mars 2018 ne répond en aucun cas à ces enjeux environnementaux. Et nous le déplorons d’autant plus que des PLU de plus en plus nombreux développent des actions spécifiques ambitieuses à ces questions de biodiversité, en lien notamment avec la nouvelle loi éponyme… ", lancent les associations.

Saint-Gilles, une vue des toits de la ville (Photo Archives Anthony Maurin).

Pour la Ville, là aussi, des efforts ont été fait. Eddy Valadier, maire de la cité et son conseil municipal, ont tenté d'apaiser les craintes et de contenter tout le monde mais cela paraît impossible tant les enjeux divergent. " Nous savions et nous avons tenté de prendre ces points en compte, notamment les études environnementales concernant les environs de l'aéroport. Nous avons déclassé en zone naturelles des parcelles qui étaient constructibles à moyen ou long terme mais ces associations veulent un peu plus. Nous partons du principe que la Ville a été vigilante sur les questions environnementales car nous savons que Saint-Gilles est très riche en matière de faune et de flore à préserver. Si notre PLU représentait un réel danger, le préfet et les services de l'État auraient donné un avis défavorable ", affirme Fanny Isnard.

Les Costières et Saint-Gilles recèlent d'espaces naturels à préserver (Photo Archives Anthony Maurin).

À l'inverse de ce groupement d'associations qui a déposé une requête en annulation de la délibération d'approbation du PLU auprès du tribunal administratif de Nîmes le 11 septembre dernier, Saint-Gilles est aussi attaquée par des propriétaires qui voulaient voir leurs terres passer en zone constructible alors qu'elles ont été déclassé en zone agricole ou naturelle...

Les choix sont compliqués, urbanisme ou environnement, la commune a peu de marge de manœuvre car les contraintes sont multiples, surtout à Saint-Gilles. Nous avons reclassé une centaine d'hectares en zone naturelle ou agricole, c'est beaucoup. Peut-être pas assez pour les puristes mais ça a déçu de nombreuses personnes. Il ne faut pas oublier que pour chaque projet d'implantation, les gens doivent faire des études d'impacts. Nous, avec le PLU, nous enlevons le plus gros des problèmes mais c'est la DREAL et les services de l'État qui entrent dans les détails ", conclut Fanny Isnard qui assure également que les discussions sont toujours de mise avec les représentants des associations.

Avocats et bataille juridique, environnement et guerre urbanistique : Saint-Gilles entre dans la cour des grands et voit son environnement se retrouver au cœur des enjeux de demain. Rien de facile dans l'action politique, rien de plaisant dans l'action citoyenne. Faire la part des choses, avancer conjointement et travailler autour de ces questions sont l'avenir d'une telle cité.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

Vous aimeriez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Close

Adblock a été detecté.

Merci de nous aider en désactivant votre blockage de publicité