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FAIT DU JOUR Les Gilets jaunes d’Alès veulent hausser le ton

Les Gilets jaunes au rond-point de la double voie, à Alès. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Ils ne décolèrent pas. Au lendemain des annonces faites par le président de la République, les Gilets jaunes colorent toujours la rocade d’Alès. Et ils n’ont pas l’intention d’arrêter.

Réveil difficile, ce mardi matin, pour beaucoup de Gilets jaunes. Après le discours du chef de l’État lundi soir, la colère reste intacte, voire décuplée pour certains. Sur les ronds-points de la rocade d’Alès, les manifestants, dont la déception se lit sur les visages, reviennent sur l’allocution d’Emmanuel Macron.

Ils décryptent ces treize minutes préenregistrées où, face à la Nation après plusieurs semaines de silence, le président de la République a annoncé différentes mesures : 100€ supplémentaires pour les personnes rémunérées au Smic, retour des heures supplémentaires défiscalisées, suppression de la CSG pour les retraités qui gagnent moins de 2 000€ par mois, ou encore prime de fin d’année pour les employeurs « qui le peuvent ». Quant à l’Impôt sur la fortune (ISF), supprimé au début du quinquennat, il ne sera pas rétabli. De quoi faire bondir les Gilets jaunes, qui entament leur quatrième semaine de mobilisation.

« Les annonces de Macron, c’est du vent »

Âgée de 72 ans, Maryse a enfilé son gilet jaune dès le début du mouvement. Et le discours d’Emmanuel Macron ne l’a pas convaincue de le retirer. « Il a attendu trop longtemps avant de prendre la parole. S’il s’était remué le derrière dès la première semaine, nous n’en serions peut-être pas là ! Et lundi soir, il a donné trop peu », estime cette retraitée.

En effet, les mesures ne séduisent pas, comme en témoigne Jean-Marc : « Enlever la CSG à ceux qui ont un salaire de moins de 2 000€, ce n’est pas la solution. Les retraités qui touchent 900€ par mois, ils n’y gagnent absolument rien ! Pareil pour les 100€ supplémentaires : celui qui n’est pas au Smic, rien ne lui est proposé et la vie est dure pour lui aussi. C’est dérisoire. » Cet ancien soudeur âgé de 66 ans compte bien passer encore de longues heures sur les ronds-points : « Si tous les gens concernés étaient avec nous, ça irait plus vite… »

Posté sur le rond-point de la route de Bagnols, Christophe, chauffeur-livreur de 38 ans, est remonté comme une pendule : « Les annonces de Macron, c’est du vent. Il nous donne un petit os à ronger sans nous expliquer où il prend les sous. Nous, nous voulons des mesures concrètes, où tout le monde y gagne, avec un pouvoir d’achat correct. » Le Gilet jaune fulmine également sur la suppression de l’ISF, « qui n’empêche pas les patrons de délocaliser leurs activités. »

Comme au niveau de la double voie, les Gilets jaunes bloquent les camions au rond-point de la route de Bagnols. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

« On ne lâche rien »

Même son de cloche à la sortie de la double voie. Ce mardi matin, Serge, 69 ans, est venu de Concoules pour soutenir les Gilets jaunes au lendemain des annonces d’Emmanuel Macron : « Si je viens c’est pour les autres, pour mes enfants et mes petits-enfants. Ça fait 50 ans que je milite et j’ai toujours dit que ça allait mal tourner », souligne le Cévenol.

Et ce n’est pas Sandra qui dira le contraire. Cette mère de famille de 43 ans est « enragée » ce mardi matin. « Macron m’a déçu. Il se fout vraiment de la gueule du monde et ne favorise que les riches. Vous voyez, je viens d’apprendre qu’on me supprime le RSA parce que j’ai hébergé ma fille qui travaillait à McDo pendant trois mois. Du coup, je n’ai plus droit à rien », peste-t-elle. « Je vais continuer à me mobiliser pour qu’il lâche du mou, pour qu’on puisse manger à notre faim. On ne lâche rien. »

Ce mardi encore, les Gilets jaunes ont bloqué de nombreux camions au niveau de la double voie et du rond-point de Bagnols. Selon Christophe, le mouvement devrait repartir de plus belle. « Le mot d’ordre, c’est de hausser le ton. S’il faut passer Noël ou le Nouvel An sur les ronds-points, on le fera », annonce-t-il. À Alès, les Gilets jaunes n’ont pas fini de faire parler d’eux.

Élodie Boschet

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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4 réactions sur “FAIT DU JOUR Les Gilets jaunes d’Alès veulent hausser le ton”

  1. Qui va payer ? C est nous , vous et vos enfants…an bout d un moment il faut réfléchir… il faut arrêter de répéter la messe de la France insoumise…les caisses sont vides…je propose un referendum pour savoir si les gilets jaunes doivent continuer !

    1. Mais, mais tu t’es relu avant d’écrire ? tu ne fait en bon élève que répéter ce que dit Macron et sa clique « il n’y a plus d’argent ».
      Tiens, je vais t’en trouver et par milliards : Chasser l’évasion fiscale (85 milliars par an, une paille)
      Rétablir l’intégralité de l’ISF = + 12 milliards …

      Alors, ça calme non ?? tu en dit quoi ?
      C’est vrai qu’il faut en avoir la volonté, mais pourquoi certains seraient taxés et pas les autres, c’est une question d’égalité alors pourquoi faiblir devant les voyous fiscaux Ghon et les autres ??
      Pour terminer, ce serait un comble que tu bénéficies de ce qu’on acquis les gilets jaunes, alors les gars poursuivez ferme.

  2. Aujourd’hui les « forces » de l’ordre ont débloqué les ronds points d’Alès sur ordre d’un minable préfet aux ordres de la clique à Macron. Ils ne veulent plus voir les GJ, alors il faut bloquer encore et encore, montrer à Macron que ces mensonges de lundi soir ne passent pas, que ce n’est pas en nous prenant pour des abrutis que nous goberons ces promesses. Il faut bloquer toutes les villes de France, c’est la période idéale.

    1. Il y a certainement de l’argent qui n’est pas déclaré chez certains et le débat national doit permettre de le dire et de trouver un solution, idem pour l’ISF et tant d’autres points. Mais il faudra également mettre sur la table le travail effectué au black par beaucoup de nos concitoyens qui, eux non plus, ne paient pas d’impôts, ni de charges sociales d’ailleurs.
      Dire que ce sont les administrés qui vont payer les 1à à 12 milliards que représentent les avancées sociales du président de la République est parfaitement faut : une partie semble pouvoir être prise en charge par des grands groupes, l’autre par ceux qui paient l’impôt, c’est-à-dire moins de 50% des contribuables. Ce seront alors des personnes de la classe moyenne et « supérieure » qui l’assumeront.
      Et puis, parlons démocratie ! En 2017 il fallait aller voter, exprimer ses désirs. C’est cela la démocratie : s’exprimer avant toute chose dans le vote, or l’abstention est abyssale : êtes-vous aller voter ?
      « On ne lâche rien » peut-on lire : au risque d’une aggravation du chômage parce que les entreprise et ne peuvent pas fonctionner normalement, au risque de perdre le soutien d’une opinion publique qui vous soutien déjà beaucoup moins.
      Le temps est maintenant au dialogue et à la modification de notre modèle sociale. Mais faites attention, l’Etat providence qui est le nôtre nécessite beaucoup d’argent pour payer l’école qui est gratuite, comme l’ensemble du système scolaire et universitaire (A titre d’exemple un collégien coûte 11500 euros par an, mais sa scolarité est gratuite) et les soins et l’hôpital (certains médicaments coûtent 10000, 20000,30000 euros pour une injection (faut-il laisser sans soin quelqu’un qui ne peut financièrement se soigner, comme aux USA ?).
      Allez partager vos problèmes dans les mairie, exprimez vos difficultés et osez proposer des solutions, cela sera bien plus efficace pour la démocratie.

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