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GILETS JAUNES L’état de choc

Allocution présidentielle, évacuation par la force et attentat : la suite à donner…

Après avoir partagé un moment sur un rond point de l’autoroute avec des gilets jaunes, on s’était quitté sur un " on se tient au courant … " Depuis, le Président a parlé, le rond-point a été évacué, la France a subit un attentat… 

Ils sont trois au rendez-vous, pas forcément d'accord sur tout. Ce qui les rassemble aujourd'hui, c’est la certitude de représenter la France dans sa diversité. Ce mouvement d’ampleur nationale sans chef doit rester en dehors de toute récupération. Ce qu’ils acceptent de livrer, c’est leur point de vue de l’intérieur avec la réticence de ceux qui se sentent à la fois responsables vis-à-vis de cette France qui les suit et illégitimes parce que désignés par personne pour s’exprimer.

Mais on tourne en rond…  " Si le mouvement veut garder sa crédibilité il ne doit être repris par aucun parti ", affirme Josiane (*), les autres approuvent. Hier, les forces de l’ordre ont évacué le rond-point. "c’était chaud patate, résume Félix (*). S’ils nous avaient demandé d’ouvrir, on l’aurait fait," regrette Jacques (*). Mais les CRS sont arrivés et ils étaient confortés dans leur mission d’évacuation par des débordements incontrôlés de gilets jaunes exaspérés par l’intervention d’un Président qui, une fois encore n’a convaincu personne sur les ronds-points.

La détermination de la fourmilière

"On a obtenu des choses que nous n’avions pas demandées," fait remarquer Jacques. "La hausse du smic, la CGT s’y attelle depuis 30 ans…", s’amuse Josiane. Mais l’heure n’est pas à la plaisanterie. L’attentat de Strasbourg est dans toutes les têtes. "La France est touchée en plein cœur ", déplore-t-elle. "L’heure est à la solidarité nationale",affirment-ils d’une seule voix. Aujourd’hui, ils sentent le mouvement à un tournant délicat.

Ces manifestants de la première heure pensent qu’il va falloir parler, trouver une ligne de conduite hors des partis politiques, dans l’esprit de départ.  "On est en état de choc, affirment-ils. L’attitude à observer reste à définir ". " On a la détermination de la fourmilière qui agit en groupe et peut, si son bien-être est menacée, soit virer la reine, soit construire une autre fourmilière », pointe Félix. L’image est forte à dessein car, dans ce moment de flottement et de confusion, une chose est sûre : pour eux le Président Macron n’a convaincu personne et la détermination reste entière.

Même si il faudra peut-être laisser un peu de temps à la France pour panser ses plaies et un peu de répit aux forces de l’ordre pour juguler la menace terroriste et coincer le coupable, rien n’arrêtera ces hommes et ces femmes qui ont le sentiment que le débat social de fond leur a été confisqué.

"Et si l’urgence nationale prime durant un weekend sur l’urgence sociale, à Paris ou à Strasbourg, les gilets jaunes seront toujours présents sur les ronds-points du territoire," conclut Félix pour le petit groupe.

Propos recueillis par Véronique Palomar-Camplan.

* Les intervenants souhaitant garder l’anonymat, les prénoms sont des prénoms d’emprunt.

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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