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FAIT DU JOUR Aimargues : là où le Cirque Medrano se repose …

Et découvrez le cirque sur glace à Nîmes du 19 au 23 décembre

Olivier Guibal, responsable de de la base technique des cirque Medrano rend visite au deux jolies femelles lamas espiègles et gourmandes qui passeront l'hiver à la base (Photo Véronique Camplan)

Pendant les fêtes de fin d'années les cinq cirques de Noël Medrano sont en tournée partout en France. La semaine prochaine, le Grand cirque des glaces (voir en fin d'article), sera à Nîmes pour quelques représentations.

L'occasion de vous emmener dans un lieu très peu connu du grand public : la base technique du Cirque Medrano, à Aimargues, le temps d'une visite et d'une rencontre avec Olivier Guibal son responsable.

Le domaine s'appelle "Le petit Malherbe". C'est là que vit Olivier Guibal et qu'il y a 10 ans s'est installée la base technique du Cirque Medrano. Pour y accéder, il faut suivre un petit chemin qui conduit au domaine en retrait de la route, porte ouverte sur des hectares de nature. Quasi vide à cette époque de l'année pendant laquelle les cirques sont en tournées, l'été l'endroit accueille hommes et animaux, qui s'y reposent et travaillent à de nouveaux numéros dans la quiétude et le confort d'un camp de base après les fatigues de mois passés sur les routes.

Six hectares de résidence d'été

Une piste de cirque en dur pour travailler les nouveaux numéros et s'entraîner pendant l'été (photo véronique Camplan)

Accueillis par un responsable aux allures de gentleman farmer, on commence par la visite tant qu'il y a un rayon de soleil. La première vision de l'endroit est celle d'un parking immense où sont alignées de petites caravanes et quelques camions. "Tous les cirques sont sur la route en ce moment, fait remarquer Olivier Guibal, mais l'été le parking est plein."

L'immense étendue aujourd'hui déserte en prolongement du parking à elle aussi une autre allure quand arrive le temps de la relâche. "Devant vous il y a 6 hectares de terrain sur lesquelles les animaux passent l'été." Et Olivier Guibal de décrire les grands paddocks pour les herbivores, les vastes cages où paressent les tigres, l'enclos de belle taille pour les trois éléphants du cirque, (le dernier de France à en posséder, NDLR). Avec un peu d'imagination, on voit ce bestiaire exotique se déployer sous le ciel camarguais et la magie opère. Plus loin, des bâtiments abritent des locaux techniques, une piste d'entraînement, où hommes et bêtes travaillent les nouveaux numéros ou s'activent pendant l'été.

Les resquilleurs de la saison

À quelques pas, de petits enclos vides, des écuries avec leurs boxes, des volières… Par cette journée humide et froide, l'endroit est silencieux. Mais il n'est pas tout à fait désert. La pluie a rendu les sorties impossibles mais quelques pensionnaires passent ici un hiver sédentaire aux bons soins d'Olivier. " Nous sommes très attentifs à nos animaux, explique le responsable pendant qu'il va chercher un peu de pain pour gâter ses pensionnaires.

Papa, man et bébé zébu ne sont pas du voyage cet hiver (photo véronique Camplan)

"Nous ne pouvons pas faire voyager des femelles qui attendent des petits et nous sommes très attentifs à la reproduction qui obéit à une politique très stricte," développe-t-il. Alors, les deux femelles lamas en chaleur, restent ici, à l'abri des tentations. Le bébé zèbre sera chouchouté par sa maman loin de l'agitation des villes, et chez les zébus de Madagascar, une maman pouponne son petit à l'incroyable robe argentée alors qu'une famille au grand complet goûte aux joies d'un hiver paresseux.

Olivier Guibal s'approche de chaque box et s'adresse avec douceur aux bêtes un peu effrayées par notre présence en ces lieux mais qui ne résistent pas longtemps à la gourmandise et viennent chercher un quignon de pain des mains de leur ami. "Inutile de vous dire que j'ai des partenariats avec des boulangerie d'Aimargues", sourit Olivier.

Animaux ou pas ?

Ce bébé zèbre et sa maman sont nés dans les lumières du cirque loin de la savane africaine de leurs ancêtres (photo véronique Camplan)

L'arche de Medrano ce sont trois éléphants d'Asie, des chevaux, des chameaux, des zèbres, des tigres blancs et dorés, des zèbroïdes, des lamas, des zébus de Madagascar, des poneys, des vaches Highland d'Écosse, des animaux de la ferme, des oiseaux…

Certains cirques du groupe Arena production, propriétaire de Medrano, proposent des tournées sans animaux mais la tradition circassienne des numéros animaliers a son public, ses amoureux… et ses détracteurs aussi. Face à eux, Olivier Guibal pense qu'il faut communiquer. "Souvent les gens décrient ce qu'ils ne connaissent pas. En plus, il y a bien sûr de mauvais comportements qui sont condamnables et, bien entendu, tout cela doit être régi et surveillé de près," affirme-t-il.

Il constate par ailleurs que la pression des animalistes est énorme. "J'ai dû fermer ma page Facebook qui était saturée de vidéos horribles, toujours les mêmes, qui quand on y regardait de près, venaient toutes de cirques étrangers qui n'ont pas du tout d'état d'âme vis-vis des animaux, pointe Olivier Guibal. Chez Medrano on les considère comme des partenaires réels. Ce sont des animaux artistes et cette collaboration n'est possible qu'à force d'amour et de respect. Un autre détail que les gens ignorent, c'est que les animaux de cirque aujourd'hui sont tous nés en captivité et cela parfois depuis au moins 25 générations, comme les tigres par exemple."

Journée véto à 15 000 euros !

Sale caractère mais belle gueule (photo véronique Camplan)

"Chaque année, nous faisons venir trois vétérinaires dont Florence Olivier Courtois, LA spécialiste de la faune sauvage en France qui a publié un grand nombre d'ouvrages et fait autorité en la matière, notre vétérinaire référente, Cécile Magnant et une vétérinaire de la brigade cynophile de Paris. Lors d'une grosse journée, les trois spécialistes aidées des soigneurs examinent tous les animaux. Ce sont elles qui, par exemple, nous interpellent sur l'heure de leur départ à la retraite. Car chez nous, les animaux font carrière et ont une vie après la piste. Les vétérinaires leur trouvent des familles d'accueil qui ont les moyens de les recevoir pour qu'ils passent une retraite heureuse et tranquille. Nous leur apportons une aide en matière de soins vétérinaires et prenons des nouvelles. Cette année, ce sont trois cochons laineux qui sont partis couler des jours heureux chez un éleveur de chevaux amoureux des animaux et des espèces rares. Pour info, cette " journée vétérinaire" coûte 15 000 €",  fait remarquer un Olivier Guibal, fatigué du harcèlement permanent que le cirque doit endurer.

Pour l'amour du cirque…

La flotte Medrano est sur les route. Ne subsistent que quelques véhicules réformés sur le parking (photo véronique Camplan)

Chassé par la pluie froide qui est revenue, on se réfugie dans la cuisine du domaine, le temps d'un café bien chaud. Olivier Guibal se souvient, "je ne suis pas né dans le cirque. Quand il s'est installé ici, j'habitais tout près, alors je suis allé les voir. Mon père était un passionné de chevaux. Il en avait vendu à Lucien Gruss à Alès. C'est comme ça que tout a commencé…"

Et l'homme d'évoquer ce monde du cirque où cohabitent toutes les nationalités et toutes les confessions unies par la même passion, compagnons d'un travail acharné pour aller toujours plus loin dans l'excellence, la complicité avec les animaux et le courage qu'il faut pour aller de ville en ville en passant parfois une seule journée au même endroit. Des efforts invisibles de ces artistes, forçats de travail qui ne laissent voir que la magie, l'exploit, l'illusion de la légèreté, la palpation du danger qui fait battre plus fort les coeurs et rire plus fort encore quand la tension s'apaise. Irremplaçable cirque, art populaire que toutes les générations goûtent à leur manière.

Art coûteux aussi que celui de déplacer hommes et bêtes, de recevoir du public sous d'immenses chapiteaux. "Aujourd'hui, un plein de camion coûte 1 300€, un cirque en compte 30," détaille Olivier à titre d'exemple. Et de déplorer des ventes qui ne se font plus qu'à tarifs réduits ou presque…

Dans un monde en mutation, agité de doutes et de soubresauts multiples, les arts du cirque sont fragiles mais ils demeurent une bulle où le temps et le souffle sont suspendus à la magie de l'instant.

Véronique Palomar-Camplan

Medrano en chiffres

Medrano

Par an : 1 000 000 de spectateurs, 280 villes,1 000 représentations, (en moyenne, 3 par jour sur 365 jours), 20 000 heures de spectacle.

Intendance: 40 semis remorques et remorques, 2,5 kms de convoi, 200 kms de câbles, 1 200 à 2 000 places

Personnel: 150 personnes qui collaborent sur la tournée dont 40 artistes de 14 nationalités différentes. 80 animaux de toutes races, 5 spectacles en simultané à Noël. 2h15 de spectacle.

Par jour: 100 kg de viande, 500 kg de foin, 50 kg de fruits et légumes, 50 kg de poisson, 150 baguettes de pain et … 3 m de hauteur pour les éléphants!

Le Grand Cirque de Noël sur Glace

Le grand cirque de Noël  présente son tout nouveau spectacle 2018-2019 : Les stars du cirque et de la glace. Issu d'une longue tradition Russe, le mariage du cirque et de la glace émerveille autant qu'étonne le public au travers d'un spectacle féerique, musical, et totalement inédit !

La traditionnelle piste de sciure laisse place à une véritable patinoire de glace où brillent les étoiles internationales du cirque et les stars du patinage sur glace. Vêtus d' incroyables costumes, le ballet des patineurs du cirque de Noël, sous la direction de Veronica Kushnikova, transporte dans un tourbillon de rêves lors d'un voyage extraordinaire à travers le temps et les grandes civilisations.

Que ce soit dans les impressionnants et chatoyants tableaux inspirés de la Russie des Tsars ou des chorégraphies futuristes et endiablées empruntées aux comédies musicales, le ballet est présent durant les deux heures de spectacle où l'on applaudit équilibristes et acrobates, où l'on frissonne devant les exploits des trapézistes, et bien sûr où l'on rit avec les clowns ! Artistes et patineurs accueillent le Père Noël lors du Final féerique et surprenant.

Pratique. Le Grand cirque sur glace au Marché gare à Nîmes, du 21 au 23 décembre. Renseignements et réservations ICI

Etiquette

Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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