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MARCOULE Croissance et recrutements en perpective pour 2019

Les directeurs des différents établissements du site de Marcoule, ainsi que le député Anthony Cellier et le président de l'Agglo du Gard rhodanien, Jean-Christian Rey, jeudi soir à Marcoule (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

La cérémonie de vœux des établissements du site nucléaire de Marcoule se tenait jeudi soir. L’occasion de jauger la santé du site et à en croire les différents directeurs, elle est bonne. Voire très bonne.

Comme d’habitude, c’est l’hôte de la cérémonie, le directeur du CEA Marcoule, Philippe Guiberteau, qui a donné le coup d’envoi. Dressant un bilan de 2018, marquée par l’arrivée d’un nouvel administrateur général du CEA, François Jacq, la signature du Contrat de transition écologique, mais aussi la poursuite de ses programmes de recherche et développement et d’assainissement démantèlement, le directeur rappellera que « ici, le CEA continue à investir fortement. » 2019 verra la fin des travaux de construction de l’unité STEMA, destinée à traiter les effluents par cimentation. « La pierre angulaire de notre stratégie de traitement des effluents », commentera Philippe Guiberteau.

Passage obligé, le directeur rappellera le poids économique du CEA : « 300 millions d’euros investis chaque année sur notre bassin d’emploi, 80 nouveau collaborateurs en CDI, plusieurs dizaines de CDD et d’intérimaires et le développement de l’alternance, avec environ 80 contrats. » Autre passage obligé, la sûreté et la sécurité, avec l’exercice de juin dernier, grâce auquel « nous avons identifié des points positifs et des marges de progression », estimera Philippe Guiberteau. Pour 2019, l’enjeu est donc de continuer et de réussir la réévaluation décennale du laboratoire Atalante. En revanche, à la différence des éditions précédentes de ces vœux, Philippe Guiberteau n’aura eu aucun mot pour le projet de réacteur de quatrième génération ASTRID.

Des recrutements au programme

Côté Orano Melox, le directeur, Jean-Philippe Madelaine, débutera en souhaitant un joyeux anniversaire à Orano, un an et un jour après sa création pour succéder à Areva. Se félicitant d’un très faible taux d’accidents du travail, le directeur n’éludera pas « une production 2018 en retard sur nos objectifs, mais nous avons tout de même fourni tous nos clients. Nous devons augmenter notre capacité de production pour gagner de nouveaux clients. » Pour ce faire, l’usine a procédé à « près de 100 recrutements extérieurs, portant l’effectif à environ 800 salariés. »

Melox ne fabrique pas que le combustible MOX, mais donne aussi dans la matière grise pour des clients étrangers. « Cette activité se développe avec le Japon, avec un nouveau contrat d’assistance pour l’usine JMOX en chantier », expliquera Jean-Philippe Madelaine, avant d’évoquer la Chine, autre marché prometteur pour Melox. « Seul bémol à l’international, aux États-Unis, avec la décision unilatérale du gouvernement de mettre fin au contrat pour l’usine MFFF (une usine de recyclage du plutonium, ndlr) », tempérera le directeur.

Il n’en reste pas moins que 2019 doit être « une année de retour à des performances industrielles à la hauteur de nos ambitions », avec un objectif de « 124 tonnes pour nos deux marchés, le domestique et l’étranger, avec le Japon et les Pays-Bas. » Une centaine de recrutements externes sont au programme pour cette année.

Une expertise à partager

Orano toujours, mais côté démantèlement et services, où « 2018 a été une année de changements et de fusion de toutes les filiales d’Orano pour mettre l’expertise au service des clients », expliquera le directeur Philippe Regnault. Environ 700 collaborateurs y travaillent désormais, « pour apporter notre expérience et notre savoir-faire au CEA », poursuivra le directeur, en citant notamment le projet STEMA.

Direction Socodei Centraco, avec son directeur Eric Villatel, à l’orée des vingt ans de l’usine spécialisée dans le traitement de matières et de déchets radioactifs. Une usine passée de 250 à plus de 300 collaborateurs au cours des deux dernières années, et qui a incinéré « 4 500 tonnes de déchets, dans une relative stabilité », notera le directeur. Côté fusion, 762 tonnes ont été traitées en 2018, « un peu plus que l’année dernière », commente le directeur d’un site qui a entrepris la fabrication de tubes à partir des ferrailles traitées à Centraco. « Nous avons réalisé 16 tubes, nous visons de dépasser les 50, dans le cadre des engagements pris dans le cadre du Contrat de transition écologique », poursuit Éric Villatel. L’atelier de découpe de gros composants a traité 178 tonnes. « Il a trouvé son rythme de croisière », estime le directeur, qui compte en augmenter les cadences « pour passer à 300 tonnes à terme. »

Le site a également passé un contrat avec l’EPR d’Inkley Point, en Angleterre, et compte également procéder à la fusion de l’aluminium. Mais le gros projet est le lancement du projet So’Gard, « une nouvelle installation d’entreposage et de découpe du matériel plutôt long, il y aura 60 millions d’euros d’investis et 110 millions d’euros dans l’ensemble du projet, qui est intégré au Contrat de transition écologique. » De quoi augurer de belles perspectives pour le site, qui a embauché trente personnes en 2018, et qui compte en embaucher autant en 2019, année de son changement de nom en Cyclife France, « qui est plus qu’un changement de nom, une ouverture à l’international. »

Dernier à prendre la parole le directeur de Synergy Health Marcoule, Nicolas Cabrière, qui fait dans la stérilisation de produits médicaux et l’expérimentation pour l’aviation et l’aérospatiale. Là aussi, la croissance est au rendez-vous : « Nous avons démarré la construction du deuxième étage de notre bâtiment », explique le directeur avant de donner des chiffres insolents de croissance. « Le chiffre d’affaires de notre irradiateur expérimental augmente de 9,5 %, et celui de notre irradiateur industriel de 42,5 %. Une forte croissance qui va se prolonger. » Plus petit site de Marcoule, Synergy Health a recruté 5 personnes en 2018, et devrait en recruter « entre 3 et 5 » en 2019.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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