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NÎMES OLYMPIQUE Laurent Boissier : « Sur le but de Mandrichi, je me suis claqué au mollet ! »

Le directeur sportif du Nîmes Olympique évoque la fin du mercato et le derby face à Montpellier, dimanche.

Laurent Boissier, directeur sportif du Nîmes Olympique (photo Anthony Maurin / Objectif Gard)

Comment ne pas évoquer un derby Nîmes-Montpellier, sans profiter du sourire et du franc-parler d'un pur nîmois, Laurent Boissier, le directeur sportif du Nîmes Olympique. Plongé dans le club par son père Bernard, celui qui au club a occupé quasiment tous les postes évoque la fin du mercato et la rencontre de dimanche à travers ses souvenirs. 

Objectif Gard : Le mercato hivernal se termine demain soir à minuit. Peut-il y avoir des transferts dans ces dernières heures ?

Laurent Boissier : Tant que ce n'est pas terminé, tu ne peux pas dire que c'est fini parce que tu sais pas ce qui peut se passer. Il s'en passe tellement dans le football ! Ce que je peux dire, c'est que je pense que l'on va rester comme on est.

On a vu Olivier Boscagli, samedi lors du match à Nice (2-0), encore très proche de ses anciens coéquipiers. Pourquoi son retour ne s'est-il pas fait ?

C'est quelqu'un qui a passé de très bons moments ici. C'est une opportunité qui était réalisable pour nous. On pensait qu'elle pourrait l'être. Maintenant, la situation de Nice fait que pas grand monde prend de décisions là-bas. Les dirigeants actuels s'en vont le 31, les autres arrivent le 1er. Donc tu sais pas trop qui décide et ça dessert dans ce dossier. Apparemment, aujourd'hui il n'entre pas dans les plans de jeu de l'entraîneur (Patrick Viera). Le gamin a besoin de temps de jeu. Nous c'est quelque chose qui peut nous intéresser, peut-être pas pour cette année parce que l'on en a pas spécialement besoin. On est paré dans l'axe. Ce n'est pas une urgence mais c'était en prévision des saisons futures. On a essayé de le tenter. Olivier sera toujours un joueur sur qui on aura un œil.

Même avec une offre de 10 millions posée sur la table, pas de départ côté nîmois ?

Ce n'est même pas une question de montant. C'est la volonté des uns et des autres. On cherche le maintien. On ne veut pas mettre le groupe en péril pour trois, quatre mois. Tout le monde est concerné, concentré sur les matches. Je pense que l'on va finir comme ça et tant mieux. Je suis super content de garder tous mes joueurs. C'est une preuve de solidité de ce club et de se dire qu'aujourd'hui on est pas obligé de faire des choses pour exister.

"Pas question de mettre une saison en l'air pour un derby"

Les joueurs remerciant le public lors du match aller au stade de la Mosson (photo Anthony Maurin)

Laurent, on est à quatre jours du derby, (son visage s'illumine). As-tu le souvenir d'un derby qui t'as marqué ?

J'en ai plein parce que j'ai joué tous les derbies chez les minimes et les cadets. Mais sinon j'ai une anecdote lorsque Jean-Jacques Mandrichi marque à la 80e minute en 2009. J'étais responsable de la panneautique des roulantes donc j'étais sur le terrain. Quand il a marqué, j'ai sauté de joie et je me suis claqué le mollet en retombant. Je me suis déchiré sur huit centimètres. Je saignais. Je ne pouvais plus marcher. J'ai marché avec des béquilles pendant un mois.

Cette affiche c'est la récompense d'un investissement au quotidien pour le club ?

Tu joues, tu vis, tu fais le football pour vivre des matches comme ça. Dans des carrières de joueurs, de dirigeants c'est sûr que ce sont des matches super intéressants et motivants à jouer. Effectivement, ça doit te mettre du baume au cœur toute la semaine. C'est un match dont tout le monde parle, que tout le monde veut voir et dont on a envie de discuter. C'est génial, c'est que des bons moments. Il revêt un caractère particulier parce que c'est une notion de derby régional et qu'il est important pour nos supporters. Après, comptablement, le derby ne vaut que trois points.

Justement on voit que la pression monte. L'attente des supporters n'est-elle pas trop forte ? 

Non, il faut se remettre dans le contexte. Ça fait trente ans qui l'attendent. C'est pour eux un moment merveilleux de joie et de passion. Il y avait autant d'attente contre Marseille ou Paris. C'est juste que ce sont des matches particuliers. Il faut le comprendre et l'accepter. On fait ce métier pour ça.

À l'aller, Nîmes a été un peu dépassé par les événements. On a l'impression que cette équipe a du mal à répondre présente lorsqu'elle est attendue... 

Il faut que ce soit une bonne pression, sympathique et pas négative. Il faut que nous, toute la semaine, on transmette ce message aux joueurs. On l'aura tous le stress et moi le premier. À un moment donné, ce stress doit nous tirer vers le haut. Il n'est pas question de mettre une saison en l'air pour un derby. On aura l'air fin de se retrouver avec des bêtises ou des cartons pour un match alors que la saison n'est pas finie. On a d'autres chats à fouetter que de s'énerver sur ce match. Ça ne doit pas devenir un truc de débile. Quand tu es footballeur tu dois avoir envie de jouer des matches comme ça. Si tu n'es pas capable de les jouer, c'est que tu n'es pas un grand footballeur. Les mecs qui jouent à Paris, à Madrid ou au Milan AC, des matches comme ça, ils en jouent tous les week-ends. Si nous on n'est pas capable d'avoir la lucidité d'aborder ces matches, ça veut dire que l'on est pas des grands.

La fête a été gâchée à l'aller avec de nombreux incidents. Est-ce que tu es inquiet pour dimanche ? 

Ce n'est pas quelque chose qui me concerne et qui me regarde. Je ne suis pas compétent pour juger ces choses. Aujourd'hui il y a des gens dont c'est le métier et j'ai une énorme confiance en eux. À un moment donné, ils prennent des décisions. S'ils les prennent c'est qu'ils ont pensé que c'étaient les bonnes. Je ne donne pas mon avis parce qu'un jour ce sera peut-être les supporters du Nîmes Olympique qui seront obligés de ne pas aller à Montpellier ou ailleurs. La seule chose que je souhaite c'est que dimanche ça soit la fête du football régional sans débordements. Que tous les gens qui viennent au stade, se disent : "J'ai passé un super après-midi et j'ai envie de revenir aux Costières !". Tout simplement.

Propos recueillis par Corentin Corger

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