Faits Divers

NÎMES Le pompier médiateur condamné pour « outrage » sur une policière

L'Hôtel de police de Nîmes.

Un prévenu a écopé, lundi, de 2 mois de prison avec sursis pour "outrage" sur une fonctionnaire de police qui est en charge d'affaires sensibles à la ZUP de Nîmes.

La policière n'est pas n'importe qui, "c'est un élément moteur du groupe criminel de la Sûreté départementale de Nîmes. Et si elle a été ciblée sur Facebook, ce n'est pas pour rien. Elle a mis les doigts là où ça fait mal et elle est depuis victime d'une entreprise de déstabilisation", estime le vice-procureur, Patrick Bottero, implacable dans ses réquisitions contre un homme de 40 ans, gérant d'un commerce dans une cité sensible de Nîmes, mais aussi médiateur et pompier volontaire expert dans ce même quartier sensible. "Je suis atterré de la confusion des genres dans ce beau département", poursuit d'ailleurs le représentant du parquet de Nîmes qui réclame et obtient du tribunal correctionnel de Nîmes une condamnation à 2 mois avec sursis contre le pompier volontaire expert.

Le prévenu était poursuivi devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour "outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique commis le 9 novembre 2018" sur Facebook. La plaignante avait saisi la justice car elle estimait qu'elle était directement visée par des propos peu amènes sur Internet.

"Mais moi je n'ai rien à faire là, devant le tribunal. Les propos ne la concernaient pas. Je parlais d'autre chose, ça n'a rien à voir avec elle ", réplique le prévenu qui conteste avoir ciblé cette fonctionnaire irréprochable. Pour sa défense, il a une version du conflit avec la policière totalement opposée. Selon lui, tout aurait commencé suite aux jets de cocktail Molotov sur la police et les pompiers à Pissevin.

Une affaire qui a défrayé la chronique à l'époque. " J'ai été auditionné sur cette affaire, elle (la policière, NDLR) avait une liste de noms qu'elle voulait me faire mettre dans la procédure. J'ai refusé, je me suis levé du bureau et je suis parti. Mes problèmes commencent à ce moment-là", dénonce à la barre le prévenu qui répète à plusieurs reprises qu'il n'a jamais outragé la policière sur Facebook.

"Ce monsieur à force de bien vouloir se montrer auprès d'une minorité délinquante en vient à des dérives inacceptables. Il a fait une fixation sur ma cliente. Il a essayé de monter les jeunes contre elle", poursuit maître Jean-François Corral, avocat de la policière.

"Cette procédure manque totalement de rigueur. Mon client a déposé plainte dans une précédente affaire comme victime et il a terminé en garde à vue (un dossier correctionnel qui n'est pas encore jugé pour des violences à la ZUP). C'est une chose choquante, il ne s'en est jamais remis. Aujourd'hui et depuis le début il clame son innocence. Et maintenant devant le tribunal il vient jouer son activité professionnelle, son commerce, sa passion, car il est pompier médiateur dans un quartier et il joue de sa crédibilité lorsqu'il vient devant une juridiction répressive. S'il est condamné aujourd'hui comment pourra-t-il parler aux jeunes", plaide avec vigueur maître Magalie Fiol.

Le prévenu a bien été condamné à deux mois avec sursis, mais le tribunal a décidé l'exclusion de sa sanction sur le bulletin numéro deux du casier judiciaire. Il a 10 jours pour faire appel.

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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