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SAINT-LAURENT-D’AIGOUZE Rencontre avec Thomas Pagnon

Il est le nouveau président de l'association de jeunes de la Provence et du Languedoc pour la défenses des traditions.

Thomas Pagnon (photo Véronique Camplan)

Après avoir été secrétaire de l'association pendant un an, le Saint-Laurentais Thomas Pagnon (21 ans) occupe depuis le 18 janvier la présidence de l'Union des jeunes de Provence et du Languedoc pour la défense des traditions. Comprenons les traditions taurines et les fêtes votives. Du pain sur la planche pour ce jeune homme à la fois passionné et déterminé.

L'Union des Jeunes regroupe 3 000 adhérents de 25 à 30 ans qui appartiennent à différentes associations. Un chiffre qui vient prouver, s'il le fallait, que les traditions camarguaises sont bien vivantes et que la relève est active. Ajoutons à cela 1 200 jours de fêtes votives au calendrier rien que dans le Gard et on prend la mesure de la tâche.  L'activité est donc chronophage et Thomas, BAC+3 en sécurité du bâtiment, le reconnaît volontiers, d'autant qu'il préside aussi l'Avenir Saint-Laurentais, l'association de son village natal. Mais à ses yeux, la cause vaut la peine que l'on ne compte pas son temps.

Concours d'abrivados. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

"Il faut prouver les bienfaits des fêtes votives", affirme le jeune homme. "Chez nous c'est un ciment social et intergénérationnel. Dans une fête tout le monde se parle à égalité. Les jeunes discutent avec les vieux et les clivages entre riches et pauvres n'existent pas. C'est d'abord cela qu'il faut défendre."

L'esprit de la fête donc, mais pas seulement, selon Thomas, qui met en avant le poids économique des fêtes. "Les courses camarguaises rapportent 55 M€ par an et certains commerçants (des bars et restaurants en majorité) réalisent 60% de leur chiffre d'affaire annuel en 10 jours." Même si pour les jeunes, ce n'est pas l'argument principal, il fait son effet lorsqu'on le brandit. Car il s'agit bien de défendre des traditions attaquées pour leur dangerosité supposée par les autorités, de la préfecture jusqu'au plus haut niveau de l'État et par une partie de l'opinion publique. Le jeune président prépare un voyage à Paris pour parler des traditions taurines en général et  de la sécurité en particulier avec le député chargé des fêtes votives au niveau national.

Impact identitaire et économique

Son argumentation est déjà prête. Pour Thomas, le risque zéro n'existe pas : "Il faut prévenir des dangers sans pour autant sacrifier à la tradition, pointe le jeune président. L'an dernier, le taux d'incidents a été de 7% mais pourquoi ne parle-t-on jamais des 93% qui se déroulent parfaitement bien?", interroge-t-il. Et d'enfoncer le clou en insistant sur l'importance de l'implication. "Par exemple à Saint-Laurent, le maire nous remet officiellement les clés de la ville durant la fête, illustre Thomas. On est impliqué et on se sent responsable. Du coup, les incidents sont rares voire inexistants." 

En ce moment, mairie, préfecture et gendarmerie discutent des modalités des fêtes votives à venir. "Malheureusement nous ne sommes pas souvent invités à la table des réunions", déplore Thomas. La préfecture semble entériner la suppression des voitures de fêtes et pourrait approuver un retour au tracteur avec remorque ou bétaillère pour aller aux prés. Thomas se résigne : "Ce qu'il faut préserver, c'est l'arrivée aux prés ensemble, peu importe le véhicule" . Et d'ajouter "quand il y a eu l'accident à Aigues-Mortes, le préfet devait réunir tous les maires pour parler de la sécurité pendant les fêtes votives. Cette réunion n'a jamais eu lieu, on attend toujours." 

Si la sécurité est un volet brûlant, il en est d'autres sur lesquels les jeunes ne manquent pas d'être attentifs. Les bals par exemple, où il faut trouver un juste équilibre en DJ et orchestre pour préserver le vivre ensemble pendant les fêtes votives. Et pour que la fête ne meure jamais, Thomas insiste sur l'importance de la pédagogie dans les écoles où les traditions taurines se doivent d'être abordées dès le plus jeune âge. "La fédération a déjà 26 projets par an mais il faudrait qu'il y en ait plus." Une mission de plus à planifier pour les jeunes de l'Union.

Invitation

En attendant de s’asseoir à la table des négociations, Thomas conclut sur une note conviviale par la première manifestation  de la saison. "L'association organise un déjeuner au Bambou Beach à l'abrivado des plages du Grau-du-Roi. C'est ouvert à tous, venez nombreux !, invite Thomas dans un sourire.

Véronique Palomar Camplan

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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