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GARD RHODANIEN Le débat d’orientations budgétaires aux ordures

Hier soir, lors du conseil communautaire (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

La question de la collecte et du traitement des ordures, qui va coûter nettement plus cher à la collectivité cette année, a phagocyté le débat d’orientations budgétaire de l’Agglo du Gard rhodanien, hier soir à Pont-Saint-Esprit.

Il faut dire que cette question concerne de près tous les 75 000 habitants de l’Agglo, qui collecte et traite 25 000 tonnes d’ordures par an. Et ça lui coûte cher, et désormais encore plus cher ! Au niveau départemental, la poubelle déborde et il n’est plus possible de faire jouer la concurrence. Conséquence : un surcoût d’1,7 million d’euros pour l’Agglo cette année.

« Nous nous sommes battus pour qu’il y ait une unité supplémentaire à l’unité de valorisation énergétique de Nîmes, mais la Région ne veut pas toucher au volume global régional », regrette le président de l’Agglo, Jean-Christian Rey. Or, le site d’enfouissement d’Orange (Vaucluse), vers lequel une bonne partie des ordures de l’Agglo partait, est complet et donc fermé depuis le printemps 2018.

De fait, « nous sommes dans une situation de quasi-monopole avec Véolia qui n’est plus en capacité de traiter et veut dénoncer les contrats et Suez qui nous prend mais en passant à 112 euros la tonne. On ne peut plus faire jouer la concurrence », explique le président. Si on ajoute à cela la hausse de la taxe générale sur les activités polluantes, on tient une belle augmentation qui va gréver les finances de l’Agglo pour 2019. Comment l’absorber ? Une solution devra être trouvée d’ici au 8 avril et le vote du budget primitif.

Les erreurs de tri coûtent 800 000 euros par an

« Quelle sera l’incidence sur la TEOM (la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, ndlr) ? », demandera ainsi le maire de Laudun-l’Ardoise, Yves Cazorla. « C’est ça le DOB (le débat d’orientations budgétaires) », lui répondra laconiquement le président. Il n’est pas interdit de penser que l’option d’augmenter une taxe, qui jusqu’à maintenant couvrait l’entièreté des coûts, est sur la table. Plus tard, le maire de Saint-Nazaire, Gérald Missour, affirmera que « depuis des années (il) envoie des mails pour (s’)inquiéter de la manière dont était traitée cette question », avant de regretter que la tarification incitative (*), vers laquelle se dirige l’Agglo, arrive trop tardivement.

« Vous envoyez des SMS à vos habitants pour dire qu’on ne fait rien », lui rétorquera Jean-Christian Rey avant de s’inscrire en faux puis de recentrer son propos sur les habitants : « On trouve 2 300 tonnes d'emballages dans les poubelles, 1 100 tonnes de verre, 2 000 tonnes de papier. Ces 5 000 tonnes, c’est 600 000 euros de perdus pour l’Agglo, plus 200 000 euros de recettes de valorisation des déchets recyclés. Nous avons un manque à gagner de 800 000 euros. » La baisse du tonnage et la hausse des performances de tri est donc, elle aussi, une option envisagée pour absorber le surcoût.

La tarification incitative aussi. Elle doit être mise en place en 2022, le temps de débattre, d’informer et de proposer une année blanche. « C’est un calendrier contraint, ça demande énormément de travail, d’explications, de changement des habitudes », estime le président. Après un long et moyennement intéressant débat sur des questions de collecte dans les communes - débat qui a fait ressembler le débat d’orientations budgétaires à une commission ad hoc dont on se demande si elle a eu lieu -, Jean-Christian Rey rappellera que « nous avons une Agglo en bonne santé financière, qui nous permet d’aller chercher ce qu’il faut pour pallier cette hausse, pour lisser les difficultés avant d’avoir des résultats sur le tonnage. Mais cette hausse est loin d’être neutre. » L’assemblée a voté à l’unanimité non pas les termes du débat d’orientations budgétaires, mais le fait qu’il s’est tenu.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Et aussi :

Les orientations : rien de révolutionnaire niveau finances. À signaler toutefois, la hausse de 2 % des dépenses de personnel, induite par des mesures gouvernementales et le Glissement vieillesse technicité. Côté projets, des études sont au programme. Notamment sur le projet de musée, le transfert de la compétence eau et assainissement (que l’Agglo espère encore pouvoir reporter de 2020 à 2026) ou encore la déchetterie de Laudun. Côté concret, la tranche 2 de la réhabilitation des déchetteries, l’agrandissement de l’ALSH de Saint-Victor, du Multi-accueil Vigan-Braquet, de celui de Saint-Laurent-des-Arbres, la réhabilitation de ceux de Tavel et de Pont, l’assistance à maîtrise d’ouvrage sur le projet l’Ardoise éco fret (LEF), la deuxième phase de déploiement des bornes wi-fi, les fonds de concours et les travaux de la Maison de l’entreprise, pour y installer une pépinière d’entreprises et des archives, sont au programme.

Pas de quoi convaincre le maire de Cavillargues, Laurent Nadal, qui regrettera « un manque de projets structurants. » Le président lui répondra que, par exemple, « le bouclage financier de la déviation de l’Ardoise est fait. Nous mettons 2,7 millions d’euros. Les travaux vont démarrer fin 2019 ou début 2020. Ça fait partie des projets importants, il y a aussi LEF, les acquisitions foncières, le Contrat de transition écologique, le dispositif Territoires d’industrie, des projets synonymes d’investissements et d’emplois. Je ne suis pas de ceux qui font des annonces mais qui attendent des résultats. »

Le projet de musée reviendra aussi plusieurs fois sur le tapis, notamment chez Gérald Missour qui demandera des précisions sur son financement. « Nous avons un comité de pilotage avec tous les financiers potentiels. C’est avec eux qu’on écrit le modus vivendi », lui répondra Jean-Christian Rey, en ajoutant que « nous avons suivi le processus. »

Oui, mais non  ! : le conseil d’hier soir a vu se dérouler une scène étrange alors qu’il s’agissait d’élire un suppléant au syndicat mixte du Parc régional d’activités économiques Lavoisier, à l’Ardoise, en remplacement de Serge Verdier, plus élu au conseil municipal de la commune depuis un an. Le président se tournera vers le maire de Laudun-l’Ardoise, Yves Cazorla, pour qu’il propose un candidat. L’édile se tournera vers ses élus, sans que personne ne souhaite prendre la suppléance. Surpris, Jean-Christian Rey proposera donc sa vice-présidente, Geneviève Castellane, visiblement toute aussi candidate que les Laudunois. Elle sera élue à l’unanimité, avec une abstention de Gérald Missour.

* Sur le principe de pollueur-payeur, chaque habitant est assujetti à une redevance ou une taxe fonction du volume de déchets qu’il produit, ce qui doit encourager les comportements vertueux.

Etiquette

Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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